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mardi 25 décembre 2012

Joyeux rock'n'Noël !

Noël ! Noël ! Nadal !
Pour ce beau jour de la Noël, petit cadeau adorable, musical, avec des bourdons et… une vielle à roue avec chapeau de Père Noël !

Après avoir suivi (qui a dit "subi" ?) les enseignements viellistiques de votre serviteur, Justine poursuit une carrière indépendante, underground, en marge de la grand'ville de Montpellier et du show business dans lequel s'inscrit Le Paratge des Sirènes. Véritable pop star, aux solis qui ne doivent rien à Clastrier ni Eaton (qui sont des papys, pour elle), et encore moins au man in black Ritchie Blackmore qui a résonné sur le pick up de la maisonnée durant toute son enfance, la voici entourée de ses sœurs, et de toute la famille Varela-Galibert, pour une ode humaniste, joyeuse et joliment rock'n'rollesque.




Merci à Justine et aux siens, pour ce clip qui pulse, qui donne le sourire, qui invite à la danse, qui démontre que la vielle à roue est un instrument hors des temps et au tempérament inégalé.

C'est par cet extrait qui fleure la magie de Noël, que Le Paratge des Sirènes souhaite aux vielleurs, vielleux, viellistes, et à toutes et tous, un heureux Noël !


Pascal.

mardi 18 décembre 2012

Une vielle à roue érotique

Vous ne savez qu'offrir pour la Noël. Vous cherchez, en vain, le cadeau original ; le plaisir vrai, qui bourdonnera à l'oreille de votre aimé(e). Il ne reste qu'une poignée de jours, une semaine exactement, pour dénicher le présent idéal, celui à déposer, discrètement, dans le sabot près de la cheminée, et vous commencez à céder à l'angoisse. Vous espérez, à la veille de ce 25 décembre qui approche à grands galops de rennes, acquérir la VTT (Vielle du Troisième Type) qui saura surprendre et gâter l'enfant qui sommeille encore au cœur de la musicienne ou du musicien pour qui vous seriez prêt(e) à tout pour que ce Noël soit le plus inoubliable de sa life.

Ne réfléchissez pas davantage, cessez de feuilleter les catalogues en ligne ou en papier, voici la vielle à roue à la fois tendance et vintage qui exaucera vos vœux de fin d'année. Certains, au Paratge des Sirènes, jouent sur une vielle à roue de Jacques Grandchamp, mais cet instrument, œuvre dudit facteur, ne leur est probablement pas connu. Remercions le vielliste Dominique Regef, de nous avoir rappelé l'existence de cette huitième merveille du monde.

Vielle à roue érotique de Jacques Grandchamp © Musée des musiques populaires

Réalisée il y a bien longtemps, en 1986 ("Libertine", de Mylène Farmer, cartonne alors dans tous les bals), conservée parmi d'autres objets (la liaison s'impose) au Musée des musiques populaires de Montluçon, nous avons là une véritable fresque de plasticien, de sculpteur… de poète. Ce modèle de vielle à roue est en sapin (Noël oblige), contreplaqué laqué, avec miroir, tissus et matières plastiques. Et une roue. Bien évidemment, il s'agit, avant tout, d'un instrument de musique. C'est à dire qu'au plaisir de l'œil, vous aurez celui des oreilles — même si, dans l'un cas comme dans l'autre, cela rend sourd.

« Si son décor érotique et pornographique bouscule les canons de la lutherie traditionnelle, il s'inscrit toutefois dans une certaine tradition plastique. En effet, les luthiers de Jenzat incluaient dans leurs décors des silhouettes de personnages découpés dans les journaux de l'époque. Jacques Grandchamp fait un clin d'œil à cette pratique, en utilisant les objets du quotidien et l'univers fortement érotisé de la société contemporaine dans ses créations. » — Musée des musiques populaires.


Pascal.

mercredi 12 décembre 2012

Vielle télécommandée et à moteur

Après nos articles sur l'application Hurdy gurdy pour IPhonela vielle à roue sur PSP ou encore la vielle virtuelle, notre rubrique La veuve poignet s'ouvre une nouvelle fois, en ce mercredi 12/12/12, sur le monde impalpable et sans odeur de l'informatique.

Ici, honneur à Madcow Cosmos, un génie appartenant au réseau Second Life, qui a déjà réalisé une quantité de monstres, d'armes et de gadgets servant autant à rien qu'à tout. Ne se voulant en reste avec le monde de la musique, il a conçu sitar (au moment où nous rédigeons cet article, nous apprenons avec tristesse le décès de Ravi Shankar…), sarod ou flûte traversière. Afin que la planète entière ne lui soupçonne un oubli essentiel à la construction d'un monde meilleur, il a imaginé une option pour la vielle à roue qui nous intéressera d'autant plus qu'elle s'avère en adéquation avec l'intitulé de cette rubrique.
En effet, ce jeune esprit doué, à peine âgé d'une petite trentaine d'années, né dans le Michigan (comme Agde, une terre entourée d'eaux) et vivant dans le nord-ouest du Pacifique depuis une quinzaine d'années, accroc de science fiction et de mythologie, qui adore ses chats, le bon-manger, et plus encore passer du temps avec son épouse — en tous ces sens, il apparaît comme notre semblable — s'est attaqué à l'amélioration de notre instrument chéri, en ces points primordiaux.


Avec son personnage, un adorable garçon un peu grassouillet qui joue de la vielle à roue, il invente un appareil permettant de jouer le clavier à main gauche à l'aide d'un robot-télécommande. Pareil, pour actionner la roue, il a muni l'engin d'un moteur automatique qui simplifiera les coup-de-huit pour le commun des mortels. À quoi sert tout cela ? Seuls les grands techniciens aux bras courts nous le diront…

Curiosité qui vous sautera aux yeux avec la même force que cet article vous dicte une heureuse pertinence, l'instrument pixelisé ressemble comme deux gouttes de colophane à une Siorat avec décoration de notre Pierre "Gustav" quand il se prend pour un peintre à la charnière des deux siècles précédents. Non ?


Pascal.

jeudi 6 décembre 2012

Une vielle à roue à La Grande Battle

Le 13 novembre dernier, Joanda et ses musiciens participent à une aventure particulière : un concours lancé par France 2 (c'est une télé), intitulé La Grande Battle. Vous avez toutes et tous suivi les épisodes amenant le groupe à sa préparation, depuis les semaines qui précédèrent l'émission jusqu'au soir où l'on vit nos musiciens héraultais dans le petit écran (précision, pour les jeunes : le "petit" écran est ce truc plat qui prend environ la moitié du mur de votre salon).
Parmi eux, le tintinophile Patrice et sa vielle à roue ténor (qui prend, environ, la moitié de la place des instruments sur une scène), bien connu chez nous pour vieller au sein de ce sympathique ensemble, le Paratge des Sirènes. Pour tout comprendre sur les dessous coquins de cette aventure parisienne sans lendemain (des dessous de table : anagramme de battle), de cette histoire peu banale où le bel accent du Sud se la disputa avec le parlat ponchut des ceuss de la capitale, en cette Journée mondiale de la gentillesse, Patrice témoigne.


