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mercredi 5 décembre 2018

L'Écho des Sirènes, novembre 2018

© Pierre Tissot
Sur le pas de la porte du foyer rural, je trouve, en ce premier mercredi du mois de novembre, notre Alain, venu d'à côté, et… Ana, que le petit Pablo, tout à ses cubes, a daigné laisser répondre à l'appel des sirènes.

Nous devisons gaiement, lorsque pointe le nez d'une voiture de ministre, allant d'un train de sénateur, sur le bitume du parking. S'en extirpe, casquette vissée, Jibé, qui nous présente fièrement son nouveau bolide. Puis, en maître de cérémonie, il nous guide dans les couloirs jusqu'à la salle et ouvre la session.

Nous sanglons, comme des cinglés, nos instruments, et nous entamons le premier atelier. Entre deux révisions, Jibé évoque les Anglais ou l'anglais, enfin, quoiqu'il en soit, sans doute attirée par les écorchés de th, de r, de w, apparait, dans l'encadrement de la porte, Magdalie. Après une mise au point sur les morceaux à travailler, nous relançons les roues. Ana essaie de coller au peloton, Alain zigue-zague, Jibé sprinte, Maha Galie profite de l'aspiration, et je pédale dans la semoule (y avait-il un prescience d'un futur gilet à défaut de maillot jaune ?).
Puis, profitant d'une pause, Jibé nous parle d'élèves à propos d'un ancien projet d'école, la porte s'ouvre, Marie entre et un doute m'étreint soudain : don Jibé serait-il — à l'instar du Juan, dont il usurpe la titulature— descendu aux enfers pour y acquérir un maléfique pouvoir ?
Une blague sur l'aquaponey détend l'atmosphère, d'autres la suivent tant le paratgeaire aime blaguer. Bref, de cheval en hulotte, nous attaquons "Le Hibou", avant de faire une partie de "Domino". Il y est question de teneur et de chien.
Alors que nous soufflons un peu, Jibé évoque Chougnard, et ce que sont devenues les vielles d'antan, quand on entend la porte qui nous livre Max (celle-là, il faut dire que j' l'ai pas volée !). Son apparition me tourneboule, me stupéfait, me fige, Jibé n'évoque pas, à présent pas de doutes : il invoque. Le travail reprend.
Pour tenter le diable — avec qui nulle cuiller ne présente de queue assez longue pour partager un diner —, Jibé lance une histoire de bouffe pantagruélique et de Saint-Chartier avant J.-C., le tout en latin de cuisine. Apparaissent alors dans une nuée de soufre, crâne brillant comme des chromes de Harley et cheveux en panier d'étoupe, Pat et Pascal !!! Après ça, pour être juste, impossible de jouer Faust.

Le lugubre foyer rural de Tourbes, avec Marie qui attend devant ? Pas vraiment.
Mais alors, quel est le lien entre cette photo et cet article ? © Anonyme

Le cercle des sorciers et sorcières est alors au complet, ne manque à cette œuvre digne de Goya (pas Chantal, l'autre) que le grand barbu*, grand commandeur des apéros impromptus. La maléfique sarabande des vielles reprend son tintamarre.
À la lune rousse, les chiens hurlent, les diavelliques lancent leurs moulins et leurs antédiluviennes mélopées en une « hétérophonie ornementale ». Suivent les agapes, après que les instruments du délit soient rangés en leur besace ou autre coffre. Enfin, repus, les ensorceleurs regagnent leurs carrosses et charrettes, abandonnant le lieu de leur grand messe, et se dispersent dans la nuit, avec force ricanements. Certains disent que c'est en souvenir de leurs chapelets de bons mots dont ils égrènent leurs rencontres. Allez savoir ma bonne dame, quand la blague s'abat…



Pierre

* La barbe, après la lunette de toilette, les cacahuètes de comptoir, les pièces de monnaie et le clavier d'ordinateur est des plus insalubres, c'est pas moi qui dit, c'est celle qui ne doit pas être nommée.

