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mardi 24 décembre 2013

Une vielle à roue dans "Le Pôle Express"

"Le Pôle express" est un film d'animation américain, réalisé par Robert Zemeckis ("Retour vers le futur", "Qui veut la peau de Roger Rabbit", "Forest Gump", etc.), il y a dix ans, et sorti en France en décembre 2004. Il s'agit d'une adaptation du roman "Boréal-express" de Chris Van Allsburg. Cet auteur n'est pas franchement connu du grand public, mais son œuvre se résume, aussi, à la publication de "Jumanji", en 1982, dont l'adaptation cinématographique, avec Robin Williams, fut un beau succès.

Aussi surprenant qu'un sautereau qui se retourne en plein jeu, une vielle à roue joue sous les dessins de cette talentueuse équipe de graphistes. Et si, dans le rôle principal, c'est Tom Hanks qui prête sa voix au personnage, la distribution ne nous renseigne pas, hélas, sur celui qui tourne la manivelle pour de vrai. N'en déplaise, gageons que c'est un peu le métrage auquel aurait rêvé de participer, pinceaux dans la pince et pommeau dans la paume, notre Pierre, doué pour les deux arts.

Dans cet extrait, la vielle apparaît par deux fois, jouée par une sorte de Woody Guthrie qui aurait accroché, sur son dos, non pas une machine à tuer les fascistes, mais un instrument à roue qui effraie les flocons de neige. Le musicien ne terrorise pas davantage, mais son arme (un beau calibre de Chougnard®) est bien plus redoutable que la Winchester du chasseur de "Jumanji" !




Si le petit garçon de l'histoire commence à douter de l'existence du Père Noël, qu'il monte dans ce train un peu mystérieux en direction du Pôle Nord, et qu'il rencontre cet instrument magique, il doit y avoir une raison qu'aucun psychanalyste ne saurait réfuter, non ?
Sans trop savoir que penser de cette métaphore, c'est un superbe dessin animé, unique en son genre, grâce à cette vielle à roue, dont on peut se demander, ou non, par quelle imagination elle se trouve et bourdonne là.


Pascal.

samedi 14 décembre 2013

L'Écho des Sirènes, novembre 2013

© Pierre Tissot
Et bien voilà, pour novembre, on va faire maigre.

Va falloir se dégourdir les nerfs auditifs, jouer des étriers pour percevoir L'Écho des Sirènes.

Et, au risque de passer par dessus le bastingage, Ulysse n'a plus qu'à tendre ses portugaises pour capter quelque chose.

Le bizutage de Thierry : Patrice pose son empreinte digitale sur la roue colophanée © Pascal

Pourtant, il y a eu foule, du Thierry de Tarascon, de la Marie biterroise, du Jibé, du Bruno, du Patrice en passant par Pascal, de l'indéboulonnable Sylvia, et j'en oublie sans doute. En bref, une belle brochette !

L'auberge espagnole fut, une fois de plus, un florilège d'échanges et de bons mots, de blagounettes, de blagounasses et autres délires. Et pourtant, tout est trop flou, à présent, pour que je puisse en faire une saine chronique.

Brochettes espagnoles et florilèges de blagounettes : l'art de la déconstruction © Pascal

Que dire…

Si, si bien sûr, nous eûmes trois ateliers forts bien fournis.
Un 16-18, avec exercices de chien, travail à jeun sur des bourrées et autres. Un 18-20, tout en déconstruction, avec du cinq temps en mission impossible. Un 20-22 et son 5/8 européen, et métronome pour caler tout ce beau monde.
Une sortie après repas, où on se sent lestés de travail fait et à faire.

20-22 sur 5/8 pour 6 : faîtes vos jeux ! © Pascal

Mais tous ces lâchages de têtes qui font la cerise sur vielle du Paratge, tout ça est enfoui et enfui. Une fois n'est pas coutume, je suis lapidaire.


Pierre



Pendant ce même mois de novembre, à Questembert, nos amis Denis Siorat et Marc Anthony, accompagnés par Gurvan Liard, créaient l'association Vielle à Roue en Bretagne, dont l'objet est de promouvoir et développer, par tous moyens et tout type d’évènement, la pratique de la vielle à roue (collecter la tradition et ouvrir sur l’innovation, favoriser l’apprentissage, soutenir la création, etc.).

À l'instar d'un Paratge des Sirènes en Languedoc, cette asso va organiser des journées de découverte et de pratique, ambitionne également de participer à des fêtes et rassemblements, et s'autorise l'idée de se déplacer pour des festivals tels que les Rencontres d'Ars, la Fête de la Vielle à Anost, le Festival de Combrailles, etc.