Accusez, levez-vous : sans rire, c'est quoi cette idée d'aller jouer pour La Grande Battle ?
En septembre, Lolo, notre violoniste, insiste auprès de Joanda, plutôt tiède, pour que l'on poste une vidéo à ce concours. Bruno Milonas, qui enregistre dans son studio, en Ariège, le second CD de Joanda, accepte de nous mixer un arrangement sur "La Traviata", et c'est parti… On l'envoie, on attend, et sur 480 vidéos postées, on passe en duel avec un groupe de rock, Les Frockers, qui interprète également la "Traviata".

Et après une campagne digne des plus grands politiques, vous appelez les sympathisants à un vote massif et militant…
Oui, là c'est le vote Internet, et on actionne tout ce qui est possible de votants. Au final, on l'emporte de… vingt voix sur nos adversaires, avec un total avoisinant les 4000 votes, quand même ! On a passé l'écrit, reste l'oral final, mais au moins on est sûr de participer à l'émission en direct, ce qui n'était pas gagné au départ.

Exceptés les produits dopants habituels, comment prépare-t-on une telle compétition nationale ?
D'abord, une équipe de télé vient réaliser un petit portrait de Joanda et de Béziers (ben oui, on est les provinciaux !), avec tout ce qui est occitan (excitant ?) ; notamment, le tambourin, ce sport typique de nos contrées. Puis, un coach de France 2 vient nous « dresser », pour qu'on ne fasse pas trop plouc quand même, et surtout qu'on ne joue pas trop longtemps : le folklore, vu de Paris, c'est attendrissant, mais faut pas non plus que ça dure…

Ainsi relookés et avertis, vous montez à Paris avec vos instruments de bergers et votre accent paysan…
Oui, le 12 novembre, c'est le départ pour Paname, avec nos fans, Maria et Gégé. Maria sera d'ailleurs interviewée par une équipe de France 3 Occitan, qui suit le groupe à Paris. Arrivés aux Studios de la Plaine St-Denis, on a droit à une loge minuscule, alors que l'on est six, puis hop ! répétition et balance, et soirée resto — à nos frais ! —, et enfin hébergement dans un Etap Hôtel à trois par piaule, comme ça on est sûr que ce n'est pas nous les stars ! Le lendemain, on passe la journée aux studios, on voit les emplacements d'émissions phares comme Groland, Salut les Terriens, Taratata, etc.

Comment se passe le contact avec les animateurs de la télé, qui eux sont habillés proprement et parlent un français d'école ?
Lors de la répé finale, avec Naguy et Zigel, on voit qu'ils ne savent pas trop quoi dire. Nous, on se prépare depuis un mois, et eux ils découvrent au dernier moment. Pour eux, c'est la routine. Les trois groupes censés gagner le soir sont tirés au hasard, mais comme le hasard fait bien les choses, c'est eux qu'on retrouvera le soir après les votes ! Le soir, les fans s'installent à l'endroit prévu pour le public, avec force pancartes et cris d'encouragement, et nous, dans notre petite loge, on attend notre tour en visionnant l'écran télé et en papotant avec les autres groupes.


Et lorsqu'il ne reste presque plus de cacahuètes et d'ongles à grignoter dans les loges, c'est à vous, et pas de play back !  
Ça y est, on y va, les gladiateurs pénètrent dans l'arène, et là ça va très vite. Le temps pour Joanda de souhaiter son anniversaire en occitan à Naguy, et quelques minutes plus tard on est de nouveau dans les coulisses, à attendre la fin. Et c'est pas nous qu'on a gagné ! Mais bon, lucides jusqu'au bout, on s'y attendait un peu. Voilà c'est fait, et comme dit l'autre… c'est plus à faire !

Et sinon, aucun problème conséquent au plan vigipirate avec ta vielle à roue ténor ?
À la fin de la répétition, un caméraman me branche car il trouve que mon tabouret est mal positionné par rapport aux images qu'il veut tourner — j'ai droit à une caméra pour moi tout seul ! Pendant que je réponds au caméraman, Naguy pérore de son coté et, constatant que je ne l'écoute pas, il propose de m'inscrire au jeu des Chiffres et des lettres, jeu prévu pour les seniors, voire pire, ayant a priori les portugaises ensablées. Ça fait beaucoup rire mes petits camarades, apparemment très sensibles à l'humour nagyien ! Sinon, de belles images furent tournées sur ma vielle — que, par contre, on n'entendit pour ainsi dire pas, mais j'étais concurrencé, sur le plan sonore, par une boudègue en sol [NDLR : en sol ?!] appartenant à la populaire Sophie Jacques de Dixmude !



Propos recueillis par Pascal Jaussaud.

dimanche 2 décembre 2012

L'Écho des Sirènes, novembre 2012

© Pierre Tissot
Nous avons beau chercher, interroger, consulter les procès verbaux de la Ville et feuilleter les trente pages de faits-divers du Midi Libre local, pas la moindre trace d'une concentration de vielles en Agde, en ce mois de novembre 2012.

L'habituelle assemblée mensuelle fut-elle secrète, clandestine, et donc subversive ?
Les membres de cette confrérie douteuse jouèrent-ils des airs interdits par l'Église, la Drac Languedoc-Roussillon ou TradZone ?
Mystère…
Appelé à réunir ses initiateurs tous les premiers mercredis du mois — donc, le 7 octobre —, le Paratge des Sirènes aura-t-il reporté la date en raison de l'incohérence de son labeur avec la célébration du jour : la Journée mondiale d'action pour le travail décent ?

Toute personne ayant des informations sur une quelconque manifestation bourdonnante en cette période est priée d'appeler son numéro vert préféré. En vous remerciant pour votre contribution, dans l'intérêt de l'ordre public.

Bourdon de numéro vert © éco-musique

Pascal.

lundi 26 novembre 2012

L'Écho des Sirènes, octobre 2012

© Pierre Tissot
Ô lecteur — pour peu qu'il y en ait —, j'en appelle à ton indulgence, car cet Écho parce que tardif sera sans doute imprécis dans les faits relatés. Le chroniqueur, quand il délaisse sa chronique, a une vie qui, trop remplie, le détourne parfois de sa tâche première.

En ce mois d'octobre, j'arrive au Pôle des Métiers d'Art — notre désormais nouvelle salle de rendez vous — et, dès le dehors, je sens que les choses vont être différentes. Les baies sont occultées par des gélatines rouges et bleues. Je pénètre alors dans une pénombre colorée, des redingotes semblent atterrir depuis le plafond, des petites lumière sourdes éclairent les arêtes de meubles égyptiens, fauves à l'arrêt dans la pénombre des roselière du bord du Nil…

« Les musiciens ? 
— C'est en haut ! »
Ainsi sonne l'épitaphe de la genèse de ma rêverie : mon regard tombe sur une dame derrière un bureau, physionomiste s'il en est, qui à ma grosse malle sur le dos en déduit que je ne puis être le Père Noël. Le ton d'une amabilité de surface me pousse vers le long escalier qui mène à l'étage. J'y retrouve, comme dans une baignoire du Muppet Show, Michèle et Sylvia, qui font dans la dentelle en papotant chiffon. Après la bise, on me demande comment fut saluée mon arrivée au rez-de-chaussée. J'apprends que mes deux commères y furent reçues comme des malpropres, pour une question de salle sale laissée le mois dernier et d'une porte mal fermée. Bon, bon, si la porte mal fermée est, en effet, de mon point de vue, une grave erreur qui aurait pu avoir des conséquences, la souille décrite me parait être de la surenchère ; enfin passons, ce fut notre fil rouge pour chaque nouvelle arrivée avec, en fonction des paratgeaïres, des réactions différentes (étonnement, incompréhension, énervement, sourire triste, etc.).