mercredi 7 novembre 2018

L'Écho des Sirènes, octobre 2018

© Pierre Tissot
C’est la rentrée du Paratge 2018 dans ses murs, ceux du foyer rural de Tourbes depuis bientôt un an. Mais aujourd’hui, il y a un pré-Paratge, et pas des moindres : en effet, le matin à 9 heures, Jean-Brice et Magalie passent devant Monsieur le Maire, et ils ont même un témoin : Monsieur Jacques Cress, président du dit foyer. JB ne fait pas les choses à moitié : à bord d’une rutilante voiture noire de ministre flambant neuve, il remonte la rue de la mairie en sens interdit sous le regard médusé d’autochtones interloqués. Après force manœuvres de stationnement, il sort enfin au grand jour, brandissant plusieurs exemplaires d’un dossier dûment compilé pendant la nuit : l’avant projet de la fête des 10 ans du Paratge à Tourbes, le mercredi 1er mai 2019.

Les 10 ans du Paratge : c'est par là ! © Jean-Brice


L’entrevue avec Christian Jantel est fructueuse, et après des échanges experts sur l’organisation et la logistique, le Tourbain, la Tourbaine, et le Bittérois (mais pas la Bittérenne) ressortent de la mairie avec la bénédiction de son édile. Direction l’église, puis déambulation pour repérage dans les ruelles et placettes de charme et au parc-scène via le marché, avant un café au café sous les platanes centenaires. Un dernier saut jusqu’à la salle des fêtes, communément appelée foyer des campagnes dans la région, où l’on retrouve d’ailleurs le maire affairé, mais qui aimablement nous présente le lieu. En ressortant, il est presque midi. On pourrait aisément profiter de ce beau village jusqu’à 16h30, heure de Paratge. Il reste bien plusieurs restos et bars à vin à visiter, mais le déjeuner, communément appelé dîner dans la région, attend dans les pénates respectives. Alors, à tout à l’heure !

Il est 16h40. Pas de JB ni de clé à l’horizon du foyer rural, devant lequel sont postés Alain, Magalie, Julie et ses deux fils jumeaux de 11 ans : Gabin et Raphaël. Eh oui, les plus jeunes recrues du Paratge sont là. Lors d’une sortie pédagogique de septembre avec le collège de Roujan, ils ont entendu un vielliste (Jean-Marc Parayre) jouer de son instrument dans une chapelle près de Bédarieux. Et ce fut la révélation ! En rentrant chez eux le soir, ils ont annoncé à leur maman :
« On sait ce qu’on veut faire dans la vie : de la vielle à roue ! »
— Vous êtes sûrs que vous ne préférez pas faire de la guitare, ou du piano ? Ça, je pourrais vous trouver des cours. »
Les fistons n’en démordant pas, Julie s’est alors souvenue qu’elle connaissait tout de même une énergumène tourneuse de manivelle : Magalie, sa collègue.
« Magaliiiii ? Au secours ! Devine ce qui m’arrive : mes fils veulent jouer de la vielle à roue !! Mais qu’est-ce que je peux faire…?! »
Téléphoner à Jean-Brice, qui invita ces deux urluberlus-qui-ne-peuvent-pas-faire-de-la-guitare-comme-tout-le-monde-non-mais-alors au Paratge d’octobre pour leur initiation.

16h42, les vielles Havond déboulent dans une fourgonnette des Cuisines de Provence. 16h45, telle une diva au retard calculé, la voiture noire étincelante fait une entrée lente et majestueuse dans le parking du foyer. Après force manœuvres de stationnement, Jean-Brice s’en extirpe en justifiant avec conviction son retard et les dimensions de son nouveau véhicule.

