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mardi 2 juillet 2019

L'Écho des Sirènes, juin 2019

© Pierre Tissot
Mercredi 5 juin 2019.

Après l’extraordinaire Écho du 1er mai, brossant en détail dix années d’Histoire du Paratge des Sirènes sous la plume tant astrologique qu’astronomique de Maistre Pierre, il semblait bien difficile de m’amener chez le rédacteur en chef avec, sous le bras, un énième texte qui ferait après ça autant d’écho qu’un vieux pneu.

Il faut dire aussi que le contenu du dernier Paratge ne jouait pas tellement en ma faveur : comment, en effet, retranscrire le chapelet de charmantes histoires priapiques échangées dans un battle par-dessus la table à manger tout au long de l’auberge espagnole ? Comment dire l’excitant surmenage de la course à chiens en rond sur un martelage électronique accélératif au premier atelier ? Ou l’émoi de découvrir la surprise de Jean-Brice, tous tout entiers tendus vers l’écran qui nous fit nous rendre compte que le Paratge était devenu un groupe qu’on pouvait dorénavant s’arracher dans les festivals ?

Le jeu des sept différences © Magalie
Réponse au prochain Écho © Magalie


















J’ai donc pensé à autre chose. Dans les journaux, quand les lecteurs ont bien besogné, ils apprécient de pouvoir s’adonner à quelque vétille ludique de fin de publication. Il m’est apparu que des bribes du Paratge de juin pouvaient dès lors trouver leur place dans des mots croisés. Je n’en ai jamais composés, aussi trouverez-vous ci-dessous un nombre inhabituel de cases noircies.

Rassurez-vous, vous n’avez pas besoin d’avoir assisté à nos ébats viellistiques de mercredi pour jouer, à quelques exceptions près. (Tout au plus, avez-vous besoin de cliquer sur l'image pour l'agrandir ou l'imprimer et l'avoir avec vous sur le transat - NDLR.) Prêts ?



Horizontalement : Magalie
Verticalement : Alexandrine


jeudi 27 juin 2019

Écho de la Fêêête de la vielle #3

Vous avez manqué la Fêêête de la vielle ?!
UUuuuuûûuuh...

Vous y étiez ?

Depuis les terres ou via les airs, au cœur de la foule ou tout en discrétion, nos chasseurs d'images ont zoomé sur les manivelles et les roues.
Voici les images d'un reportage haut en couleurs, avec des bourdons et des chanterelles dedans.

Le film qui a du chien !




Le vielleur masqué.

lundi 24 juin 2019

Jean, cent ans !

Le 1er mai 2019, lors de la Fêêête de la vielle, à quelques pas de la scène musicale du matin, Magalie et Pascal s'arrêtent et posent les vielles près d'un banc.
Une discussion s'entame avec son occupant : quels sont ces instruments, ces bourdons qui s'en échappent...

Magalie connaît l'homme : c'est Jean.
Il nous raconte, par épisodes, sa vie. Sa vie de musicien (batteur), de sportif (tambourin, basket, etc.), de voyageur. Sa vie d'avant, d'aujourd'hui, de toujours.
Plus tard, dans la journée, on le verra arriver jusque derrière le foyer rural, où le Paratge a installé la scène, où nombre d'autres villageois, de danseurs, sont venus participer à la journée organisée par notre ensemble viellistique.

Deux p'tits jeunes du Paratge... et Jean, cent ans ! © Jean-Brice

Jean est né un 24 juin. (Trois jours après la naissance de Guy Lux !)
En ce début d'été, L'Europe est en guerre. Un conflit mondial. On ne sait alors de quoi sera fait l'avenir, mais l'on espère, pour l'enfant, la santé, des joies durant toute une collection de décennies, et, bien évidemment... une vie éternelle !

Une guerre mondiale. La première. Car Jean est né... le 24 juin 1919 !
Oui, du haut de son regard plein de malice, ce 1er mai 2019, presque cent ans contemplaient nos vielles !

Car, ce lundi, ce 24 juin 2019, c'est l'anniversaire de Jean.
Le Paratge des Sirènes est heureux de le retrouver ici, sur ces pages, au milieu des vielles et des bourdons.

Joyeux anniversaire, Jean !


Pascal

mardi 4 juin 2019

L'Écho des 10 ans

© Pierre Tissot
La coïncidence était trop bonne : figurez-vous qu'en 2019, 10 ans après la naissance du Paratge des Sirènes, le 1er mercredi du mois de mai tombait le Premier — Fête du travail. Une telle conjonction était donc propice à un anniversaire : celui des sirènes. Celui de notre Constellation, de notre Assemblée des Adorateurs de la Roue, qui, tels les douze signes du zodiaque, tourne à l'infini au rythme d'un archet cerclé.
En ce premier du mois de mai, je prenai donc la route vers Tourbes, y retrouver mes comparses.
Dépassant les ronds-points, où le jaune de la colère cédait momentanément le pas au blanc de l'innocence, je me repassai le film de cette décennie…


Se dire que cela fait dix ans que ça dure, c’est ouvrir la porte à une foule d’images, de sentiments, de sons, de souvenirs. Flot, fourmillement, multitude, feu d’artifice ; je me reprends, il faut s’organiser, sans quoi, tout va partir dans tous les sens. Par où commencer ?

Le Paratge des Sirènes, c’est d’abord un vœu : celui fait par deux compagnons, Bruno Priez et Jean-Brice Vietri, qui eurent l'idée de faire se rencontrer d’hypothétiques vielleux perdus dans le Grand Sud. D’aucuns auraient prédit que c’était comme péter dans l’azur, et pourtant… dix ans plus tard, nous sommes toujours là ! Pour le vielleur et pour le rire.