Et balayez-moi toutes ces saletés, souillons ! © Jean-Brice

Relégués en hauteur, et malgré le confort de la pièce, nous en venions à regretter cette bonne Perle Noire, dont la distribution aléatoire des pièces et le côté dédaléen entraient plus en résonance avec nos instruments biscornus et nos rencontres initiatiques et où, au moins, nous côtoyions des œuvres plastiques dans une sensation de complémentarité. Mais, il est vrai, que certaines œuvres ont des impératifs d'assurance empêchant cette promiscuité, ce qui fit dire à un illustre dont j'ai oublié le nom que « les musées sont les cimetières de l'Art ».

Gilles nous rejoint, puis Marie, et nous voilà partis pour le premier atelier. Des gammes, des coups de chien, puis Don Jibé nous rejoint. On embraye sur l'apprentissage, ou la révision pour d'autres, de la seconde voix du "Ballet francese".
Depuis notre ermitage, on entend que ça s'agite en dessous ; le temps de venir nous saluer et nous rappeler les consignes de sureté, les dames du bas nous laissent « les clés du camion » comme on dit. Dommage pour Luc qui, venu de son clermontois profond, et tambourinant à la lourde, ne fut pas entendu par nos oreilles saturées de vielle à roue et s'en retourna bredouille sans rencontre de vielles, et nous, sans ratatouille. Au détour d'une descente dans la salle d'exposition, on voit le Pèr' Bruno venu nous faire déconstruire ; on lui ouvre, Pascal le talonne ; nous repartons au grenier pour discuter, et Sylvia, qui n'y tient plus depuis le début du Paratge, nous apprend qu'elle a une nouvelle vielle, sa nouvelle vielle, à nous montrer. Il y a chez le vielleux une part irraisonnée qui tient de l'émerveillement enfantin devant un camion de pompier ou une poupée (je vais encore me ramasser les féministes dans la truffe), lorsqu'on lui parle d'un nouvel instrument. À la queue-leu-leuleu, nous descendons l'escalier comme pour aller au pied du sapin, et nous sortons sur la petite place où arrive le Sergio.


Dans l'attente du camion de pompier, Pascal se donne un air au-dessus de tout,
Jean-Brice joue la star sur la Croisette, Pierre tente de se dissimuler dans le décor
© Michèle

Sonnez hautbois, résonnez trompettes, voici la vielle à… ben merde ! c'est quoi cet espèce de truc en carton, ni fait ni à faire ? On éclate de rire devant le kit vielle qu'elle prétend avoir conçu au fond d'une caravane. Certains comprennent qu'il y a canular (quelques happy few étaient au courant du montage depuis longtemps) et tous attendons la fin de l'histoire. 


Vielle à roue : n.f., espèce de truc ni fait ni à faire  © Michèle

Sylvia nous sort alors une vielle comme on débarquerait avec une vieille américaine tout en chrome et en carrosserie lustrée (je vous renvoie au faire-part de naissance pour les détails de la facture, instrumentale bien sûr). C'est la crèche ou la vielle tiendrait le rôle du petit Jésus, mais où il n'y aurait en guise de santons que des ravis. Et que ça tchache et que ça essaie sans oser y toucher, nous voilà partis pour une bonne heure à se passer le bébé et à discuter lutherie, luthiers, sons… au risque de me répéter, la magie du Paratge !

Sylvia et sa Dinota neuve © Jean-Brice
Serge le Pailladin © Jean-Brice


Pendant nos discussions, l'historiette du Pèr' Bruno revient sur l'abandon de la vielle à archet dans les monastères et les couvents pour l'aspect suggestif du va-et-vient de l'archet — je me dis, cependant, que la montée descente d'un poing enserrant une poignée n'a rien de suggestif et j'abandonne aussitôt cette idée parce que ça rend sourd. 
L'en-cas arrive, mais bien différent des deux fois précédentes, pour deux raisons : la mineure, la peur de laisser des miettes, on se sent épiés jusque dans nos taches sur la chemise ; la majeure, notre gourmand de service que l'odeur de cuisine attire invariablement à la même heure pourtant jamais la même, Patrice, n'est pas là. Parti, du côté de B'sançon ou de Pontarlier, pour aller cueillir la gentiane sous couvert de faire de la vielle à roue, il ne rejoint pas le Paratge ce soir. 
Après la tambouille et toutes les discussions en accompagnement, nous voilà repartis sur les routes de l'atelier. La rencontre se termine à une heure raisonnable, sans doute pour éviter de forcer le rodage de la nouvelle vielle, et nous nous quittons avec, au cœur, la prochaine rencontre.

Marie cherche les sept (mille) différences entre une Dinota et une Chougnard © Michèle


Proverbe d'octobre (Don Jibé) : « Le jeu n'en vaut pas la chanterelle. » 
À méditer.


Pierre.



NB : Je savais bien que j'allais oublier une foule de choses. Il y eut grande discussion sur "Le vielleur" de De La Tour exposé au Musée Fabre de Montpelier et devant lequel Pascal et moi avons pu bavé séparément. Je laisse à mon comparse de clavier et à son talent manifeste le soin de rédiger un article à ce propos, car pour un vieux de la vielle, ce tableau en est un beau.

PNB : l'article est à lire, sur le blog Les Pensées de Pascal.

Les vielleurs © Georges De la Tour

jeudi 15 novembre 2012

David, collectionneur de vielles

David est jeune, si jeune (visez sa chevelure longue et noire) ; mais il fait depuis longtemps figure d'ancien au Paratge des Sirènes. Arrivé quelque temps après le lancement de cette récréation mensuelle agathoise, il fut de tous les abordages sonores complotés par l'équipage de vielleux qui officie dans les mers du Sud depuis trois années.

Passionné par le jeu viellistique, il consacre le reste de son temps à collectionner les vielles. Jugez plutôt : depuis ses débuts sur l'instrument — il y a de cela moins de deux paires d'années, alors qu'il fréquentait assidument les cours de votre serviteur —, il en est déjà à son quatrième instrument. De sa première Boudet, en passant par une magnifique Grandchamp et une immense Renard, le voici à présent en train de se faire les mains sur le clavier d'une Mousnier qui lui va comme un gant en cotte de mailles.

Vielle alto Mousnier, VIIIe siècle © David

…ou, peut-être, IXe siècle © David

Philippe Mousnier ne prenant, depuis 2008, plus aucune commande, ne travaillant que sur des réalisations personnelles qu'il propose, ensuite, à sa clientèle, David s'en fut rencontrer le maître-facteur en son atelier, en juillet dernier.
Essayant quelques volées de ses gammes préférées sur deux objets présentés — dont le fameux modèle Olive, à son goût davantage fidèle à une planche de surf qu'à une vielle —, c'est sur un instrument unique à ses yeux qu'il accorda sa préférence. C'est même un véritable coup de cœur pour cette vielle alto, que David ressentit. Si l'aspect esthétique, avec son cachet médiéval grâce à ses lettrines gothiques et autres motifs carolingiens pyrogravés sensibilisèrent notre passéiste, c'est aussi le son acoustique et les possibilités en électro qui décidèrent le musicien avant-gardiste qu'il est : prototype de mixette intégré, micros et préamplis électroniques réalisés par Dominique Raymond (ingénieur électronicien). Il faut dire qu'avec des magnétiques pour les chanterelles et des piezzo pour les deux chiens, il y a de quoi régler la machine.

