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mercredi 6 février 2019

Une vielle à schtroumpf

Nous avons toutes et tous lu, et relu, maintes fois, durant notre enfance, et plus récemment encore, les aventures des Schtroumpfs. Et celle intitulée Schtroumpfonie en ut, pareillement. Il s'agit de cette histoire qui va nous intéresser, ce jour d'hui. Qui va nous rafraîchir des mémoires enfouies, assourdies par des années de bourdonnements.
Sa première publication est parue dans le journal Spirou, en 1963 (l'on taira quel vielleux du Paratge était déjà en âge d'acheter la bédé, à sa sortie... — Qui a dit « le Schtroumpf gourmand » ?!) À une époque, il est vrai, où les instruments de musique à chanterelles ne figuraient plus qu'au parc des derniers groupes folkloriques.

Et pourtant, Peyo et Yvan Delporte — des lustres avant notre ami Pierrot et sa plume — inventent notre instrument préféré au détour d'une petite bulle, sans prétention aucune, presque perdue au milieu de planches bleues et des râleries, dignes d'un Père Chougnard s'escrimant sur l'établi, de Gargamel.

C'est notre schtroumpfette, Marie, l'iris non encore entamé par quelque précoce presbytie, qui a repéré ce qui n'aurait dû échapper à nos lectures passionnées et répétées : aux ordres du Grand Schtroumpf, le peuple du petit village-champignon court dans tous les sens, qui à la recherche d'une percussion, qui en quête d'un instrument à vent (non pas d'une cornemuse, apprécions l'élégance de Peyo et Delporte !) ; et l'un d'eux, probablement le plus sensible, motivé comme nous le fûmes jadis alors que nos mains ne connaissaient pas encore la perle de l'instrumentarium traditionnel et que nous quêtions la moindre manivelle fichue dans un corps de luth, n'a qu'un dessein : dénicher une... vielle !

Une vielle à schtroumpf, rendez-vous compte !


Schtroumpfonie en ut © Peyo et Yvan Delporte
                  
Nous avions tourné les pages de milliers de bandes dessinées, fouiné chez Gotlib, chez Zemeckis, chez Fournier, interrogé inlassablement nos contes anciens, mais, sans l'insistance et l'intuition de Marie ― qui a, probablement, confisqué ladite bédé à l'un de ses élèves indisciplinés ―, cette vielle serait éternellement restée dans l'oubli, prenant la poussière dans quelque musées des livres illustrés...

Allez, c'est mercredi, rendez-vous en Pays Maudit : allons schtroumpfer nos vielles, nous avons une  Schtroumpfonie en ré/sol à schtroumpfer ! (Et pour l'auberge schtroumpfagnole, n'oubliez pas votre panier à salsepareille…)


Pascal

jeudi 24 janvier 2019

L'Écho des Sirènes, janvier 2019


© Pierre Tissot
Alors que je quittai l'allumeur de réverbère, je me mis à dériver doucement dans un espace silencieux et sombre, lorsque je perçus des cris mêlés de rires et d'étranges grincements rappelant vaguement d'exotiques mélodies.

Je m'approchai de cette curieuse planète, avide d'en découvrir les habitants. 

Quand ça grince, ça grimace © Jean-Brice


Ces derniers, assis en rond, conservaient sur leurs genoux des objets insolites, qu'ils moulinaient de façon à en tirer des sons tout à fait déconcertants. J'appris, plus tard, qu'il s'agissait de vielles à roue et que ce singulier rituel avait lieu chaque premier mercredi du mois pour adorer des divinités appelées aussi sirènes. En leur honneur, je compris vaguement qu'il était question de dominos, mais j'avoue que cette règle du jeu m'était parfaitement inconnue.








Le jeu des sept différences © Jean-Brice


Ces gens, fort sympathiques au demeurant, m'invitèrent à partager leur collation dans une autre salle, où devait avoir lieu un second cérémonial dont le but était de reproduire un sacre royal. Alors que force plaisanteries fusaient, l'un d'eux restait concentré et solitaire, armé d'un crayon et d'un calepin.
Ayant été instruit sur ce mystérieux objet appelé vielle à roue, ainsi que sur les luthiers qui le fabriquaient, je m'approchai de lui et je lui demandai doucement : « s'il te plaît dessine moi une Bleton. » Il me regarda, gêné, et balbutia qu'il ne savait pas dessiner une telle chose. Je lui rétorquai que je n'avais pas de chance et, à ma grande surprise, il m'affirma qu'il ne savait pas non plus dessiner cela. Alors, dans un brouhaha confus, j'entendis parler de gens de Noël et d'un grand champ, toutes choses qui dépassaient mon entendement.

Le roi... © Marie
... et sa reine © Marie














Lorsque je pris congé des habitants de cette planète, décidément très déconcertants, je crus entendre, en m'éloignant, que l'un d'eux expliquait à quelques retardataires, en parlant de la caisse dans laquelle il rangeait sa vielle, qu'elle était polie Esther...
Cette adoration pour de simples objets me fascinait, et je compris que toute ces cérémonies réinventées chaque mois étaient, pour ces gens, une façon d'essayer de sauver leur planète... Je m'éloignai, pensif, mais rempli de sympathie pour ces indigènes assez excentriques de mon point de vue.