Horoscolophane : Taureau

Le Paratge des Sirènes, c’est aussi un nom. Paratge mais qu’es aquo ? Ce mot affole les correcteurs orthographiques et les moteurs de recherches, qui nous proposent partage. Et bien soit, car c’est bien de cela qu’il s’agit, un partage autour d’un instrument peu commun, surtout sous nos latitudes méridionales. Le parage, en oïl, pendant du paratge d’oc, est pris dans le sens de : qualité d’une personne. Et c’est donc la conjugaison des qualités diverses qui donne l’émulsion ; je m’égare, revenons à ce nom. Que viennent faire les sirènes autour de ce navire ? Comme rapidement nos rencontres mensuelles se fixèrent sur le premier mercredi de chaque mois et, qu’en des temps pas si lointains, c’est en ce jour que les sirènes de France, voire de Navarre, étaient testées, nous ajoutâmes cette inspiration sonore en complément du nom. Joueurs, nous jouâmes sur les mots et ajoutâmes une pulpeuse vielleuse icthyomorphe.

Horoscolophane : Gémeaux

Le Paratge des Sirènes, c’est aussi un lieu, ou plusieurs, car nous fûmes les hôtes de sept lieux ; jugez en plutôt : débutant par La Maison du Cœur de Ville d’Agde (1), nous sommes passés, toujours en la même ville, par La Galerie de la Perle Noire (2), La Maison des Métiers et du Tourisme (3), un ancien Salon de coiffure sis Rue de l’Amour — c’est pour le côté accroche-cœur (4) — et L’Atelier d’accordéon du Bruno (5). Puis, migration vers le piscénois (pourvu que la quantité soit copieuse), dans La Calandreta des Polinets (6), pour finir dans ce qui est aujourd’hui notre maison : Le Foyer rural de Tourbes (7) et son équipe de choc, liguée autour du Grand Jacques. Vous allez me dire qu’il ne faut pas pousser, mais il y a de l’Odyssée dans ce périple.

Le Paratge des Sirènes, c’est surtout des gens. Des gens qui viennent et s’en vont, des gens qui restent un temps et voguent plus loin, des gens qui s’en vont et qui reviennent (ces trucs-là sont faits de tout petits riens) et d’autres qui restent.

Horoscolophane : Cancer

Par ordre d’apparition, il y a les parcours météoriques.
Philou, dont la présence ectoplasmique n'avait d'équivalents que ses commentaires ésotériques des premiers échos ; Marou partie chercher fortune ailleurs ; Lydie de la mesnie des Carcassès, aspirée comme tant d'autres par un diato ; Raphaël, Muriel, Nathalie, Xavier, Luc, dont l'énigmatique chiffonie n'en finissait pas d'interroger notre Bruno ; Christophe qui ne savait que faire de son cadeau d'anniversaire à roue ; Carina, du groupe Vagarem, qui me permit de rafraichir, le temps d'un Paratge, la langue de Goethe ; Raphaëlle, venue de loin, disparue et entraperçue au cour d'un stage avec Chabenat ; Yoyo, venue depuis l'Empire du Milieu en nos périphéries ; Zack le magicien, apparu, avant de disparaitre dans un étui de vielle ; Camiiiille, souvent retenue au bloc ; ou encore Flavia, dont des complications articulaires lui interdirent la fréquentation assidue de notre cercle.
J'en oublie, sans doute, mais il y en eu de mervielleux éphémères qui participèrent le temps d'une ou plusieurs sessions à la magie de nos rencontres.

Horoscolophane : Lion

Il y a ceux d'hier qui marquèrent de leur empreinte quelques années de cette décennie.

À tout seigneur, tout honneur : Bruno, dit La Bugne ! Notre Enée agathois, l'homme aux cents histoires (la chamane sortie de l'O.T, le médium en botte de pluie, Lulu la sétoise…) et aux vertigineux souvenirs, le déconstructeur, l'adepte de la roumègue, aux coups de poignet de derrière les fagots dont il aimait à partager le secret.
Christian, le Narbonnais de l'étape ! Avec sa gouaille et son rire caractéristique.
Marine, première présence féminine ! Qui, pour mémoire, en préparait un sur la vielle à roue, venant dans ce vivier glaner auprès des anciens des infos aussi bien sur le jeu que sur l'instrument.
Jean-Pierre, notre Jipépé ! Tenant de la traditionnelle école du Morvan, le classicisme des noires forêts et des étangs du pays Eduens, dont la moustache gauloise cachait un sourire, cependant que, ses sourcils froncés et l'œil sévère, il considérait les élucubrations gasconnes de garnements de la vielle à roue. La voix grondante et timbrée nous rappelait, tel un druide, la voie ancestrale du coup de chien.