Malgré qu'il fasse à présent davantage profiter la Bretagne que notre région éternellement ensoleillée de son nouvel instrument, souhaitons à David de belles émotions avec cette vielle à roue de bien heureuse facture.
Et… tu repasses quand tu veux, un de ces mercredis, Dav' : notre auberge espagnole saura bien faire un sort aux conserves que tu ramèneras de tes lointaines pénates !


Pascal.

lundi 5 novembre 2012

Chinoise de vielle

Au Paratge, tout le monde sait dire vielle à roue en occitan, en anglais ou en allemand. Nous avons même une petite idée quant à sa traduction en italien, en espagnol et, bien évidemment, la pronociation en polonais, en ch'ti ou en alsacien n'a aucun secret pour nous. Mais en chinois, comment désigne-t-on autrement qu'en le montrant du doigt et d'un air moqueur cet instrument mutin ?
Il est certain, c'est une question que nous nous posons toutes et tous. Et vous, aussi. Une interrogation qui anime de nombreuses fois nos soirées de Paratge, à Agde.
Grâce à notre rubrique "La veuve poignet", prenons notre première, indispensable et plus utile leçon de chinois.

Pour tout savoir, nous avons envoyé Philou — bien-aimé viellaire au sein du groupe Coriandre, musicien qui apparaît avec le Paratge des Sirènes lors du mémorable atelier que nous donnâmes à Rodez, en juillet 2011 — étudier la langue de Confucius et Jackie Chan. C'est à l'occasion d'un voyage en Asie, au gré de l'une de ses multiples escales sur notre planète, que notre Gardois a eu la chance d'échanger ses savoirs contre quelque précieux vocabulaire.
Lors du vol aller, Philou ne perd pas une minute et tente déjà d'en savoir davantage. Si le hasard fait bien les choses, et qu'il rencontre Ying et son français de mari, Fred, qui s'initient, en cabine, à l'art de sa nouvelle machine — un instrument de poche espécialement conçu par le facteur de vielles Dominique Englès, pour embarquer à bord sans être jeté dans la soute à bagages si crainte par nos instruments —, il n'obtient aucune réponse à notre curiosité.

Ying et la vielle de voyage © Philou

Mais, à peine arrivée en Chine, alors qu'il patiente dans un restaurant typique, Le Lotus (sorte de Casa Pepe local), situé entre deux pistes de Ho Chi Minh Airport, Philou demande à Meï, commerciale chez Adidas en Allemagne, et qui déjeune au même moment que lui (commercial chez Englès ?), comment se prononce "vielle à roue" aux pays de ses ancêtres. Et c'est avec une gentillesse et un sourire spontanés qu'elle lui épelle le nom de cet instrument, en quatre syllabes qui s'avèrent être aussi douces qu'un coton bien posé sur une roue de bois.




La suite du voyage de Philou, uniquement accompagné d'un dictionnaire et de sa vielle à roue, fut folklorique. La preuve, avec ce lot d'images où l'on voit l'instrument charmant de ses chanterelles et bourdons les monuments, les statues, les villageois, tout un continent, depuis les femmes d'Angkor qui gardent les vestiges jusqu'à la jeune marchande d'oiseaux, en passant par les enfants, les joueurs de khêne et les touristes italiens.

Une vielle à roue…
à Thom Bayon © Philou
à Phnom Penh © Philou
De Thom Bayon…
De Phnom Penh…







à l'autre bout du monde © Philou


























Beau succès pour V2V (vielle de voyage), merci pour ce témoignage, Philou !
On te voit, un de ces quat' sur notre île d'Agde ?

Pascal.

mercredi 31 octobre 2012

Giant hurdy gurdy

Étonnant duo, pour cette improvisation entre un harmoniciste, Chris Turner, et un (deux ?) vielliste(s). Comme cela, le morceau semblerait presque anodin.
Mais il est interprété par un instrument à bourdons qui vaut son pesant de chanterelles. Tout ceci est l'œuvre d'un Américain un peu fou, Steeven Lee Jobe, qui utilise la facture d'un autre Ricain qu'il faudrait interner, Jeremy Woodward, de Providence (Rhode Island), invention complétée par le luthier Daniel Thonon, de Montréal. 




Les connaisseurs auront identifié la vielle ; il s'agit, en effet, de celle de ce bon Maître Hieronymus Bosch (ca 1453 - ca 1516), qui semble à échelle semblable du tableau "L'Enfer" ; c'est-à-dire une version taille XXXL d'une soprano standard qui sortirait des ateliers de Jacques Grandchamp, Denis Siorat ou Philippe Mousnier.
Le plus difficile, comme on peut l'imaginer, est l'utilisation de la corde trompette où, après une série de coup-de-trois, le musicien doit avoir l'avant-bras de Jo-Wilfried Tsonga. On peut également s'inquiéter de la consommation en coton et en colophane que nécessite un tel engin pas moins muni de… trois roues ! Quant au transport, on voit mal le Bruno arriver à nos rendez-vous mensuels avec l'instrument sous le bras, ni même Patrice — qui s'y connaît en Limousines —rouler jusqu'à Agde avec autre chose qu'un semi-remorque.

Finalement, comme nous le souffle Chris Turner, n'est-il pas plus raisonnable de jouer de l'harmonica ?


Pascal.

mardi 23 octobre 2012

Balance, de septembre à octobre 2012

Balance et joueur de vielle à roue, le Paratge des Sirènes a le plaisir de t'offrir ton horoscope pour septembre et octobre 2012. Un vrai horoscolophane, comme dans ton webzine préféré, que tu peux lire et relire sur ta tablette 24 Go, pendant que ton luthier essaie de retrouver ce fichu site internet où il commande tes sautereaux à prix discount en te faisant croire d'un large sourire home-made attitude que la moindre pièce de ton instrument est fabriquée par l'entreprise familiale au cœur du hameau où elle vit retranchée depuis sept générations de luthiers. 

© Pierre Tissot


Travail
Vielle ronde ou vielle plate ? Ne cherchez pas longtemps, que croyez-vous donc ? dans les deux cas, vous devrez travailler et travaillez encore. Certes, la vielle ronde sera confortable, rangée dans une taie d'oreiller, et la vielle plate est peut-être moins encombrante posée sur les cuisses, mais elles nécessitent, toutes deux, un labeur assidu, des gammes quotidiennes et un entretien plus régulier et soigneux que ne le mérite une cornemuse (cet autre instrument à bourdons, inscrit à tort dans la catégorie des instruments de musique).