Vielle à Roue en Bretagne © Anonyme

Si, comme notre ancien paratgiste David, vous êtes dans ce coin de la France de l'Ouest, n'hésitez pas à contacter Michel Lemeu ou Marc Anthony, pour vous annoncer.

jeudi 5 décembre 2013

À vendre : des vielles Pimpard et Pajot

Vous recherchez la vielle de vos rêves secrets ? Une Pajot, une Pimpard, une Nigout, une reluisante Chougnard® d'époque ?
Cette page est pour vous. Ici, vous trouverez l'instrument désiré. La vielle à roue tant attendue. N'hésitez pas !
Mais attention, un seul conseil délivré par le Paratge des Sirènes avant le grand saut : une vielle, c'est comme un aquarium d'eau douce ; son entretien est un engagement impitoyable, la moindre erreur est fatale au biotope de l'instrument. Lors, vielleuse, vielleur, qui allez acquérir votre première boîte à roue, ne négligez pas les soins et les sentiments donnés à l'animale. Coton, colophane, changement de cordes le dimanche, huile d'olive bio pour la manivelle, bicarbonate de soude pour le clavier, redoublez d'attention envers votre nouvelle protégée. Ou alors, jouez de la cornemuse !
Testés au banc des vielleuses et vielleux du Paratge, voici les détails des instruments nouvellement en vente.

Et, ce mois, juste avant les fêtes de la Noël, deux instruments d'autrefois, cédés par des amis à notre chère Mère-Noël, la bien-nommée Sylvia.


Vielle à roue Pimpard
Année 1931.
Excellent état.
Richement décorée, marquée Jenzat.
Pommeau blanc, tête sculptée, marqueterie traditionnelle.
Avec son étui feutré de bleu nuit.



Prix : 4000 euros.
Contact : leparatge [a] gmail.com
Cathy — tél 06 89 39 74 91



Vielle à roue Pajot
Année 1874.
Totalement restaurée.
Très belle sonorité.
Mécaniques de banjo, cordes sympathiques, sobriété.
Accordée en Sol/Do (possible de la "basculer" en Ré).
Avec housse neuve et accessoires.


Prix : 2700 euros.
Contact : leparatge [a] gmail.com
Alain — tél 03 86 37 89 32 / 04 66 07 03 33
> Vendue !


Pascal.

mardi 12 novembre 2013

La vielle qui fait tilt

Vous aviez remarqué, dans L'Écho des Sirènes d'octobre, qu'un trio de vielleux semblaient buller pendant que les autres partochaient. Les trois cancres profitaient de l'inattention du groupe, pour lire quelque livre léger, pensiez-vous ?

Oui, mais non.
Bruno et Jean-Brice — on a les noms, de ceux qui… — découvraient un album, intitulé "Bonjour Bizu", où sont rassemblées trois histoires, les premières publiées par Fournier dans Spirou : "Pourquoi pas ?", "La vielle qui fait tilt", "La nuit du pou". Trois titres originaux, dans l'univers de la bande-dessinée des années pré-soixante-huitardes. La compilation est ensuite parue en 1982, dans la série Pêchés de jeunesse, chez Dupuis.
Bien évidemment, c'est la deuxième histoire que présentait Patrice, fouineur et cherche-vielle reconnu par ses pairs : des pages inédites dans l'iconographie viellistique, un scénario de vingt-six pages, au sein duquel notre instrument préféré tient le premier rôle !
Cette bédé, publiée en 1967, dans les numéros 1519 à 1531 du journal Spirou, est l'œuvre d'un jeune artiste de vingt-trois ans, Jean-Claude Fournier, admirateur de Franquin, avant de devenir son disciple.

Dans cette aventure, "La vielle qui fait tilt", le personnage principal, Bizu, accompagné par Mukès, un champignon facétieux, et par le facteur du canton, un homme rationaliste et terriblement urbain, se trouve en plein cœur du pays de Frotéliande (plus tard, en 1975, le cadre des histoires de Bizu prendra le nom de Brocéliande). La vielle à roue, amenée dans un colis par ledit facteur, est la source des convoitises de Schnockbul, un monstre poilu, qui fait pousser du flower power sur son passage, et qui collectionne les instruments de musique…

La vielle qui fait tilt — Fournier © Dupuis

Pourquoi une vielle à roue, et non un autre instrument de musique ? Fournier est Breton, il aurait pu dessiner une bombarde, une harpe celtique, un biniou kozh ! Mais non, c'est la vielle.
Une vielle qui finira avec un pavillon comme résonateur, ce qui nous oblige à nous demander si l'un de nos facteurs d'instruments préférés, Joël Traunecker, n'aurait pas été inspiré par les planches du dessinateur…