Horoscolophane : Vierge

Sergio, le pâtre grec, à la vielle d'azur ! Qui apportait toujours une touche rock and roll à nos abordages, qui jouait de la vielle debout — c'est peut être un détail pour vous, mais pour nous ça voulait dire beaucoup !
David, un jeune (à l'époque) ! Qui, pendant quelques années, fût d'une assiduité et d'une passion communicatives, toujours motivé quand il s'agissait de vielle, ô combien de "Grunchasko", combien de coups impairs ? Parti vers d'autres horizons bretons et viellistiques.
Sylvia, la mère poule de cette grande basse cour ! À l'instar de Jean-Pierre, elle représentait, elle aussi, la tradition — pensez donc, elle avait viellé sur les genoux de Gaston Rivière ! Un peu déboussolée par les déconstructions priezienne et autres fantasqueries viellirouiste, le granit de cette auvergnate n'en fut pas pour autant entamé — seul Pascal sut débusquer la pureté du jeu de chien qu'elle était capable de sortir. Avec elle, les auberges espagnoles prenaient des airs de cantines, on y venait avec assiettes et couverts, et, connaissant les loulous, elle apportait de quoi pour les oublieux, en mère poule. Elle guettait les inévitables invités d'un soir, qui prenaient souvent place, sans prévenir, à la table.
Il y eut aussi Sophie ! Arrivée avec Marie, qui finit par passer de vielle à accordéon comme on passe du coq à l'âne.
Grimpons de quelques décennies, pour rencontrer Christiane, une dame du Berry ! Elle aussi, amoureuse de vielle à roue ; d'ailleurs, dans ces coins-là, ne dit-on pas qu'on nait dans un étui de vielle ? Un phrasé extraordinaire et un émerveillement intact, si communicatif, que vous aviez, à ses mots, l'impression de redécouvrir l'instrument.
Redescendons de ce sommet de pétillement pour rencontrer un des derniers arrivés, pourtant parti : Fabien, le jeunot tout en dreadlocks et sourire ! Comme un Jean Baptiste de Léonard de Vinci, mais avec barbichette et moustache ; un genre de David à plusieurs années d'intervalles, motivé, enjoué et, privilège de la jeunesse, évoluant par amples bonds d'un Paratge à l'autre.


Horoscolophane : Balance

Il y a ceux d'aujourd'hui qui continuent l'épopée des sirènes.

Pour commencer, en ce premier jour du mois éponyme, Marie, si elle ne fût pas sur les fonds baptismaux, suit les sirènes depuis bien longtemps. Avec elle, pas de Paratge sans traversée du dessert. Après les oreilles, elle enchante nos papilles, aussi à l'aise à la roue qu'au rouleau.
Puis Max, qui lui, fut là à la première et aux suivantes, pour disparaitre, réapparaitre, disparaitre à nouveau, revenir, et ainsi par alternance. Il fait parti, avec Alain, de ceux dont les genoux portent un instrument de notre luthier fétiche, mais chuut…
Ana, l'aguerrie des étoiles, ravie un temps par un petit Pablo, nous revient, elle continue de faire monter la courbe de la présence féminine dans nos rencontres qui, il faut bien le dire, il y a dix ans, étaient loin mais alors très loin de la parité. Adepte de la voute céleste, elle en descend régulièrement pour nous rejoindre.
Restons chez les dames, avec Magdalexandrinelie, rencontre de hasard, du temps de la Calandreta, qui nous avoua son inconditionnel amour pour cet instrument hybride et venue rejoindre la troupe. Outre sa gnâque et son assiduité, elle me soulagea, avec brio, de la lourde tâche de L'Écho des sirènes.
L'affront serait d'oublier Thierry, l'homme des antipodes, le barbu de Tarascon, le self made man de la vielle, sans le sous pour en acquérir une, qu'à cela ne tienne, il s'en fabrique une et, depuis, mordu par le démon Luthifer, il ne cesse de parfaire et de produire. Bi-classé viello-luthier.
Enfin, Alain avec qui l'on passe des antipodes au voisinage. Venu lorsqu'il a vu de la lumière, notre ancien cabaretier pose sa besace régulièrement chez nous. S'esquivant presque toujours avant l'auberge espagnole, arguant d'un lièvre à la broche ou autres paupiettes de veau, à moins que ce ne soit l'arrivée d'un cousin américain. Il a raison, les troisièmes mi-temps, on ne sait jamais quand, ni comment ça finit.

Horoscolophane : Scorpions

Enfin, il y aussi les vieux de la vielle, les pachydermes, les antédiluviens, les grands anciens, ce qui y furent au début et qui y sont encore.
Jean-Brice, dit Jibé, qui est à Bruno ce que fut Castor à Pollux, Rémus à Romulus, Dupond à Dupont, Chapi à Chapo… co-fondateur du Paratge, il est là, inamovible pilier du premier atelier, cheville ouvrière des sirènes. Le banc de sirènes ne fut pas toujours fourni en poisscaille, mais, en poisson pilote, il est toujours à la barre.
Il y a Patrice, dit Pat', celui qui, il faut bien le dire a la plus grosse : une vielle ténor. Membre du Viellistic, incessant troubadour, roi du calembour subtil et du jeu de mollet pour jambettes. Il est là, imperturbable, alimentant de mois en mois le répertoire de l'atelier confirmé.
Cette force tranquille de la vielle ne serait rien s'il ne trainait, dans sa roue, pirouette, cacahuète, Pascal, échevelé franc-tireur, un son bizarre, un accord improbable, un coup de chien dans un jeu de quille, inutile de signer, ça l'est. À l'école du Bruno, dont il fut souvent l'aède précieux, c'est une encyclopédie du trad, qui nous régale souvent d'une historiette au coin du feu.

Horoscolophane : Sagittaire

J'allais oublier, ceux de demain.
Noé, Gabin et Raphaël, des jeunes pousses qui, peut-être demain, perpétueront ce Paratge.

Le Paratge des Sirènes, c’est aussi un tâtonnement foutraque (appelé tâtÔnnement empirique, dans le grand monde), pour trouver une méthode. À l’horizontalité des formes s’ante la verticalité des expériences : allant de Jipépé en passant par Sylvia, d'une école traditionnelle "classique" à l’anarchie rabelaisienne d’un Bruno, voire à la déconstruction concertée pascalienne, en passant par l’énergie Pat’à rouesque et les goguenardises johannobriciennes. Le tout se décomposant en un, deux et/ou trois ateliers aux appellations multiples et variées. Ces compositions, décompositions, recompositions sont à peu près stabilisées en 10 ans, et c'est donc en trois mi-temps que le Paratge, désormais, se réalise.