Amour
Soprano ou alto ? Toute la sensualité est là, gravée dans le spectre sonore qui s'enroule aux cotons de votre instrument. La vielle soprano a ce petit charme désuet, celui qui fait qu'une sirène est à jamais une sirène, avec ce chant cristallin qui attire les navigateurs à s'échouer à la proue d'une vielle lancée à soixante-neuf nœuds contre l'écume des jours et des nuits. Mais la vielle alto a une sorte de volupté attirante, qui fait que sa mélopée envoute les plus sages et les plus chastes oreilles, caressant des graves aux aiguës les notes les plus sensibles de la hampe de l'instrument.

Santé
Cordes métalliques ou boyau naturel sans ogm ? Les premières sont plus aisées à digérer pour l'auditeur, les autres sont un délicat plaisir pour les fins connaisseurs. Passé cela, pourquoi ne pas tenter le sucré-salé ? Associer les saveurs vous permettra de vibrer en tous les modes, sous toutes les recettes, de la paella du Père Marc à la bouillabaisse de la Casa Pepe. Vous pouvez, également, essayer le cable de frein de bicyclette ou la corde à linge, rien de contradictoire pour la santé de votre instrument ; c'est juste qu'entre la musique, la lessive et le vélo, à choisir, préférez le moins nuisible des passe-temps pour le bien-être de votre voisinage ! 


Pascal.

jeudi 18 octobre 2012

Sylvia, heureuse maman d'une vielle Dinota !

Jean-Paul Dinota est artisan ébéniste restaurateur, depuis 1987. En 1994, il fait la rencontre de Maxime Boireaud, luthier de vielles, qui lui propose de lui transmettre son savoir et son expérience : plus de quatre-cents vielles fabriquées durant sa carrière, quand même ! Après cet apprentissage, il expose ses instruments pour la première fois en 1997, lors du festival international de lutherie à Saint-Chartier (sis à Ars, à présent), où il se rend, depuis, tous les ans.
Désormais, il réalise, dans son atelier, sept différents modèles de vielles à roue, de la vielle d’étude au modèle classique de forme ronde ou plate, en passant par des modèles électroacoustiques ou électriques. Sa clientèle est française et européenne. Et désormais, normando-gardoise.

C'est là : finissez d'entrer… © Jérôme

Car, en août 2011, Sylvia — que tout le monde connaît, notamment pour cette citation célèbre : « Mon royaume pour une caravane ! » — monte au festival d'Anost, en Morvan. Dans le but de se gaver de bourdons et de danses, mais surtout dans le secret dessein de rencontrer ledit Jean-Paul Dinota qui expose à cette occasion. Sylvia, qui joue déjà sur une vielle du maître Maxime Boireaud, est attirée par la filiation avouée du talentueux facteur au patronyme de tennisman. Notre musicienne, qui n'en est pas à sa première vielle, a une idée précise de l'instrument de ses rêves. Même si elle hésita, un court instant — mais un instant suffisant pour faire marcher tout un Paratge noué à ses histoires d'aventure extrême en caravaning —, c'est vers ce facteur moderne et audacieux qu'elle se tourne pour le troisième choix de sa carrière de vielleuse.

Une vielle Dinota…
une vielle pour Sylvia ! © Jean-Paul Dinota



Et, commande passée lors de l'été 2011, et après un peu plus d'un an de gestation, une année entière à attendre, patiemment, mois patiemment, elle nous revient avec l'instrument fraîchement sorti de l'atelier du maître-facteur. Magnifique objet où s'enlacent le palissandre et l'érable, l'ébène et l'os (de cornemuseux). Et, rien à redire, il y a autant de cordes, de micros et de mécaniques qu'il en manquait à ses deux précédentes vielles réunies. Sylvia peut même, avec cette engin révolutionnaire, interpréter, en tapping, tout le répertoire de son musicien préféré, Eddie Van Halen — tiens, dans le même genre, c'est le jour de l'anniversaire de son chanteur préféré, Brian Johnson, né un 5 octobre, qu'elle s'en alla chercher ladite vielle à roue, à Vauban, en Bourgogne.

Des cordes et des micros…
et une jolie manivelle © Jérôme

















Olive sur le gateau, notre artiste-peintre adoré, Pierre, dit Pierre "Gustav" Tissot pour les connaisseurs, dit Pierô ou Pedro pour les copains, dit Schotzi pour l'intime, a réalisé une décoration Sud de France digne de ses plus grands maîtres (ceux qui sont accrochés dans les musées) : une ostentatoire croix occitane sur le cache-roue (c'est quand même mieux qu'une mouche grandeur nature), un brin d'olivier sur le plumier (en guise des éternelles initiales SR — et tous les fantasmes que cela induit…), et une griffe que le plasticien se doit encore — pour que les générations futures puissent authentifier le tableau — de graver à même le bois.

Vielle Sud de France, par Pierre "Gustav" Tissot © Jérôme

Ne reste plus, à Sylvia, qu'à lui trouver un petit nom de baptême !
Avec la Communauté viellistique pour marraine et le Paratge des Sirènes pour parrain, sûr que les idées les plus heureuses et originales vont s'aligner ci-dessous…


Pascal.

lundi 15 octobre 2012

Le Paratge de… l'Accordéon

De quoi, ma bonne dame ? le Paratge de quoi ? Le Paratge de l'Accordéon ! Hé oui, les boutonneux vont pouvoir échanger du nacre à coups de soufflets, et cela tous les quatrièmes lundi du mois. À compter du lundi 22 octobre, biffez votre agenda c'est lundi prochain ! 

Sous le format désormais exemplaire du Paratge des Sirènes, un atelier "Accordéons-nous" est proposé en milieu de soirée, de 20h à 22h, toujours en la magnifique salle des Métiers d'Art à Agde. Une fois de plus, et c'est coutume, c'est l'association millénaire L'Imagineïre — sous la tutelle de Dieu-le-Père Bruno Priez —, qui est à l'initiative de ce rendez-vous mensuel. Stéphane Marras, musicien jazz et fou de world music assure le lien entre toutes et tous.

Le Paratge de l'accordéon © L'Imagineïre

Coût de participation : 20 euros (adhésion à l'année).
Renseignements : 06 11 30 63 61 / 04 30 41 59 43.


Pascal.

mardi 9 octobre 2012

Vierge, d'août à septembre 2012

Vierge et joueur de vielle à roue, le Paratge des Sirènes est aux anges, car il t'offre ton horoscope pour août et septembre 2012. Un vrai horoscolophane, comme dans ton Journal de la Paroisse, que tu peux lire et relire durant tout le temps que ton luthier protecteur use pour installer ce système de capodastre qui te permettra de jouer sans crainte avec les sonneurs de musettes de ta région, qui ne font aucun effort, eux. 


© Pierre Tissot

Travail
Certes, l'été traîne (avec l'égale lenteur que met notre frère dessinateur à croquer votre signe du zodiaque ce mois-ci) et ne s'achève que doucement en pays d'Agde, mais fiez-vous davantage au calendrier qu'aux divins cieux et plaisirs des vagues, c'est bel et bien la rentrée. Désolés, ceci rime avec… travail, exercice, gymnastique, endurance, dronning, fin de l'oisiveté. Fin, avons-nous dit : pliez les draps de bain et autres suaires, allez ! Va falloir se remettre à la vielle, les touristes ! Colophane, coton, remplacement des cordes, pour attaquer la nouvelle année scolaire. Courage, un bichoco dans le cartable et zou ! 

