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dimanche 24 mai 2020

L'Écho des Sirènes, décembre 2019 à mars 2020

© Pierre Tissot
4, il y en eut quatre avant la trêve de confinés et le bondage national pour cause de « peste noire »*.

Quatre Paratges, dont les quatre échos se dispersèrent aux quatre vents ; quatre rencontres de vielles et de potes avec ceux qui viennent, ceux qui ne viennent pas ou plus, ceux qui voudraient bien mais ne peuvent point, les tous nouveaux et les désormais traditionnels de l'étape : la vielleuse aux mille noms, Marie l'amazone de l'aquaponey, Thierry de la « caisse à Havon » lutherie des tarasques, Don-Jibé de la Casanova, Pat et Pasc les doctes trad de Montpellier, Hubert des Hautes-Terres et votre serviteur dit, le gauchois réfractaire.

Ainsi, y eut-il ateliers diverses et variées auberges espagnoles multiples et arrosées, et blagounettes nombreuses et parfois avariées.
Tout ceci, c'était du temps du monde libre, encore que… Puis, vint l'épidémie de Cordes-Vides-19, la panique organisée, l'emmasquage total…


Grand nettoyage, avant la réouverture du Paratge © Pascal


Ont-ils survécu, y aura-t-il finale d'aquaponey, la gaucher est-il enfin devenu droitier, Pat a-t-il toujours la plus grosse… vielle, pizza Vietri livre-t-elle toujours à domicile, la roue va-t-elle tourner… ?

Vous le saurez, en suivant le prochain épisode de L'Écho des Sirènes !


Pierre

* méjugement de Salomon




lundi 6 janvier 2020

L'Écho des Sirènes, novembre 2019

© Pierre Tissot
Vroum, passant broussaille et rouvraies, par les routes de campagnes, je roulai à toute allure, voyant apparaitre par une trouée Tourbes.
Tournant à la croix, je rejoignai la troupe d'autres disant groupuscule de troubadours roublards adeptes de la vielle à…

J-B rouvrant le ban, dans ce trou perdu, j'ouïs à mon arrivée la roulée de coups de chiens et la roucoulade des voix ; coups de trois sur du trois-deux, coup de froid sur du trois-quatre. Dans ce Paratge, où l'on dérouille pour notre instrument roi. On déverrouille nos doigts, lentement on se grouille, on prouve et on approuve nos prouesses, dans le roulement routinier de la…, ça rouspette, ça rousquille.


L'interdiction incroyable sise sur le mur de notre Foyer rural de Tourbes © Jean-Brice

L'un propose un morceau, l'autre lui dit que ça ne vaut pas roupette, et nous voilà partis sur une chansonnette. Puis, au troisième round, on sort saucisse et viande roustie, quelques rouges, pains qui croustilles, camembert croulant, gâteau de Marie jamais roussis et, dans le brouhaha, on croûte.

Après le prout, chacun rejoint son terroir, évitant les roussins de bord route, et, se donnant blond, brun, chauve et roux, peu ou prou, rendez-vous au Paratge prouchain.

Combien de roues dans cet écho ?


Pierre



PS : la "Scottishe Tex" du Paratge :




mardi 19 novembre 2019

Une vielle Boudet à vendre
Ceinture et étui anciens à acheter

Deux annonces, cette fois !
Attention, soyez tout ouïe, comprenez bien l'objet de cette doublette. Le point commun, les deux propositions concernent le plus bel instrument de la planète Musique.


Tout d'abord, l'un de nos lecteurs recherche, pour habiller sa vielle Pimpard :
Un étui vintage rigide.
Une ceinture ancienne en cuir.
Deux objets rares, mais qui combleraient et le musicien, et la vielle à roue qu'il possède.
Si vous avez cela, contactez-nous, nous serons heureux de transmettre...
Contact : leparatge [a] gmail.com


Ensuite...
Voici les détails d'un instrument en vente actuellement. Une vielle qui a joué, qui a sonné mille diableries, puisqu'elle appartenait au président de La Bourrée Creusoise. C'est Jean-Brice, qui nous transmet l'info.