Patrice


Ex-Pat (l'auteur n'a aucun lien de parenté avec St-Ex). Il a piloté un prototype de vielle ténor dans la fameuse compagnie Viellistic Orchestra, puis assure quelques missions dans la compagnie britannique Banda Europa, et, surtout, dans le sud de la France, avec une jeune compagnie dynamique, Le Paratge des Sirènes, qui lui permet de surcroît de piloter sa vielle en IFR, c'est-à-dire, sans visibilité !

Ex-Pat (le plus jeune : celui qui n'a pas de cheveux gris),
ici, avec sa célèbre compagnie, au grand complet :
Der Europa Viellistic Banda de Sirènes
 © Jean-Brice

dimanche 6 janvier 2019

L'Écho des Sirènes, décembre 2018

© Pierre Tissot
Direction générale de la police local

Date : 5 décembre 2018 
Objet : tapage diurne et nocturne, attroupement suspect et trouble potenciel à l’ordre public, travail non déclaré, utilisation d’oeuvres protégées par la Sacem et non libres de droits, port et usage d’armes blanches
Pièces jointes : photos


Ce jour, mercredi 5 décembre, des témoins ont aperçu vers 17 heures quatres individus (3 hommes et 1 femme) tournant des manivelles sur des objets non identifié dans un local sis 5 rue Verdier à Tourbes. Par leurs gestes, ces personnes ont émi pendant plusieurs heures des sons stridants stridens dépassant de très loin le seuil maximal autorisé de 120 dB A. Le nombre de décibel a encore fortement augmenter suite a l’arrivée de deux autres personnes de Sexe féminin - d'après un cliché, nous aurions certainement à faire a une pointure du genre (pj 1).

Le meneur semble être un homme barbu de haute taille, qui, d’après nos informateurs, se prénomerait Pierre (pj 2. Portrait robot confronté à une photo du dit suspect). Cet individu ne serait en fait qu’un paravant pour couvrir le vrai leader de la bande, connu des services sous le surnom de « Castagne », non présent au moment des faits - mais que des témoins ont aperçu, ce même jour, à la frontière catalane, ce qui suggère une activité particulière.


(pj 1)
(pj 2)
 

Des vas-et-vients suspects ont été observé ensuite. Deux personnes ont quitté le local sans raison aparente (un homme aux cheveux gris et une femme en noir). Aux alentours de 19 heures, 2 membres des Black blocks sont arrivé et ont encore aggravé le tapage nocturne. De plus, il semblerait qu’un certain désordre c’est mis araignée dans le local, ou les gens faisait du bruit avec leur appareil pendant que d’autres criaient ou riaient, et d’autres ne faisaient rien du tout (pj 3). On se demande donc qu’elle a put être la raison réelle de cette attroupement. Une lettre suspecte a circulé entre deux femmes avec ce qui semble être un message codé sur l’envellopeenveloppe (voir pj 4. En cours de décryptage par l’IRCGN). 



(pj 3)
(pj 4)


Des individus prèsent on eut des comportements douteux voir subversif et se sont filmés dans des postures douteuses a la limite de la décense (pj 5). Mais plus grave : un homme circulant abord d’un véhicule utilitaire provencal a effectué un travail non déclaré dans une sa^le annexe (objet : intervention/réparation sur un objet en bois indéterminé de même type que ceux éméttant les sons stridens sus-mentionné, voire pj 6). 


(pj 5)
(pj 6)


Enfin, les faits les plus graves ont eu lieu pendant la nuit, dans cette même sale complétement isolé, ou tous les suspects se sont regroupé et ont discrètement sorti et utilisé des armes blanches dissimulé au milieu de danrées denrées. On sait que une des armes été graver au nom de « Jaussal », mais pas les autres. Nos services d’identification sont sur la piste d’un rodeur d’archives multi-récidiviste affilié au FLNC (Front de Libération National Cévenol) qui pourrait en fait être un des deux Black block (pj 7. Un des objets avec, en fonds, photo du fondateur du FLNC). L’autre n’est pas encore identifié, mais un portrait robot a été établit vu sa dangerosité potencielle (pj 8).


(pj 7)
(pj 8)

  En conclusion, nous avons relevé tous les numéros des plaques des véhicules cachés à l’arrière du batiment, dont un immatriculé dans un département étranger qui avait a forsiori un gilet jaune sur son tableau de bord.
Tout porte a croire que nous sommes bien en présence d’un groupuscule sédicieux et subversif qui se réuni réguliérement dans un objectif que nous n’avons pas encore cerné. Une première enquête des RG indique la date du 1er mai 2019 comme journée d’action ou de passage à l’acte de cette cellule, qui doit donc faire l’objet d’un suivi rapproché urgent et d’une attention toute particulière par tous les services. 



Sergent Dee Dee McCallexendrine
Lieutenant Pascal Hunter