Horoscolophane : Capricorne

Le Paratge des Sirènes, c’est aussi des rencontres.
Quentin, tout d'abord, jeune apprenti chez Serge Durin qui, du temps de sa période agathoise, nous rejoignait avec sa cornemuse ; ou encore Mathieu, toujours dans les aérophones, qui nous rendit visite une paire de fois avec cornemuse et chalémie ; Goody et sa cabrette (qui a dit qu'il y avait une guerre entre les vielles et les cornemuses?) ; Polo et son davul ; Cécile au diato ; Chris, musicien irlandais.
Dans le cercle strictement viellistique, Fred, reprenant le chemin inverse depuis Belfort pour retrouver son Hérault natal, devenu Terre de vielles ; Joan-Peire et Juliette, de Tournicoton Electrad'Oc, venus en voisins pour un atelier de fabrication de chien — à cette occasion je devins le frère de sang de Joan-Peire, puisqu'on s'était taillé le pouce en essayant de couper du chien au cutter ; Daniel, descendu de son Albigeois avec vielle et bagage, et qui nous y invita au détours d'un festival ; Marc et sa compagne Kakin, vielleux timide et discret, mais grand amateur de vielle, nous invita par l'entremise de Pascal à venir tenir tintamarre en son jardin, le rendez-vous annuel devenant le rituel Paratge-hors-les-murs.

Horoscolophane : Capricorne

Le Paratge des Sirènes, ce fût aussi les attentats sonores, devenus abordages, pour des questions de cohérence piratistique et navale et de copyright. Bien nous en prit, puisque Charlie et autres carnages allaient ensanglanter les choses et rendre au mot son caractère glaçant et mortifère. Une scène, un festival, un débarquement impromptu, trois petits tour de vielle et puis s'en vont. Ce fût le couteau Paratge des Sirènes. Ce fût des stages où certains débarquaient en petit groupe. Ce fût les galettes des rois. Ce fut quelques partages de butins gastronomiques à la Casa Pepe, sous l'égide de Môssieur le Président Jean-François. Ce fût des auberges espagnoles d'anthologies, des tours de magie des fêtes de calandretas…

Je me perdais dans les rêveries évanescentes et les plaisirs de ces bons souvenirs quand, je vis apparaitre le clocher de Tourbes et le village blotti à ses pieds, me réjouissant déjà pour cette journée qui allait être un sacré anniversaire.

Horoscolophane : Poissons

Merci aux luthiers, sans qui ces aventures n'auraient pas été possibles.


Pierre

samedi 1 juin 2019

Écho de la Fêêête de la vielle #2

Le 1er mai 2019 : c'était, il y a pile un mois de cela !
Ce jour-là, il y avait nombre de joueuses et de joueurs de vielle. Tant, qu'il était presque improbable de remarquer l'un plus que l'autre.
Cependant, discret, attifé d'un joli tee shirt et d'un air taquin, Lo Sergi a viellé, un peu ici, un peu là.
Et, surtout, il est revenu de Tourbes avec cet élan poétique qui s'affiche aujourd'hui comme la chronique officielle de la Fêêête de la vielle, l'hymne parfait pour cette journée à mille bourdons...


Me damne la festa
Jos los aubres Tourbencs !
An pas fach la siesta
Los aucels risolents :
Las vielas d'Octopus
D'Havon, de Frouvela
Del Paratge et d'Albus
Fasian trop de dentelas.
E los angels, parelh :
Dins la gleisa aval
An tancat lors missels
I avia trop de rambalh.
E se dich que lo christ
Desliurat de sas peinas
A dansat, l'avem vist,
Sus un cant de Sirenas.

Lo Sergi


Lo Sergi © Fêêête de la vielle


Revirada :
Mais quelle belle fête, sous les arbres tourbins
Ils n'ont pas fait la sieste les oiseaux coquins
Les vielles d'octopus, d'Havon, de Frouvelle
Du Paratge et d'Albus faisaient trop de dentelles
Et les anges pareil : dans l'église, en bas,
Ils ont fermé leurs missels, il y avait trop de tapage
On dit même que le Christ, délivré de ses peines
A dansé, on l'a vu, sur un chant des sirènes.

lundi 20 mai 2019

L'Écho des Sirènes, avril 2019

© Pierre Tissot
L1er mai approchant, l'assemblée habituellement délurée des gens du Paratge se tient dans la chapelle de Tourbes. Points de blagues, de bouchons de bouteilles qui fusent, pas un rire, ni un soupçon de moquerie, tout le monde s'escrime à travailler la douzaine de thèmes que l'ensemble doit jouer sur la grand' scène.

Réunis, soudés, solidaires, autant qu'un onze dans les vestiaires (ils ne sont que dix, Fabien, retenu en sélection nationale, n'est pas de la partie), ils entonnent :


1er mai 2019

(sur l’air de « Dominique nique nique »)

Refrain :
© Xavier Aime
Le Paratge des Sirènes
Au grand complet et joyeusement,
Viennent jouer d’leur instrument.
Sur les chemins, dans les ruelles
Ils savent tourner la manivelle

Ils savent tourner la manivelle.

À l’époque où Jupiter
De la France s’est fait le roi
La seule loi des Paratgeaïres

C’est l’ vin rouge et le foie gras.

Mais à force de ripailles
V’là qu’ils prirent de la bouteille
Qu’à ç’la n’tienne tout l’monde s’égaille
Ils vont en mettre plein les oreilles !


Ça va guincher, ça va swinguer
Ça va tricoter des pinceaux.
De mémoire de villatge
Y’aura pas plus joli tableau.


Qui à vélo, qui en Harley
Ils déferlent de tout le Languedoc.
C’est p’têt’ pas Elvis Presley
Mais leur concert c’est pas du toc !