Avant ces premières publications, il faut savoir que Jean-Claude Fournier avait fait quelques tentatives pour être publié dans Spirou. En vain. Jusqu'à ce que Franquin le repère, puis lui fasse confiance. L'auteur vient alors de créer Bizu (l'étymologie vient du mot breton bizuth, "nouveau"), un garçon sans âge, poète, ermite et écolo (avant que ce mot n'existe), sonneur de biniou comme le montreront les histoires qui suivront les sus-citées. Plus tard, Franquin lui offrira la belle opportunité de lui succéder, en lui confiant la reprise des dessins de Spirou et Fantasio. 
Après les albums de Spirou et Fantasio (de 1970 à 1980), il créera la série "Les Crannibales" (de 1988 à 2003) — prix 2003 du scénario le plus prometteur, au Festival de la bande dessinée d’Angoulême —, puis, plus récemment, "Les chevaux du vent" (2008 et 2012). Toutes ces œuvres étant toujours publiées chez Dupuis.

Nous ne saurons peut-être jamais dans quelles circonstances Fournier rencontra la vielle — à moins que l'auteur ne vienne témoigner, ici-même… —, mais nous ne doutons pas un instant qu'il la connaissait bien, tant le dessin de l'instrument est réaliste. Nous sommes même en droit de nous demander (de fabuler) si ce curieux tilt !, que marque sa vielle, ne serait pas le craquement de la corde trompette ordonné par le coup-de-poignet…


Pascal

mardi 5 novembre 2013

L'Écho des Sirènes, octobre 2013

© Pierre Tissot
Je prie la petite poignée d'échosirènophiles, qui se sont tués les mirettes à trouver L'Écho de septembre 2013, sans résultat… nous avons décidé, pour ne pas faire une rentrée comme les autres, de sacrifier à la Rentrée, de proposer nos aménagements des rythmes circulaires : octobre serait le mois de la rentrée des Sirènes.

Dès 16h, l'ancien salon de coiffure résonnait à nouveau des conversations des "vacanciers", heureux de retrouver les bacs à shampooings, nos désormais bancs de nage du Paratge. En bon retardataire, j'y arrivai vers 17h, et fus surpris, dès les abords, par le timbre puissant d'un aérophone, sorte d'intrus dans le cercle des cordophones à roue résineuse. J'eus peine à entrer dans ce salon bourré comme une veille de fête, aux Sylvia, Marie, Jibé et Bruno, accompagnés du Sergio et sa schtroumpf à roue, s'ajoutaient deux nouvelles têtes : Thierry et Goody. Ce dernier, cabrette sous les aisselles, était le facteur de ce changement de timbre sur l'enveloppe sonore. Quant à Thierry, venu à Agde gde, de la lointaine Tarascon, non pour chasser le lion mais pour dompter le fauve à roue, il nous surprit d'avoir entrepris un si long périple pour rejoindre le Paratge des Sirènes. Nous n'étions, d'ailleurs, qu'au début, puisqu'il nous en réservait d'autres.

Au Paratge, il y a ceux (Marie et Serge) qui partochent… © Pascal

La còla était attelée à une série de bransles languedociens, souvenirs du passage de certains d'entre-nous à Cap' Découverte, dans le Tarn. J'en profite, d'ailleurs, pour remercier Danièl pour cette invitation et son accueil. Ce fut l'occasion, pour nous, outre d'enrichir le répertoire de nouveaux morceaux, de faire la connaissance de fort sympathiques vielleux de l'Albigeois. Espérons que nous pourrons mettre en place un échange, comme il en fut question, mais ceci est une autre histoire, revenons à nos cotons. Ce premier atelier était surtout l'occasion de se retrouver et d'accueillir les nouveaux venus.

Vers les 18h, Compèr' Bruno nous propose l'atelier déconstruction, que nous n'appellerons pas atelier détricottage, le mot étant usé jusqu'à la trame par le vocable journalisto-politique. Du cinq temps à la manivelle, et ça netour ! Pendant qu'on mouline, Bruno propose quelques notes qui finissent par se transformer en B.O. de "Mission Impossible".