Vielle à roue Jean-Claude Boudet, meilleur ouvrier de France.
Fabriquée en 1982.
Table en acajou.
Caisse en palissandre.
Vielle ronde, odéal en accordage Sol/Do.
Six cordes.
Tête sculptée : femme à chignon Pajot.
Vendue avec son étui.




Prix : 4000 euros.
Contact : leparatge [a] gmail.com

mardi 5 novembre 2019

L'Écho des Sirènes, octobre 2019

© Pierre Tissot
L'Écho des Sirènes
>>>> n° 100 ! <<<<

« J’ai testé pour vous. »

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© Bruno Gomiero
Wow !

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Alors voilà, c’est la rentrée ! Le moment idéal pour vous choisir un loisir original, un loisir qui vous aidera à garder la forme ou à déployer vos talents artistiques cachés. Cette semaine,  «  j’ai testé pour vous » une activité tout à fait originale et rare, que je vous ai dénichée dans le petit village languedocien de Tourbes : l’apprentissage de la vielle à roue !

En effet, chaque premier mercredi du mois, le foyer rural résonne apparemment des joyeux bourdonnements et grincements de cet instrument méconnu mais pourtant bien de chez nous. Eh oui, côté originalité, j’ai voulu faire fort cette fois-ci ! J’avoue que j’ai dû mettre mes aprioris en sourdine et mon appli ononpaça en arrière-plan !




Renseignements pris, je me suis donc présentée ce mercredi 2 octobre à 16h30 pour la reprise de l’atelier mensuel de ce collectif du nom bien local de Paratge des Sirènes, animé par un certain Jean-Brice pour la première partie, celle où doivent venir les débutants. On m’avait dit qu’une vielle me serait prêtée et que je n’avais donc pas besoin de faire les brocantes avant (LOL) !

Bon, je vous le dis tout de suite : c’est pas du tout ce que j’imaginais.

D’abord, j’ai eu un mal de chien à trouver la bonne porte au rez-de-chaussée. Impossible d’allumer la lumière. Pour trouver un être humain, j’ai suivi des bruits un peu inquiétants de râle masculin. J’ai ouvert une première porte, mais me suis fait la frayeur de ma vie en tombant sur un immense barbu de dos en train de faire je ne sais quoi debout contre une table dans une bibliothèque. Comme j’avais mon iPhone en main, j’ai juste eu le temps de prendre une photo avant de refermer très vite la porte en m’excusant.

Un immense barbu dans une bibliothèque © Lady GaGalie

Je me suis précipitée contre une porte juste en face que je n’avais pas vue dans le noir, et cette fois-ci dans la pièce il y avait deux messieurs avec les fameuses vielles sur les genoux. Ouf ! Je leur ai expliqué ce que je venais de voir juste à côté, mais ils m’ont dit que c’était en fait leur luthier tout à sa petite affaire. J’ai commencé à avoir vraiment les jetons !

Après les présentations, je leur ai demandé s’ils pouvaient me faire une démonstration de leur instrument pour une vidéo sur mon blog. Comme ils ont fait une tête bizarre, je leur ai donné une partition que j’avais préparée. Voilà ce que ça a donné :


Deux messieurs avec des têtes bizarres © Lady GaGalie

Bon, comme j’ai constaté qu’ils avaient raté les cours de solfège quand il était encore temps, je leur ai demandé de me présenter un morceau de leur choix pour ma vidéo. J’ai eu alors droit à ça :


 Sghùjjtrgfmmnùrjürn pölka © Jean-Brice

Je me suis dit alors qu’il ne valait mieux pas rester là, et j’ai prétexté un WhatsApp urgent de mon webmaster pour m’échapper de cet endroit chelou avant qu’il m’arrive un truc grave ! J’avoue que j’ai été un peu surprise de cette expérience, et je me suis dit que ça ne pouvait pas être le joyeux rassemblement de petites vielles qu’on m’avait vendu au téléphone. Mais bon, quand je suis partie, les deux zigotos m’ont assuré que c’était super sympa juste après, et ils m’ont invitée à revenir au moment de l’auberge espagnole, à la nuit, dans la bibliothèque ! Au secours !