Les pantouflards, manque de bol
Ne pourront plus rester assis
Par les chiens mordus aux guibolles
Vont faire la danse de saint Guy.


Si des jeunots un peu railleurs
S’prenaient à rire d’leur instrument
Plutôt que de s’faire voir ailleurs
Vont s’mettre à sauter joyeusement.


Les Tourbains et les Tourbaines
Vont chanter, danser sur la vielle.
La faute à ceux, quelle aubaine !
Qui firent du Paratge cette merveille.


On verra, mais Dieu s’en fiche,
Des Anglais faire les scottishs,
Des grenouilles de bénitier
Jouer des valseuses sur des bourrées.


Et puis quand viendra le soir
Que les danseurs s’ront au logis.
On r’prendra un coup à boire,
À rire, et vieller toute la vie…




Alexandrine drine drine

lundi 13 mai 2019

Écho de la Fêêête de la vielle #1

Entre le triste compte-rendu de l’antépénultième match de l'AS Béziers en Ligue 2 et la tournée héraultaise du Cirque Pinder (seuls Alexandrine et Jean-brice peuvent comprendre), Midi Libre du 11 mai 2019 relate l'évènement du festival décennal que nous intitulâmes Fêêête de la vielle.


© Midi Libre, 11 mai 2019

Saluons le tact de l'envoyé espécial à Tourbes, un admirable gentleman, qui a si discrètement tu le grand âge de notre sirène. Sans passer sous silence que le 1er mai dernier était un jour anniversaire, le dixième même, il n'a point révélé l'identité de notre sirène.

Qui, ainsi, demeure éternellement jeune, elle ; grand merci !


Pascal


Un article est également en ligne.

mercredi 8 mai 2019

10 ans du Paratge · Fête de la vielle #info 10

Psssst…
Pssssst… Pssst…

Une semaine après la première édition, nous avons le plaisir et l'indiscrétion de vous annoncer que :

ScoOOoop !!

La deuxième édition de la 

Fêêête de la vielle à Tourbes

aura lieu le... 1er mai 2029 :

(ben oui, pour les 20 ans du Paratge)


Comment ça, vous n'êtes pas sûrs d'être dispo ?!?
Einh quoi, qui c'est qui a aquaponey ?!
Où ça, un balèti de Castanha & Vinovèl, au Stade de la Méditerranée ?
C'est férié et y'a l'acte DLXXVII des Gilets jaunes ?

Oh ! la Terre n'existera plus parce qu'elle va se faire colliser quinze jours plus tôt par (99942) Apophis qui tourne encore plus vite que la roue d'un vielliste ténor qui a chopé la Kusturica ?!?


(99942) Apophis © Anonyme


Le vielleur masqué

vendredi 26 avril 2019

10 ans du Paratge · Fête de la vielle #info 8

Psssst…
Pssssst… Pssst…

Le discours de Macron est passé à la trappe, la mort de Dick Rivers n'a ému personne, le mouvement Gilets jaunes est relégué aux pages faits divers, aucune brève sur la précocité du muguet cette année, même l'exceptionnelle victoire de l'AS Béziers à Valenciennes (5-6) est déjà oubliée !

Après le monopole de l'actualité radiophonique, voici que la Fêêête de la vielle fait la une des journaux !


Sur la photo : Sylvia, Marie, Jean-Brice, Pierre © Midi Libre

Sur la photo : Serge, Pierre, Patrice, Jean-Brice, Pascal, David, Sylvia © Midi Libre

 

Fêêête de la vielle à Tourbes

1er mai 2019 

 

Le vielleur masqué

mercredi 24 avril 2019

10 ans du Paratge · Fête de la vielle #info 7

Psssst…
Pssssst… Pssst…

Tu as oublié de mettre le réveil pour écouter James B. parler dans le poste, ce matin ?
Tu peux retrouvez l'émission diffusée à l'aube sur Radio Pays d'Hérault, ici (la troisième sur la page, en date du 24 avril) :



Le programme, les horaires, les trois luthiers, le nom de toutes les vielleuses et de tous les vielleurs, et... et... l'info qu'il faut noter : tout sera gratuit, ce 1er mai !

Fêêête de la vielle à Tourbes

1er mai 2019

 

Le vielleur masqué

samedi 20 avril 2019

10 ans du Paratge · Fête de la vielle #info 6

Psssst…
Pssssst… Pssst…

Pour la

Fêêête de la vielle à Tourbes

le... 1er mai 2019


Soit tu viens en vélo-taxi...
(À ce propos, sais-tu où a été prise cette photo avec une vielle qui se dessine sur la fresque ?)

Une vielle sur un mur, qui... © Patrice

Soit tu optes pour un co-voiturage partagé : tu as une auto et tu proposes des places, tu cherches une place dans une auto et tu lances ton message. 
Dans les deux cas, tout est possible, frais partagés ou offerts, départ depuis Pétaouchnok ou Tataouine, retour par Mars ou (99942) Apophis, tous les chemins mènent à Tourbes !

C'est là : ToGetZer




Le vielleur masqué

dimanche 14 avril 2019

10 ans du Paratge · Fête de la vielle #info 5

Psssst…
Pssssst… Pssst…

Ce dimanche, tu as fait tous les vide-greniers de la région, pour dénicher la vielle qui te (et que tu) fera(s) vibrer. Une Pajot très jojo, une Pimpart bien poupard, une Nigout - t'as du goût !, une reluisante Chougnard® d'époque ?
Entre les porte-clefs Pikachu, les autoradios volés, la maillot que portait Richard Astre pour la finale de 1975 et un authentique Stradivarius fabriqué l'an passé en Chine, tu n'as pas trouvé l'objet de tes rêves...