Le premier atelier démarre façon leçon numéro un : assis et impressionnés, nos deux pioupious sont prestement harnachés d’une vielle d’une taille juste au-dessous de la leur. Puis, le précepteur dispense les premiers enseignements, sous le regard attentif du luthier. À l’autre bout de la frise chronologique, Alain en profite pour revoir les bases. Un autre Alain arrive. C’est le papa. Magalie prend des photos de familles pour le blog et la postérité. Qui sait ? Peut-être assistons-nous là aux premiers tours de manivelle d’un futur Patrick Bouffard. Peut-être dans 40 ans les frères Blad supplanteront-ils les Guillemain dans la célébrité…

Face au précepteur, au luthier attentif, ainsi qu'à leurs parents, 
Gabin et Raphaël font leurs premiers tours de roue © Magalie


Malgré le poids des regards et de l’attention de tous ces adultes, nos deux néophytes émettent leurs premiers sons avec brio, c’est-à-dire sans évacuation immédiate du local par ses occupants. Gabin pousse un peu le chien à aboyer, et confie à Magalie que c’est ce qu’il préfère dans la vielle. Après une bonne demi-heure d’entraînement, l’initiation prend fin. Julie s’accorde avec JB pour des retrouvailles. Les vielles s’accordent pour l’atelier des adultes.

Bientôt, Marie arrive, talonnée par Pierre. JB fait une première annonce sur l’avancement du projet des 10 ans du Paratge. Attention, ça va gazer ! Il faut bosser dur, tout le monde ! Allez, au boulot, tout de suite, et qu’ça saute !
Malgré l’hilarité déployée d’un Pierre très en forme, on attaque avec un sérieux inhabituel les arrangements d’un premier morceau : "Derrière chez nous". La discipline est de rigueur : Alain, qui tourne sa manivelle pendant des explications, est envoyé au coin. On reprend : on se met d’accord, on note, on répète, on enregistre. Un moment rare de Paratge, sans brouhaha, chahut, effusions sur les résultats du rugby, ni effluves de vin rouge. Mais que se passe-t-il ? Seule une tablette de chocolat collective disparaît à la vitesse de la lumière en face de Magalie.

À peine Alain a-t-il réintégré le cercle que Pascal arrive, avec une heure d’avance. Il n’a pas fini la distribution circulaire de bisous qu’il se trouve interpellé (sans doute par quelque jaloux) sur la bactériologie de la barbe. Bien que le sujet n’avantage point la plupart des paratgeaïres, on disserte allègrement sur ce constat alarmant : les barbes partagent avec les lunettes de wc le même nombre et le même type de bactéries. On se dévisage : plus de la moitié de notre assemblée est barbue ! Ce n’est plus un Paratge de foyer rural, mais un partage de foyers infectieux ! Seuls Marie, Magalie et Jean-Brice se tirent à bon compte de la discussion, Jean-Brice avec un léger mérite en plus.
Max arrive. Ouf, il est rasé de près ! Mais bon sang, il a pourtant quelque chose de semblable… Ça y est, Pascal, aux lunettes aseptiques, met le doigt dessus : « Tu as le même t-shirt que Thierry ! » Une marque sportive a encore frappé ! Sans doute par souci d’harmonie visuelle, Max va s’assoir à côté de Thierry. Après les jumeaux Blad, les jumeaux Décathlon sont au Paratge !

Dissertation sur le mérite (ou non) de ne point porter la barbe © Magalie


Bon, après toutes ces digressions, glabres et velus remettent la main à la manivelle, JB aux manettes. On refait un tour derrière chez nous, puis on s’arrête au "Bal au Francese". Avec componction, JB note sur un calepin le déroulement des parties à exécuter par les (H)uns et les autres.
Aïe aïe aïe, voilà que Pierre relance la rubrique nécrologique, stoppée depuis quelques mois. Le Français du bal se fait plaquer, et une partie de l’équipe entame "La Bohème", mais pour quelques secondes seulement. En effet, l’évocation d’un match de rugby expédie l’hommage, et la discussion reprend de plus belle depuis les tribunes du palais des sports de Béziers, pendant que tout le reste de la compagnie s’égaye par binômes dans des palabres diverses.
Marie attend. Calepin à la main et yeux rivés sur les deux trublions, elle retient un soupir. L’heure de colle va bientôt tomber. Heureusement, on finit par reprendre nos esprits et nos manivelles avant sanction, et on part faire un tour vers "Paris et ses scottishes".