Alors, s’il y a des amateurs de sensations fortes parmi vous qui veulent tenter l’expérience, je vous recommande cet atelier, et surtout partagez avec nous ce qui vous sera arrivé.

Je vous retrouve mercredi prochain pour un retour « J’ai testé pour vous… » sur ma nuit d’Halloween dans les Catacombes. Ça devrait être drôlement moins flippant !

TSCHÜSS !

Cliquez là :


Lady GaGalie

mardi 8 octobre 2019

L'Écho des Sirènes, septembre 2019

© Pierre Tissot
Les deux appels téléphoniques de Marc m'avaient laissée perplexe. Qu'est-ce qu'il pouvait bien me vouloir, ce cher Marc, à 3 jours de la date de l'annuel et réjouissant rendez-vous, le Paratge clapiérois dans son jardin? Soirée programmée un an à l'avance, attendue par tous avec plaisir anticipé  : retrouvailles des copains, c'est la RENTRÉE !, promesse d'un buffet bien garni, de bouteilles forcément «  bonnes  », et puis, et puis, aahhh et puis LA MUSIQUE ! Et ces étonnants instruments d'un autre âge, tout en rondeurs, en cordes, en manivelles, (re)découverts et offerts chaque année aux béotiens ébahis que nous sommes : les VIELLES. Car ce fameux rendez-vous auquel nous convient chaque année Marc et Kakine, est avant tout rencontre entre 10 vielleux magnifiques et un public sympathique quoiqu' assez ignorant mais d'avance conquis.

Bon. On a retenu la soirée, on a répondu oui aux rappels de nos hôtes, alors quoi ? Ces appels de Marc ?? Un lézard ? Un truc qui cloche ? Meuh non ! Tout va bien. Mais... Tu connais le Blog  ? Ah non, tu savais pas ? Alors tu vois, c'est un blog qui rend compte de ce qui se passe autour de notre groupe de vielleux, et tout çà, (ah bon ? Oh ben c'est bien, çà !), et alors tu vois, l'année dernière, c'est Marie-Hélène L. qui s'en est chargée pour la soirée ici. Tu vois ? Zut, çà y est, j'ai compris, mais je le laisse s'entortiller dans ses explications. Alors bon, pour cette année, on a pensé, enfin quoi... Alors, tu serais d'accord ? (Moi ? D'accord  ? Ah mais non, pas du tout). Juste un petit truc, tu vois. Pour le blog. Un petit compte-rendu pas compliqué. T'es prof de français, hein, alors bon...
Zut et zut. Prof de français, ça ne me lâchera donc jamais, ce truc-là ? Et puis 1) je suis en retraite depuis belle lurette, moi  ! 2) est-ce que avoir été prof de français fait de moi un écrivain public, bon sang ?
Ô Marc, tu viens de me gâcher la soirée. Mais comment refuser quoi que ce soit à l'ami Marc ?
Alors va falloir que j'apporte un papier et un crayon, va falloir que je prenne des notes, va falloir que je retienne tout. Va falloir que je bosse, ô horreur. Et surtout, va pas falloir que je m'endorme, moi qui, passé 10h du soir, ne tient plus debout. (S'endormir ? non mais ça va pas ?) Et donc va falloir que je sois sobre, très sobre, car chez moi, du verre au sommeil, il peut n'y avoir que quelques minutes...