Mais... mais... tu viens de cliquer sur cette annonce ; et là, c'est le coup de foudre et t'as fait péter la CB !

Vielle en état de fonctionnement... mais nécessite réparation © Le bon coin

Le doute t'étreint : tu te demandes si ta commande sur Le bon coin ne risque pas de te faire passer pour le bon con aux yeux de tes potes musiciens...

Hum...

Tu as de la chance, si tu viens à

la Fêêête de la vielle à Tourbes

le... 1er mai 2019

(pour les 10 ans du Paratge)

 

       il y a même un stand de luthiers, avec des garçons-chirurgiens qui pourront faire des miracles pour ressusciter l'objet de ton achat compulsif et dominical !


Le vielleur masqué

lundi 8 avril 2019

10 ans du Paratge · Fête de la vielle #info 4

Psssst…
Pssssst… Pssst…

Le 1er mai 2019 :

foncez vers Tourbes,

c'est l'anniversaire du Paratge,

la FêÊête de la vielle !



© Fiszman
Le vielleur masqué

dimanche 31 mars 2019

L'Écho des Sirènes, mars 2019

© Pierre Tissot
Ce mercredi, preums du mois, j’déboule au Garatge des Sirènes, comme d’hab.

Y avait presque tout l’gang qu’était là, les bécanes hors coffre posées sur les guitares, chacun qu’avait les mains dans l’cambouis.
Non, j’cafouille, Thierry était resté du côté de Tarascon, pour y prendre què’ques bières histoire de s’huiler l’gosier entre deux sessions, mais y s’est fait un tour d’rein. Du coup, pas d’Havond liquide.

Sinon, ben y avait des meufs qu’étaient là : la Magdalasandy, sifflotant "Trouble in mind", f’sait rutiler les chromes de son papillon de cheviller pour que son moulin il ait d’la gueule, la Marinette, main sur la poignée, mettait les gaz, deux coups irréguliers inversés à faire s’damner l’Valentin.

La Marinette plein gaz, pendant que le Max joue son va-tout tatou © Pascal

Pendant qu’l’Max frimait avec ses derniers tatous, Alain montait son S torsadé manière de tuner son bolide. Pasquale, pas requin pour une thune, montrait à Jibé sa figure de Burn Fenwick à la vielle ― y t’a enfumé la casbah, c’con là, ça daubait l’coton brulé jusqu’ dans la rue !
Bon ben, ma zigue, il lui restait plus qu’à mater le Pat, alias Kojack, qui rechapait sa roue à la colophane et vérifiait ses bains d’huile.

Un’ fois les bécanes en ligne, ça t’a mouliné du diab’, grave, ‘reusement y avait pas l’voisinage, passequ’ alors, on t’a mis du barouf. Bon òc, tous les gonzes y z’étaient pas là, mais on a roulé pour les absents, aussi.

J’vais t’dire un truck, Joe : c’t’anniv’, ben y s’prépar’, et même si ça a bouffé grave et bu comm’ des gorets à l’auberge des chicanos, on s’est taillé dans nos piaules avec la ferme envie d’envoyer l’paquet !


Le Pierrot

jeudi 21 mars 2019

10 ans du Paratge · Fête de la vielle #info 3

Psssst…
Pssssst… Pssst…



Tout le monde en parle…

les dix ans du Paratge...
la Fête de la vielle
le… 1er mai à Tourbes…

Ici : sur Agenda trad !

Ici, aussi : sur Tradzone !


Répétez-le autour de vous !


Le vielleur masqué

lundi 4 mars 2019

L'Écho des Sirènes, février 2019


© Pierre Tissot
6 février 2019, à l'heure où les chiens se confondent avec les loups.
Alors qu'ils tracent vers de promises terres tourbaines, deux joueurs de vielle tombent en panne de bolide. Feux de détresse, triangle, gilets jaunes... les flights sont sortis en urgence de l'auto, garés avec icelle sur le bord de la route... Galère...

Vaseux après cette mésaventure — qui les aura conduits avec un certain retard auprès du reste de la troupe —, ils décident de ne plus circuler en auto. Et réussissent même à convaincre leurs amis de changer, eux aussi, leurs moyens de locomotion.

Feux de détresse, triangle, flights au bord de la route... galère ! © Pat

D'où l'annonce qui suit...



Mercredi 6 février 2019.
Ce message est un avertissement à la population de Tourbes concernant la journée du 1er mai prochain.

Ce jour-là, préparez-vous à une déferlante de roues crissantes, un vrombissement de bourdons sur l’asphalte, une invasion de bikers tonitruants. Eh oui, en direct du Country Hall, c’est bien eux : THE PARATGE OF THE SIRENS!

C’est l’acide d’ici, a hell of belles, les zizis au top, les tatoués du plumier, les fiers-à-bras de la manivelle, les mordus du chien, les riders déridés, les pirates à trompettes, ses majestés des mouches, les Harley Quinn et p’tites combines, les Bandidos piscenois en roue libre. La nationale 9, c’est leur route 66 à eux. Les Hell’s Angels n’ont plus qu’à aller raccrocher leurs soutanes…

Barbes et goggles de circonstance, les hanches bardées de larges ceintures de peaux de bêtes et des clous plein les bourses, comme une flash mob ils vont fondre sur Tourbes comme à Kansas City : les roues vont envahir les rues, saturer la place et l’espace sonore de leurs crissements, les chiens aboyer par-dessus, le cuir se répandre sur toutes les terrasses de café, et leurs engins rutiler au soleil.
Venant de tous les horizons sur leurs bécanes dûment astiquées pour l’occasion, John-Brice, Mary, Peter, Pat & Paul, Max, Ann, Alan, Terry (plus une fille avec un nom à coucher sous les ponts avec un billet de logement), et leurs guest stars vont débouler tout harnachés dans notre village. Soyez rassurés cependant : ces brailleurs carburent essentiellement au vin rouge, à la cire et au coton, et passent le plus clair de leur temps à se tordre les chevilles et à se tenir les côtes. Ne vous effarouchez donc point trop de cet abordage du 1er mai. Glissez-y même un œil et une oreille. Tout ce que vous risquez, c’est de vous mettre à tricoter des pinceaux jusqu’au bout de la fête…


Paul & The Girl With A Name To Sleep Under The Bridges

samedi 23 février 2019

10 ans du Paratge · Fête de la vielle #info 2


Psssst…
Pssssst… Pssst…
Une horde bruyante et bourdonnante fonce vers Tourbes, ça sonne et hurle, une véritable chiennerie !