Amour
Les vierges misent énormément sur l'affectif. Harmonieusement. L'harmonie, voilà le mode qu'il vous faut développer si vous voulez concentrer les éloges, les sympathies, les charmes de vos publics. Mode harmonie mineur, si votre rencontre musicale n'est qu'une amourette, bien entendu. N'importe comment, adoptez ce style qui vous caractérise, qui vous est unique : mains baladeuses sur le clavier, certes, mais toge de sainte et auréole colophanée et non-voilée, surtout ! Avec tout cela, vous pouvez jouer les mélodies les moins innocentes, associer des bourdons maléfiques, délivrer des coups-de-bâtards-de-chiens, on vous donnera le Bon Dieu et tous ses saints(pathiques), sans confession.

Santé
Voilà la période la plus délicate de l'année. Nous basculons d'une diabolique canicule à une chaleur plus modérée. Forcément, l'instrument doit s'adapter. Et le pieux instrumentiste, itou. Taux d'humidité maximum, le cache-roue ne suffit pas à protéger le moteur principal de la vielle des risques d'enrhumage. Risques multipliés par la reprise des ateliers du Paratge : la réunion de vielles, le mercredi soir, c'est comme la concentration de nourrissons un premier jour de crèche, de vielles ou vieilles (ou les deux) bigottes un dimanche à Lourdes, de festivaliers sur un parquet de danse à St-Chartier-sur-Ars ; pièges à virus. Vaccinez-vous, surtout s'il y a de vilains cornemuseux dans le lot !


Pascal.

vendredi 5 octobre 2012

Vielle, etc. 2012

La vielle, avec son identité enracinée dans la mémoire des Combrailles et du Plateau de Millevaches, mais aussi la vielle au milieu du monde des musiques populaires contemporaines. C’est tout l’enjeu et le pari de musiques traditionnelles incarnées dans un Massif Central d’aujourd’hui.
Rassembler les publics, impliquer et solidariser les territoires, bouger les lignes des chapelles musicales, "Vielle etc." apporte sa pierre à l’édifice avec une programmation qui continue à faire connaître le patrimoine de ces musiques, mais qui implique aussi la novation, les musiques nouvelles et l’énergie du son « actuel ». Est-il si loin, le « Poupet », vielleux mythique de notre paysage des hautes terres marchoises ?

Vielle, etc. 2002 © Crmtl

Un vielleur de légende, Claude Flagel, une vielleuse discrète et talentueuse, Christine Demonteix, d'autres concerts, bals et stages dans une programmation réalisée avec la complicité de Patrick Bouffard, deux journées où les bourdons résonneront entre Fernoël et St-Georges-Nigremont, c'est l'année où jamais pour organiser un co-voiturage vers le Limousin !


Pascal.

lundi 1 octobre 2012

L'Écho des Sirènes, septembre 2012

© Pierre Tissot
Agde, Pôle des Métiers d'Art, 16h, la cloche retentit, les vacances sont finies, c'est la rentrée du Paratge. Les premiers arrivent, leur gros cartable sur le dos. Le Principal Priez annonce que, cette année, le fonctionnement des ateliers se fait à trois niveaux. Aux ateliers initiation et confirmé s'ajoute un nouveau Ouorquechope, l'atelier "déconstruction", avec maître Priez aux manettes. La devise pour cette année : au taff tout le monde!

Sylvia, cartable sur le dos © Jean-Brice

En gros, tout un chacun est bienvenu dans chaque atelier, à condition qu'il puisse suivre et que, s'il ne le peut, il travaille au cours des mois pour rejoindre le peloton. Implicitement, attendre les Paratge pour se coller à la vielle n'est pas la solution pour progresser et espérer participer aux trois ateliers. Cependant, que les débutants se rassurent, ils peuvent travailler jusqu'au bout de la nuit s'ils le désirent. Sachant qu'ils n'ont un encadrement que pour le premier atelier de 16h à 18h, ensuite il y aura toujours quelqu'un pour leur donner un conseil mais il faudra qu'ils pilotent seuls.

Après cette mise-au-point, le cap donné par le cap'taine, on s'y met. Premier atelier avec des sortants et des entrants. Pour les premiers, il s'agit de David, parti taquiner du bigoudin, et Sophie qui, pour n'être plus longtemps infidèle à son accordéon, a laissé la vielle (que j'espère vendue à l'heure où j'écris) ; pour les seconds, Gilles, vieux de la vielle paratgiste qui, après une longue absence — il avait quitté la vielle pour l'accordéon — nous revient. Décidément, ces histoires de coucheries n'en finissent pas, il semble que seul Bruno arrive à maitriser le ménage à trois avec ces instruments. En dehors du retour d'un ancien primoviellant, un vrai nouveau : Luc. Grand bonhomme, avec quelque chose de gascon dans la pose, quoique non gascon, et qui néanmoins a des airs de Cyrano. Pour les habitués, Marie est là — comme dirait Luis Mariano — et l'inoxydable Sylvia itou, qui nous rapporte des œufs de caille (pauvre caille, où est ton nid ?).

Luc et son ovni © Jean-Brice

Un petit rappel de ce qui a été fait l'année précédente et des attentes de ceux qui y furent concernant le travail à faire, une présentation de ce qui sera fait cette année et comment, nous voila partis viellant. Vielle saint gris ! le Luc nous sort un ovni (Objet Viellistique Non Identifié), dont il a oublié le nom du facteur et dont nos expériences communes peinent vainement à découvrir le nom. Un tour de roue. Malheureux ! ça vous vrille un tympan comme une craie sur tableau noir, l'engin… Luc, sans coton et sans colophane, se lance dans un réglage, car aucun des présents ne se sent l'âme assez "aventluthière"pour tenter le coup. Nous ne le reverrons plus que pour l'Auberge Espagnole.

Alors, que nous sommes entre gammes et coups de chien, nous recevons la visite annuelle et toujours joviale de Michèle du Morvan. Elle sort une nouvelle vielle, ce qui nous fait dire que Michèle a autant de vielles qu'un chien de puces, un Qatari d'équipes de foot (une spéciale Serge et Pascal). Le Musée de la Vielle [NDLR : le Musée des Musiques Populaires, sis à Montluçon, possède une collection de vielles, mais un musée exclusivement consacré à l'instrument reste à créer : à Agde ?] va finir par avoir une concurrente de choc, si ça continue à ce rythme !
18h sonne, c'est l'heure du Bruno ; le voilà qui arrive. Une partie du groupe le suit, l'autre continue les exercices du premier atelier, ça tourne comme on dit en viellerie. Dans le lointain, on entend couiner la vielle à Luc, qui continue son opération à plumier ouvert. Je reste avec le premier atelier, pour aider ceux qui s'y escriment. Puis, comme je sens chez Sylvia et Michèle l'irrépressible envie de discuter du festival d'août, je laisse ces seigneuries parler de l'Anost Unique et rejoins le deuxième atelier.