Et il y a les ceuss (Patrice, Jean-Brice et Bruno)… qui bullent © Pascal

Pour faire mentir la tradition, notre estomac ténor, mestre Patrice, arrive bien avant la cloche du repas. Accompagné de son comparse, Pascal, les Starsky et Hutch du Paratge nous rejoignent. Désormais, nous sommes au complet, à la grande joie de Jean-François, dit Môsieur le président, qui regarde tout ça d'un œil riant. Dès lors, s'ouvre le troisième et dernier atelier de la session. Patrice propose un morceau, ça galèje à droite, ça déconne à gauche, ça discute et nous voilà enfin avec le dernier ingrédient qui manquait pour réussir notre bouillabaisse viellistique (n'en déplaise à Aymé, qui est le maître incontesté de celle aux poissons). Nous travaillons les premières phrases d'un des morceaux fil rouge de cette saison 2013/14. Avant de clore cet Écho, je voudrais revenir sur nos nouveaux.

Banc de nage, sous les bacs à shampooing : le vielleux est grégaire © Jean-Brice

Goody, tout d'abord, qui, non content de nous régaler de cabrette, nous a montré une petite vidéo où il joue du uillean pipes, et là, je dois dire, que malgré toutes les blagounettes que le vielleux fielleux balance sur le cornemuseux musant, qui le lui rend bien, quand on cause uilllean, il y a trêve : à moins que Pascal nous en polisse une…

Scalp, bouée, lorgnons : session « orange blossom », pour Goddy et Bruno © Jean-Brice

Enfin, Thierry, qui nous a baladé de surprise en surprise, d'abord provenant d'Outre-Rhône, le périple mérite le respect, mais c'est bien peu lorsqu'on se rendit compte que sa vielle n'entrait dans aucune forme, aucun CX connus, et pour cause, l'homme est son propre luthier. Le bougre a lui-même fabriqué l'instrument…
L'adage dit qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Quand il s'agit de se construire une vielle, il faut de la patience et de l'habileté dans le service. Nous aurions pu en rester baba, si, en plus, Thierry n'avait pas présenté une trouvaille qui mérite un brevet.

Thierry d'Outre-Rhône et sa vielle métronomique © Jean-Brice

Après, le variateur du Pèr' Bruno, les divers systèmes de tapping mis en place par plusieurs grand noms de la lutherie en vielle, et j'en passe, voici le piercing sur roue, qui permet à notre luthier autodidacte de remplacer les bons coups de sabot sur scène par un coup de languette sur table d'harmonie. Par les temps qui courent et la raréfaction du sabot ou de la galoche — sauf pour ceux qui les roulent —, voilà une idée bienvenue, qui mériterait un article spécial sur le Blog des Sirènes. Mais ceci est une autre histoire, et il semblerait que cette session va en être féconde.

Une vielle avec des piercings… © Pascal
… ça mérite un brevet ! © Pascal












N.B. Je réalise que je n'ai pas parlé de l'escapade dans l'Orléanais, tenté par quelques courageux paratgistes. Fête des canaux à eau et parfois urinaire, comme on dit dans le pays niçois, je laisse la chronique à d'autres paragistes à la plume bien pendue (je sais qu'on en regorge).


Pierre

mercredi 30 octobre 2013

Hrokkur, vielle à roue islandaise

En ce pénultième jour du mois d'octobre, où nous fêtons les Bienvenue, rien d'anormal à vous présenter une nouvelle vielle à roue, invention d'un doux-fêlé qui a son atelier aux antipodes de notre île d'Agde. Et puis, après l'article précédent qui vantait les qualités d'une vielle dans le moteur, il était aussi obligé de promouvoir des transports plus écologiques ; sans quoi, notre fidélité intellectuelle à Julos Beaucarne en aurait honteusement souffert.

Joe Mariglio a travaillé sur une nouvelle conception de notre archet mécanique millénaire. Grâce à quelques conversations intimes avec Berglind María Tómasdóttir, artiste multi-tout-ça avec plein d'accents non-homologués sur ses voyelles, il a sculpté avec passion pour atteindre le must. Pas peu fiers du résultat, ils décidèrent de nommer le fruit de leurs noces : hrokkur.
Hrokkur, vous l'aviez entendu, est un jeu-de-mots, en islandais. Un mélange entre les mots "rokkur", qui signifie rouet, et "hrok", pour rock'n'roll (pour les plus jeunes, voir ce mot). Comme on l'aura deviné, le hrokkur est un lointain descendant de la vielle à roue ; vous savez, ce vieux machin dont on s'entiche, à Agde. Mais là, les matériaux sont récupérés, recyclés, à partir d'objets tombés dans une marmelade de désuétude : non pas un bateau et un moulin à café, mais une guitare et un vélo — c'était couillon, même Louvet n'y avait pas pensé !