Pierre et Pascal, bohémiens-cathares du Paratge  © Jean-Brice


Arrive le point de non retour, quand Thierry ne tient plus sans vin rouge ni pâté. D’un bond, il nous entraîne tous dans son élan vers le réfectoire du monastère. Le transfert s’opère en moins de 30 secondes. On redistribue quelques tables, et nous revoici en posture de banquet autour d’emballages épars qui tournent en boucle. Ce soir, point de conversations ni plaisanteries privées entre quatre yeux ; tous les regards sont sur Jean-Brice, qui rend compte solennellement de l’avancement du projet des 10 ans du Paratge. Tout le monde écoute avec une certaine gravité.
Il faut dire qu’il y a de l’ambition : jouant des coudes avec les festivals du Son Continu et d’Anost, Tourbes est en passe de devenir THE rendez-vous incontournable de la vielle à roue en Languedoc le 1er mai 2019 : passa carreira, concert conté et chanté dans l’église, bœuf tout le midi à la terrasse du café, atelier du luthier, formations réduites dans la cour de l’ancien castrum, concert et balèti au parc Anglade, musiciens formellement invités, affiche officielle par notre maître dessinateur professionnel, j’ai nommé Pierre, etc. On ne sait plus qui, du bon vin ou du programme, commence à nous faire tourner la tête. Quelques réserves sont proférées quant à la popularité de l’événement. Un terrain d’entente est trouvé pour pouvoir assumer un éventuel flop sans avoir engagé trop de gens ni de sous. Mais c’est sûr, ça va être une fête magnifique.
Le temps d’une journée, Tourbes va se transformer en monde merveilleux de la vielle à roue. Le décor est déjà là, il n’y a plus qu’à lâcher les talents multiples des paratgeaïres dans les rues et la convivencia, la joya, et l’amor feront le reste.

C’est la fin de la rentrée 2018 du Paratge dans ses murs, ceux du foyer rural de Tourbes depuis bientôt un an. Mais aujourd’hui, il y a un post-paratge, et pas des moindres : en effet, ce soir aux alentours de minuit, Pascal et Magalie passent devant la mairie, déambulent dans les ruelles et les cours médiévales secrètes que cache le village derrière la façade du quai. Invisibles et affranchis de la lumière du jour, les deux paratgeaïres glissent de porche en fontaine, déchiffrent les pierres et tutoient les âmes de quelques ancêtres à la lueur des luminaires d’un ciel d’octobre estival.
Dans la nuit s’esquissent les silhouettes des compagnons de bonne fortune : ici se tiendrait Thierry et sa lutherie, là jouerait Marie et sa suite, là encore habiterait Magalie derrière une fenêtre à meneaux du XVe siècle, devant laquelle elle pourrait enfin rédiger ses articles pour le Paratge en calligraphie à la plume d’oie.
Pas une ombre au tableau ; tout est à sa place. La subreptice découverte du Tourbes nocturne s’achève comme il se doit près du chevet de l’église, d’où une fois encore les volutes des palabres ne se dissiperont sur le chemin des étoiles que fort tard dans la nuit.


Magalligrafa Plume-d'oie.

mercredi 10 octobre 2018

L'Écho des Sirènes, septembre 2018

© Pierre Tissot
L’autre jour, au super marché, j’ai croisé Jacqueline.

Elle se précipite vers moi, cheveux dressés sur la tête, œil bleu plein d’étincelles. Jacqueline est de l’inattendu et le cœur ouvert à deux battants. Je la classe parmi les créatifs… inclassables.

—  Mardi soir… concert chez moi à 19 heures… Vous viendrez ?
—  Concert de quoi ?
—  De vielles à roue.
—  Quoi ? De vielles à roue ?

Mardi soir, on entre dans le jardin plein de poteries et de sculptures.
Déjà du monde.

—  Bonsoir, bonsoir. Embrassades.
—  Ah ! C’est vous ? Il y a longtemps qu’on ne s’était pas vu…
—  Comment ça va ?
—  Ça va… ca va…

Sourires du soir. Quelques souvenirs. Touches de cordialité apaisante. Frémissement des feuilles au passage d’un souffle de vent…

Les plats sur les tables déclenchent des réflexes de mâchouillis et de déglutition… Pizzas, quiches… cakes salés ou sucrés. La cordialité se situe maintenant au niveau de l’estomac. Le vin coule. Début de béatitude dans l’ombre qui gagne.