La manif se prépare, ça dérape dans les virages et ça crisse.
Sûr, c'est la Fête de la vielle !

Vous souhaitez vieller avec la horde, dans les rues, sur la place du marché, au café, sur scène ou plus discrètement ? Contactez le Paratge (adresse mail, ci-contre) !

Les Dix ans du Paratge... c'est le 1er mai à Tourbes !
Bourdons… concerts… apéro… bœufs… lutherie… blablabla… balèti géant…

Répétez-le autour de vous !


Le vielleur masqué

mercredi 6 février 2019

Une vielle à schtroumpf

Nous avons toutes et tous lu, et relu, maintes fois, durant notre enfance, et plus récemment encore, les aventures des Schtroumpfs. Et celle intitulée Schtroumpfonie en ut, pareillement. Il s'agit de cette histoire qui va nous intéresser, ce jour d'hui. Qui va nous rafraîchir des mémoires enfouies, assourdies par des années de bourdonnements.
Sa première publication est parue dans le journal Spirou, en 1963 (l'on taira quel vielleux du Paratge était déjà en âge d'acheter la bédé, à sa sortie... — Qui a dit « le Schtroumpf gourmand » ?!) À une époque, il est vrai, où les instruments de musique à chanterelles ne figuraient plus qu'au parc des derniers groupes folkloriques.

Et pourtant, Peyo et Yvan Delporte — des lustres avant notre ami Pierrot et sa plume — inventent notre instrument préféré au détour d'une petite bulle, sans prétention aucune, presque perdue au milieu de planches bleues et des râleries, dignes d'un Père Chougnard s'escrimant sur l'établi, de Gargamel.

C'est notre schtroumpfette, Marie, l'iris non encore entamé par quelque précoce presbytie, qui a repéré ce qui n'aurait dû échapper à nos lectures passionnées et répétées : aux ordres du Grand Schtroumpf, le peuple du petit village-champignon court dans tous les sens, qui à la recherche d'une percussion, qui en quête d'un instrument à vent (non pas d'une cornemuse, apprécions l'élégance de Peyo et Delporte !) ; et l'un d'eux, probablement le plus sensible, motivé comme nous le fûmes jadis alors que nos mains ne connaissaient pas encore la perle de l'instrumentarium traditionnel et que nous quêtions la moindre manivelle fichue dans un corps de luth, n'a qu'un dessein : dénicher une... vielle !

Une vielle à schtroumpf, rendez-vous compte !


Schtroumpfonie en ut © Peyo et Yvan Delporte
                  
Nous avions tourné les pages de milliers de bandes dessinées, fouiné chez Gotlib, chez Zemeckis, chez Fournier, interrogé inlassablement nos contes anciens, mais, sans l'insistance et l'intuition de Marie ― qui a, probablement, confisqué ladite bédé à l'un de ses élèves indisciplinés ―, cette vielle serait éternellement restée dans l'oubli, prenant la poussière dans quelque musées des livres illustrés...

Allez, c'est mercredi, rendez-vous en Pays Maudit : allons schtroumpfer nos vielles, nous avons une  Schtroumpfonie en ré/sol à schtroumpfer ! (Et pour l'auberge schtroumpfagnole, n'oubliez pas votre panier à salsepareille…)


Pascal

jeudi 24 janvier 2019

L'Écho des Sirènes, janvier 2019


© Pierre Tissot
Alors que je quittai l'allumeur de réverbère, je me mis à dériver doucement dans un espace silencieux et sombre, lorsque je perçus des cris mêlés de rires et d'étranges grincements rappelant vaguement d'exotiques mélodies.

Je m'approchai de cette curieuse planète, avide d'en découvrir les habitants. 

Quand ça grince, ça grimace © Jean-Brice


Ces derniers, assis en rond, conservaient sur leurs genoux des objets insolites, qu'ils moulinaient de façon à en tirer des sons tout à fait déconcertants. J'appris, plus tard, qu'il s'agissait de vielles à roue et que ce singulier rituel avait lieu chaque premier mercredi du mois pour adorer des divinités appelées aussi sirènes. En leur honneur, je compris vaguement qu'il était question de dominos, mais j'avoue que cette règle du jeu m'était parfaitement inconnue.








Le jeu des sept différences © Jean-Brice


Ces gens, fort sympathiques au demeurant, m'invitèrent à partager leur collation dans une autre salle, où devait avoir lieu un second cérémonial dont le but était de reproduire un sacre royal. Alors que force plaisanteries fusaient, l'un d'eux restait concentré et solitaire, armé d'un crayon et d'un calepin.
Ayant été instruit sur ce mystérieux objet appelé vielle à roue, ainsi que sur les luthiers qui le fabriquaient, je m'approchai de lui et je lui demandai doucement : « s'il te plaît dessine moi une Bleton. » Il me regarda, gêné, et balbutia qu'il ne savait pas dessiner une telle chose. Je lui rétorquai que je n'avais pas de chance et, à ma grande surprise, il m'affirma qu'il ne savait pas non plus dessiner cela. Alors, dans un brouhaha confus, j'entendis parler de gens de Noël et d'un grand champ, toutes choses qui dépassaient mon entendement.