Ce soir-là sent encore l'été dans notre silencieux et quasi-désert village. L'air est doux, tout est calme. Trop calme. On se serait trompé de jour ? Mais la route de Vendargues est bordée de voitures et un léger brouhaha nous parvient, entrecoupé de rires et déjà de tintements facilement identifiables : des bouteilles, des verres... Nous approchons, les paroles se font plus nettes et on commence à distinguer les dernières nouvelles du front, les vacances, la météo, les enfants, les petits-enfants, les parents très âgés, les randos passées et à venir... Des histoires de genoux, de dos, d'arthrose, de mâchoire bloquée, de rétine décollée. Au secours ! Des Tamalous ! Vite, le vin, la bouffe !!
On y est. Embrassades, rigolades, régalades... C'est la fête.
L'ami Marc m'entraîne vers la terrasse d'où s'élèvent des accords cristallins. Je vais te présenter.
— Tiens Pascal, c'est elle qui va...
— Heu, plutôt tout à l'heure, là tu vois, on répète.
Ils sont tous là, nos vielleux, Pascal, Patrice, Jean-Brice, Philou, Marie, Thierry, Marc, Magalie, et bien sûr, notre hôte qui ne cesse de se dévaloriser injustement face au talent de ses amis... On leur doit à eux tous cette soirée qui, comme les années passées, va s'inscrire dans nos mémoires et inaugure notre nouvelle année, scolaire toujours, puisque c'est bien ce rythme-là qui à jamais marque notre division du temps.
Et déjà on ne peut plus s'éloigner, déjà on se remplit les oreilles des accords sautillants de quelque bourrée.

Dans le jardin, les rires et les conversations s'entrecroisent, s'enchaînent, se succèdent. On reconnaît aisément K. qui en a manifestement éclusé quelques uns, mais tu n'en parles pas, hein, me dit-elle. Raté. Mais K., t'inquiètes, tu sais bien que c'est comme ça qu'on t'aime, farfelue, excessive, explosive, créative, généreuse, dans ton atelier et dans la vie.

Paratge des Sirènes et son chef d'orchestre © Kakine

Maintenant la nuit tombe vraiment. C'est l'heure. On se presse sous le tilleul, sous le cerisier, on s'installe sur les sièges dépareillés, on enfile des pulls — on est quand même en septembre —, on est tous yeux, toutes oreilles grands ouverts. Un accord s'élève, vibre, emplit l'espace. Pascal, Marc et les autres se regardent, s'attendent, s'entendent, s'écoutent, se rejoignent, se répondent. S'accordent. «  Dans la musique japonaise, le temps d'accord fait partie de la musique  », lance l'un d'eux. D'accord. La musique s'enroule et se déroule au rythme des tours de manivelle, musique de début du monde (Néanderthal, de la vielle dans les cavernes ??) musique de nos ancêtres, paysans du Moyen Age, du XVIe siècle, musique des fêtes d'autrefois, bourrées, mazurkas, valse même plus tard.
Musique aussi de nos années 70 : Malicorne, la Bamboche, ça vous dit quelque chose ? Et on reconnaît les accents et les sonorités qu'on a aimés dans la période baba cool néo rurale de nos 20 ans.
Les morceaux se succèdent, résonnent les cordes, gronde le bourdon. Vielle de tous les temps, du plus lointain, à un passé moins lointain avec la "Bourrée à Aurore Sand", puis au présent avec la découverte de compositions contemporaines, un morceau de style andin avec charango. Vielle de tous les pays, Angleterre, Italie, Chypre... Vielle des fêtes et des réjouissances. Vielle des retrouvailles, de la convivialité, de l'amitié.

La nuit est tombée. Le ciel est clair et scintille des constellations familières. Un musicien annonce un dernier morceau mais les applaudissements et les rappels obligeront nos vielleux à nous en offrir davantage. Et ils s'exécuteront avec gentillesse pour notre plus grand plaisir.
Mouvements dans les rangs des spectateurs. On se lève. On propose sans conviction d'aider au rangement. Non non pas la peine. On a un peu mauvaise conscience.
Il va falloir partir et rendre au jardin de nos hôtes sa liberté et sa sérénité.
Les musiciens rangent avec soin leurs précieux instruments.
Quelques uns s'attardent. Un dernier verre. Une dernière rigolade.
On est encore envahis par les derniers échos des vielles.

Au fait, on a fixé la date, pour l'année prochaine  ?


Marie-José