Sylvia raconte l'Anost Unique © Jérôme

Ils y déconstruisent dur, les gaillards. On y change les traditionnels appuis 1-3 pour du 2-4 et autres appuis moins conventionnels et plus ardus à attraper. Nous voilà partis pour une bonne salade de coups de poignets, c'est brouillon mais, pour sûr, avec du temps et de l'ouvrage, ça devrait le faire. Bruno nous assure que le jeu en vaut la chandelle et nous promet des transes schamaniques en rythme gnawas, la transmutation du vil vielleux en derviche tourneur. « Par les c… de Dionysos ! », comme disaient les premiers Hellènes du comptoir agathois, « nulle Phocée n'est infranchissable à qui veut » (voilà j'ai mon quota de blague France Cul).

Pascal arrive, suivi de Patrice, notre désormais cloche de la bouffe ; nous nous attablons autour d'un éclectique et goûteux repas. Luc, pour l'occasion, nous a apporté une ratatouille bio qui réjouit les papilles de ses goûteurs successifs. Rapidement, les conversations enflent, ça tchache de tout, dans tous les coins, à la vas-y-comme-je-te-pousse, à la méridionale en quelque sorte. On fait connaissance, on échange sur tout et surtout sur la vielle. Un moment solennel, nous levons nos verres à ceux partis et à la session qui vient. Gilles nous parle cotisation, Luc nous narre ses projets de jardins sur lesquels il travaille depuis de longues années, Don Jibé découvre le pot aux roses que nous lui avons concocté cet été avec Kevin Bouffard, Sylvia nous raconte ses pulsions de lutherie nomade intitulée "Vielle faire un tour dans ma caravane, tu verras, ma roue pète". J'en oublie, tant il y eut de sujets et de bruit. Cependant, Don Jibé eut droit à sa comptine du Pèr' Priez, dont il est un inconditionnel. Cette fois-ci, partie sur Reims et le champagne, l'historiette se permit un crochet par les envahisseurs iraniens qu'on appela les Alains, à défaut de pouvoir les nommer correctement en iranien (je déconne).

Ratatouille bio et historiette sans ogm © Jean-Brice

Une fois repus, l'atelier confirmé. Un atelier un peu éclaté au début, car on profite de conversations pour s'éclipser les uns et les autres. Ainsi, Pascal et moi filons à l'anglaise, pour rendre un culte viellant à Stappleton, dont le "The almond and the olive" nous fait fondre de plaisir. On se rassemble autour d'un nouveau morceau, une chapeloise, que nous baptisons "La Chap' à Pat'" (prononcer Tchâpapaät, avec un accent bougro-ougrien). Ça mouline, ça sue, ça écoute, ça répète. De mon côté, je picote, besogneux, pour ne pas perdre mon triple Fa, c'est la crise. Bruno se demande comment déconstruire, Pascal pourrit les enregistrements des phrases par des accords incongrus, Don Jibé et Marie travaillent de concert, Sylvia se désespère mais se rassure en pensant à la caravane, appuyée sur sa vielle.
En fin de soirée plus qu'avancée, on sent que cette nouvelle année paratgeaire s'annonce motivée, nous nous quittons jusqu'à la prochaine.

Proverbe de septembre : "La vielle à bois, la caravane reste". À méditer.


Pierre.


Nota bene : depuis la victoire de Montpellier au foot, nous avons perdu Sergio dans les limbes. Sergio, si tu nous entends, on t'attends !

Les vielles de Serge et de Pascal...
prêtes pour la reprise du championnat © Mhsc  










lundi 24 septembre 2012

Hurdy gurdy heritage

Tu veux apprendre la vielle à roue, mais tu trouves qu'Agde est trop loin sur la carte de France ? Après nos articles sur l'application Hurdy gurdy pour IPhone ou la vielle à roue sur PSP, notre rubrique La veuve poignet arrive une nouvelle fois à ton secours. Enfin, Blake Robinson, surtout, c'est Lui le Sauveur pour toi. 
Le bonhomme, doué sur le clavier (oui, mais lequel ?), a construit une machine virtuelle qui va te permettre de te familiariser avec l'instrument dont tout le monde rêve, sans lever l'assise de ton fauteuil. En sirotant un thé, même. 


Sonokinetic est la solution pour les amateurs de belle musique à bourdons, de manivelle qui ne grince pas. Cette invention existe même pour le vilain instrument que certains gonflent avant de gonfler leur entourage. Merveilleux, isn'it ?

Cerise sur le gâteau, avec ce système diabolique installé sur ta bécane, tu évites un déplacement anti-écologique sur l'île d'Agde, ainsi que… les blagues de certains vielleux du Paratge, pendant l'auberge espagnole !


Pascal.

vendredi 7 septembre 2012

Vielle Siorat à vendre !

Cet article implique une bonne et une mauvaise nouvelle.
Comme le suggère la tradition, commençons par la mauvaise : Sophie se sépare de la vielle à roue. Trop engagée dans l'étude de l'accordéon, elle ne parvient plus à consacrer le temps qu'elle souhaiterait pour les chanterelles et les bourdons de l'instrument sans soufflet.

La bonne nouvelle — mais lorsque l'on dit cela, le cœur se serre —, c'est que sa magnifique vielle Siorat est disponible pour le jeu d'un autre musicien !

Il s'agit d'une très belle Siorat électro-accoustique, fabriquée par le luthier en 2006 (l'année du coup-de-boule de Zidane — mais cela n'a probablement aucun rapport).
L'instrument est muni d'une corde trompette (en do), d'une mouche (en sol), de deux chanterelles (en sol et en ), d'un gros bourdon (en sol), d'un petit bourdon (en do), et de six cordes sympathiques. Mais, bien évidemment, l'accordage peut être modifié pour un jeu dans des tonalités différentes. 










Vielle Denis Siorat 2006 © Sophie

C'est quand même la célèbre vielle à roue sur laquelle joua Sophie lors d'une paire d'abordages sonores avec Le Paratge des Sirènes, qu'on se le dise !
On peut voir et essayer cet instrument, sur le département de l'Hérault, voire au long de la route de Montpellier à Toulouse, que Sophie emprunte régulièrement, en fredonnant "Grunsharsko" ou "Domino" avec son autoradio.

Prix : 3000 euros, avec son étui rigide et son étui souple.
Contact : leparatge [@] gmail.com


Pascal.

mardi 4 septembre 2012

L'Écho des Sirènes, juillet 2012

© Pierre Tissot
Extra Paratge bonus hors-les-murs, en les jardins de Clapiers du sieur Marc et de sa dame, Kakin, qui nous accueillaient pour une session estivale avec paella maison au dessert.
Arrivés les premiers au contre-la-montre du jour, Sylvia et Jérôme, effectuant pourtant un détour pour ramasser l'équivalent de deux camions d'abricots qu'ils distribuèrent plus tard, dans la soirée, comme s'ils multipliaient des pains — pour des joueurs de vielle, ce n'est pas une gageure ! À quelques secondes près, en régional de l'étape, notre propre dossard passait la ligne. Malchanceuse, Marie fut retardée par un coup de fringale dans les derniers hectomètres ralliant le final par des chemins bis qu'aucun gps ne saurait imaginer. Ce n'est qu'à la tombée du jour, que Pierre nous rejoint, avec la voiture balais, peut-être, mais au courage et avec une magnifique tunique aux couleurs du Paratge — que ne renierait pas Federico Bahamontes, qui fête ses quatre-vingt-quatre balais ce jour d'hui —, arborant une sirène qui, si elle ne fut ni blonde, ni fausse blonde, s'avérait une bien réelle brune à reflets roux, ce qui le fait grave sur le poitrail de notre dessinateur.