Le roi... © Marie
... et sa reine © Marie














Lorsque je pris congé des habitants de cette planète, décidément très déconcertants, je crus entendre, en m'éloignant, que l'un d'eux expliquait à quelques retardataires, en parlant de la caisse dans laquelle il rangeait sa vielle, qu'elle était polie Esther...
Cette adoration pour de simples objets me fascinait, et je compris que toute ces cérémonies réinventées chaque mois étaient, pour ces gens, une façon d'essayer de sauver leur planète... Je m'éloignai, pensif, mais rempli de sympathie pour ces indigènes assez excentriques de mon point de vue.


Patrice


Ex-Pat (l'auteur n'a aucun lien de parenté avec St-Ex). Il a piloté un prototype de vielle ténor dans la fameuse compagnie Viellistic Orchestra, puis assure quelques missions dans la compagnie britannique Banda Europa, et, surtout, dans le sud de la France, avec une jeune compagnie dynamique, Le Paratge des Sirènes, qui lui permet de surcroît de piloter sa vielle en IFR, c'est-à-dire, sans visibilité !

Ex-Pat (le plus jeune : celui qui n'a pas de cheveux gris),
ici, avec sa célèbre compagnie, au grand complet :
Der Europa Viellistic Banda de Sirènes
 © Jean-Brice

dimanche 6 janvier 2019

L'Écho des Sirènes, décembre 2018

© Pierre Tissot
Direction générale de la police local

Date : 5 décembre 2018 
Objet : tapage diurne et nocturne, attroupement suspect et trouble potenciel à l’ordre public, travail non déclaré, utilisation d’oeuvres protégées par la Sacem et non libres de droits, port et usage d’armes blanches
Pièces jointes : photos


Ce jour, mercredi 5 décembre, des témoins ont aperçu vers 17 heures quatres individus (3 hommes et 1 femme) tournant des manivelles sur des objets non identifié dans un local sis 5 rue Verdier à Tourbes. Par leurs gestes, ces personnes ont émi pendant plusieurs heures des sons stridants stridens dépassant de très loin le seuil maximal autorisé de 120 dB A. Le nombre de décibel a encore fortement augmenter suite a l’arrivée de deux autres personnes de Sexe féminin - d'après un cliché, nous aurions certainement à faire a une pointure du genre (pj 1).

Le meneur semble être un homme barbu de haute taille, qui, d’après nos informateurs, se prénomerait Pierre (pj 2. Portrait robot confronté à une photo du dit suspect). Cet individu ne serait en fait qu’un paravant pour couvrir le vrai leader de la bande, connu des services sous le surnom de « Castagne », non présent au moment des faits - mais que des témoins ont aperçu, ce même jour, à la frontière catalane, ce qui suggère une activité particulière.


(pj 1)
(pj 2)
 

Des vas-et-vients suspects ont été observé ensuite. Deux personnes ont quitté le local sans raison aparente (un homme aux cheveux gris et une femme en noir). Aux alentours de 19 heures, 2 membres des Black blocks sont arrivé et ont encore aggravé le tapage nocturne. De plus, il semblerait qu’un certain désordre c’est mis araignée dans le local, ou les gens faisait du bruit avec leur appareil pendant que d’autres criaient ou riaient, et d’autres ne faisaient rien du tout (pj 3). On se demande donc qu’elle a put être la raison réelle de cette attroupement. Une lettre suspecte a circulé entre deux femmes avec ce qui semble être un message codé sur l’envellopeenveloppe (voir pj 4. En cours de décryptage par l’IRCGN). 



(pj 3)
(pj 4)


Des individus prèsent on eut des comportements douteux voir subversif et se sont filmés dans des postures douteuses a la limite de la décense (pj 5). Mais plus grave : un homme circulant abord d’un véhicule utilitaire provencal a effectué un travail non déclaré dans une sa^le annexe (objet : intervention/réparation sur un objet en bois indéterminé de même type que ceux éméttant les sons stridens sus-mentionné, voire pj 6). 


(pj 5)
(pj 6)


Enfin, les faits les plus graves ont eu lieu pendant la nuit, dans cette même sale complétement isolé, ou tous les suspects se sont regroupé et ont discrètement sorti et utilisé des armes blanches dissimulé au milieu de danrées denrées. On sait que une des armes été graver au nom de « Jaussal », mais pas les autres. Nos services d’identification sont sur la piste d’un rodeur d’archives multi-récidiviste affilié au FLNC (Front de Libération National Cévenol) qui pourrait en fait être un des deux Black block (pj 7. Un des objets avec, en fonds, photo du fondateur du FLNC). L’autre n’est pas encore identifié, mais un portrait robot a été établit vu sa dangerosité potencielle (pj 8).


(pj 7)
(pj 8)

  En conclusion, nous avons relevé tous les numéros des plaques des véhicules cachés à l’arrière du batiment, dont un immatriculé dans un département étranger qui avait a forsiori un gilet jaune sur son tableau de bord.
Tout porte a croire que nous sommes bien en présence d’un groupuscule sédicieux et subversif qui se réuni réguliérement dans un objectif que nous n’avons pas encore cerné. Une première enquête des RG indique la date du 1er mai 2019 comme journée d’action ou de passage à l’acte de cette cellule, qui doit donc faire l’objet d’un suivi rapproché urgent et d’une attention toute particulière par tous les services. 



Sergent Dee Dee McCallexendrine
Lieutenant Pascal Hunter