Début de béatitude dans l'ombre qui gagne © Tableau anonyme, début XXIe siècle


Quelques uns se détachent du groupe, montent sur la terrasse, armés d’un instrument à la gueule incroyable. Une chose lourdingue, bossue ou ventrue, on ne sait pas. Doté d’une manivelle pour la roue, qui va faire sonner le bourdon, et puis des cordes qu’on ne distingue pas bien.

Les dix vielleux s’assoient. Nous aussi, en contre-bas, absorbés par l’ombre des arbres.

Les vieux instruments se mettent en marche. On ferme les yeux. On entre dans une forêt de sons étranges, étrangers à nos oreilles. Mille sonorités des airs gais ou mélancoliques. Et les bourdons nous entrainent on ne sait où. Au loin… bien au-delà de nous-mêmes.

Je crois que ce soir là, les arbres aussi se sont mis à rêver.


Marie-Hélène Lopez

jeudi 4 octobre 2018

10 ans du Paratge · Fête de la vielle > #info1

Psssst…
Pssssst… Pssst…

Traînant dans les ruelles d'un petit village du nord de l'Hérault, hier soir, vers la minuit, nous entendîmes s'élever, des murs de la mairie et du foyer rural, les murmures de certaine discussion.

Nous dressâmes l'oreille…

Il se dit, qu'une fête se prépareune Fête de la vielle !

D'après nos écoutes discrètes, elle aurait lieu pour célébrer :

les 10 ans du Paratge

à Tourbes, tout près de Pézenas
le 1er mai 2019

Bourdons… concerts… apéro… bœufs… lutherie… blablabla… balèti géant…

Pssst…
Pssssst… Pssst…

Répétez-le autour de vous, en le chuchotant…


Le vielleur masqué

mercredi 5 septembre 2018

Robert Émile Vielles, instituteur cévenol

C'est la rentrée !

Rappelons-nous de ces années sur les bancs de l'école municipale, de notre enfance où nous n'étions, avec l'ami Georges, que « des paresseux, des lève-nez, des cancres, des crétins crasseux ».
Car, cette semaine, c'est la rentrée !

Et nous devons trouver un instituteur, pour diriger la classe de nos rejetons.
Un homme cultivé, bon et droit. Un sire de la pédagogie. Un patient parmi les calmes, riche de valeurs patriotiques et de bon sens, appliqué la craie en main, ferme et juste. Un vrai diplômé, qui n'ignore rien, ni de l’arithmétique, ni de la grammaire, qui connaît son Bescherelle par cœur, qui possède toutes les dates de l'Histoire de France en mémoire. Un garçon fort de ses sept années d'humanités, et qui sache également enseigner la gymnastique, le dessin et le chant folklorique. 

Mesdames et messieurs du Paratge, nous avons, il nous semble, le candidat parfait. Son dossier est là, déniché dans un vieux fonds poussiéreux, par votre serviteur, la semaine dernière, aux Archives départementales du Gard. 

Monsieur Robert Émile Vielles
né le 7 janvier 1897 à Saint-Jean du Gard

1919 Robert Émile Vielles, instituteur © Pascal Jaussaud

Libéré de ses obligations militaires, célibataire et dévoué à ses parents, royalement noté au-dessus de la moyenne par l'inspecteur primaire, son profil nous certifie la respectueuse mentalité de l'enseignant (il est Cévenol).
Brevet élémentaire délivré en 1913, son expérience de plusieurs mois dans sa localité natale saura lui permettre de s'adapter aux enfants les plus indisciplinés de nos effectifs (pensons à Fabien, Saint-Jeannais, lui-même, qui a bien besoin qu'un instit' un peu strict vienne lui tirer les cheveux).
Par avance, nous devinons qu'il saura également s'intégrer à l'équipe déjà en place : Marie, institutrice au niveau inférieur, Magalie, professeure dans le supérieur, toutes deux prêtes et volontaires pour accueillir avec sympathie et impatience leur collègue Robert Émile et travailler de concert avec lui.

Sur ce, comme le disait Enrico : « on peut commencer la classe, ça va encore finir en récréation ! »


Pascal