Adonc, chaleureusement reçus par Marc et Kakin, qui nous invitaient en leurs magnifiques lieux, nous commençâmes, Sylvia, Marie et moi, par quelques échanges d'instruments : surtout Marie, qui testa sa dextérité sur la brillante Kerbœuf de Marc, puis sur Son Altesse Sérénissime, notre "Tati" Grandchamp.

Marie et Son Altesse Sérénissime © Pascal

Puis, c'est avec Marc, vêtu d'un tablier de cuisinier en chef pour faire croire que c'était lui le leader de l'équipe du jour, que nous eûmes le plaisir d'entamer un atelier très technique et ambitieux : désapprendre à Marie et Sylvia la position de la main droite sur la manivelle et la vision du coup-de-trois en rapport avec le nombre Pi et ses variantes. Pour ce faire, nous nous appliquâmes à marteler du coup-de-deux, sans déroger, faisant de l'art du marcher au pas et du tic-tac du métronome deux repères universels élevés à titre d'exemples. Notre petit côté antimilitariste et l'envie de lancer contre un mur tout métronome qui traîne dans une salle de conservatoire revenant au galop (d’hippocampe), il fut, néanmoins, encouragé à gonfler ces coups-de-deux par des triolets ou quatriolets appuyés, voire revendicatifs. À cet exercice, Marc, par expérience, nous voyant venir de loin, fit quelques tours avec zèle sur son instrument, avant de retourner à son combo cuisant ; initiative que nous louâmes, au moment de piocher dans nos assiettes (cf. le compte-rendu de Pierre, qui suit). Durant une paire d'heures, Sylvia retrouvait de vieux souvenirs enfouis du temps où elle faisait ses classes au cœur de l'Auvergne folklorique. Sous notre insistance, elle lâchait même la main droite, pour de virulents mitraillages. Pendant que Marie se disait, secrètement, et malgré que nous célébrions la Journée internationale de la destruction des armes légères, que si elle avait un instrument digne d'une vielle à roue, ça mitraillerait dans tous les sens, du trois, comme du quatre ou du six !

Entre coups-de-trois et timides coups-de-quatre, on se la raconte : on évoque St-Chartier-sur-Ars qui arrive, Anost qui tarde, on dit un peu de mal (et beaucoup de bien) sur nos luthiers, on se refile le tuyau sur la colonie de vacances spéciale fabrication de vielles qui s'organise dans le Centre France, on se suggère un stage avec un grand pédagogue ès-vielle au mois d'août à Rodez : l'idée du jour étant d'inscrire le jeune Kevin Bouffard, pour ce stage mené par Jean-Brice ! C'est alors, à l'heure où, habituellement, chaque premier mercredi du mois, Pierre se félicite de surveiller un Patrice qui ne saurait tarder vu que les plats du jour fleurent, que ledit Pierre se pointe, à son tour, babines pourléchées avec la même faim que son illustre maître ténor.

Pascal.



Assurer l'intérim pour Patrice a plutôt du bon. On sue, on en chie pour trouver le lieu de la répèt (ce qui fut son cas, lorsque nous changeâmes de lieu à Agde pour passer de la Perle Noire au Pôle des métiers d'art), mais après c'est la joie. J'ai bien tourné dans Clapiers mais, à l'arrivée, une charmante gentilhommière avec des hôtes tout aussi charmants. Je retrouve le pack Paratge, déjà attablé, et les ami(e)s de Marc venus prendre un bon repas et une relaxation des nerfs auditifs (je ne sais si écouter des exercices de vielle a quelque chose de relaxant). Nous papotons (voir plus haut, pour les sujets). Je m'attarderai plutôt sur les nourritures terrestres, et en cela je rejoins mon Patrice, maître es-papilles et rétro-olfaction ; une succulente paella qui nous arrache des ho et des ha, je n'ose un comparatif de peur de paraître manquer de tact, heureusement Jérome, notre amphitryon du Paratge d'octobre 2011, loue les saveurs du plat (en-effet, la paella marcienne vaut la paella de Gallargues, c'est dire en terme de qualité). Le tout accompagné de vins dont j'ai oublié le nom, mais pas le goût. Pour que celles du fond baignent jusqu'aux gencives, un petit assortiment de gâteaux de la mèr' Sylvia.

Je m'attendais à entamer une bonne digestion, que nenni, nous voilà propulsés sur le perron de la maison, en pleine lumière, pour quelques morceaux qui ressemblent à un rite initiatique paratgeaire de Marc (et les voisins de se demander quelle est cette étrange secte de gastronomes tourneurs). Ça couine, ça grince, ça monte et ça descend, tout ça pour le plaisir de nos auditeurs, dans l'ombre, dont nous entendons les applaudissements à défaut de les voir. Marc nous présente sa  Kerbœuf  (un luthier pour le moment absent de nos rencontres), ou plutôt Pascal nous présente la  Kerbœuf  de Marc. D'ailleurs, Pascal est en verve et en forme, et cette bonne humeur de farfadet semble s'être transmise à la paratgie vespérale. Les Marie, Sylvia et Marc semblent prêts à bouffer du lion pour la session 2012/13 de nos rencontres.

Tant mieux, espérons que cette cession permettra à Marc de nous rejoindre, d'autant qu'à parler des arrivées probables, il faut, pour clore cet Écho, parler d'un autre départ ; celui de Sophie qui, ne pouvant assurer un double travail (vielle-diato) sous peine de schizophrénie musicale et pour d'autres raisons, préfère lâcher la manivelle pour le doux contact de la nacre. La mort dans l'âme, pour elle et pour nous, puisque comme elle l'a si joliment dit « le Paratge, c'est un peu une famille ». Cela dit, même quand on s'en éloigne ça fait toujours plaisir à son ancienne parentèle à roue de recevoir des nouvelles de ceux ou celles qui sont partis vers d'autres horizons et/ou d'autres occupations.

 Pierre

vendredi 31 août 2012

La vielle-guitare George

Nous évoquions, à l'occasion d'un article consacré au vielleur Spencer Tracy, la vielle à roue qui apparaît dans le film "Captains courageous" où l'acteur tourne la manivelle lors d'une scène d'anthologie.
Ce film a longtemps erré dans les souvenirs de Graeme Mc Cormack, un musicien talentueux et un peu fêlé du bocal. Désireux d'acquérir pareil instrument, l'homme entreprit de le construire, car trouver une vielle quelque part sur la planète ne lui semblait pas plus simple que de s'enfermer dans son atelier avec ses outils. 

George © Graeme Mc Cormack

L'instrument terminé, nous avons, sous les yeux, une vielle pas déplaisante à regarder, avec son corps de guitare recyclée (l'inverse nous laisserait songeur). Notons, tout de même, que l'instrument est bien équipé en cordes, comptons-nous, par exemple, trois chiens bien rangés sur le bon côté, et quelques sympathiques, de l'autre.
Comme une grande dame ayant un peu écrit, jadis, sur les traditions musicales autour des instruments à bourdons, cette vielle à roue est prénommée... George.


Pascal.