Veinard(e)s, vous avez, ici, la première sortie officielle du hrokkur, au sein d'un ensemble constitué par Berglind María Tómasdóttir (flûte, voix, hrokkur), Adam Goodwin (contrebasse), Leah Bowden (batterie) et Phil Skaller (claviers). Ne cherchez pas Frankie Martin, c'est lui qui filme tout ça.


Ce titre est interprété dans le cadre d'une performance réalisée en février 2012, au UCSD CPMC Theatre de San Diego, en Californie. Lors, bien sûr, il y a un charmant petit côté nail art qui n'échappera pas à nos sirènes, mais c'est très inspiré, tout au moins autant que lorsque le Paratge, entre deux exercices, se concentre au temps de l'auberge espagnole : il y a du sensuel, du charnel.
Le coup-de-poignet n'est pas encore franc, les appoggiatures hésitent à imposer de forts impacts, mais rien que ce son de bourdons nous autorise à classer cet instrument au Paradis des essais les plus loufoques autour de l'imaginaire de la vielle à roue.

Et puis, sur ce thème, "I'm an Island", avouez quand même que Berglind María Tómasdóttir a des airs de René Zosso déguisé en fée bleue (qui a dit « en schtroumpfette » ?)…


Pascal.

jeudi 17 octobre 2013

Vielles, etc. octobre 2013

Millevaches et Combrailles, les beaux pays… pour une 14e édition de Vielle etc.
À Fernoël (Puy-de-Dôme) et St-Georges Nigremont (Creuse), les 19 et 20 octobre prochains, ça va vieller grave (et dans les aigus, aussi) !

Avec les musiciens des groupes Morvan Trio, Électron Libre(s), Trio Ménoline, Diat's Drôle, ainsi que la participation de sonneurs festivaliers. Concerts, bals, bœufs, mais aussi stage de danse du Morvan avec Raphaël Thierry, stands de luthiers de vielles à roues, balade avec Olivier Durif, etc.

Vielle etc. : une nouvelle manière d’entendre la musique au pays, une échappée salutaire vers de singulières harmonies, un nouvel appétit pour nos traditions revisitées.
La vielle, avec son identité enracinée dans la mémoire des Combrailles et du Plateau de Millevaches, mais aussi la vielle au milieu du monde des musiques populaires contemporaines. C’est tout l’enjeu et le pari de musiques traditionnelles incarnées dans un Massif Central d’aujourd’hui. Rassembler les publics, impliquer et solidariser les territoires, bouger les lignes des chapelles musicales, Vielles etc. apporte sa pierre à l’édifice avec une programmation qui continue à faire connaître le patrimoine de ces musiques, mais qui implique aussi la novation, les musiques nouvelles et l’énergie du son « actuel ».

Est-il si loin le « Poupet », vielleux mythique de notre paysage des hautes terres marchoises ?



Une programmation réalisée, avec la complicité artistique de Patrick Bouffard.

Renseignements :
tél Crmtl 05 55 27 93 48 | tél Amta 04 73 64 60 00
www.crmtl.fr | www.amta.fr

mercredi 9 octobre 2013

Une vielle dans le moteur

Octobre, le Salon Mondial de l'Automobile s'annonce !
Dans notre rubrique La Veuve Poignet, nos experts en soupapes (donc plutôt anticléricaux) se sont penchés sur tous les modèles, des plus classiques aux plus tendances, et dressent un état des lieux précis et concis des besoins des conducteurs d'aujourd'hui.

Il y a les jeunes, qui ne jurent que par les sportives, sorties des garages Siorat, Mousnier, Grandchamp, Kerbœuf ou Dinota. Il y a les adeptes des modèles tous terrains, qui veulent faire St-Chartier, Gennetines, Anost et Paris-Dakar, dans la foulée ; la Jacky tuning exclusivité Chougnard® s'impose alors. Il y a les indécis, qui optent pour le vintage assorti d'un effet art and design, et qui filent chez Joël Traunecker, mécanicien hors pair, qui roule, comme chacun le sait, dans d'authentiques véhicules sans âge. Et ceux qui rêvent de la citadine parfaite, avec la direction de chez Bleton, le moteur de chez Boudet, la boîte de chez Engles, des jantes chromées de chez Renard et un lecteur dvd sous le plumier (en option) pour les longs trajets.

Mais il y a aussi les collectionneurs, les Dominique Regef, qui n'échangeraient rien de neuf contre leur tacot, une légendaire et brillante Pimpard. Les Pascal Lefeuvre, qui ont besoin d'un monospace à roue motrice pour traverser la Méditerranée. Les inconditionnels de l'assistance électro, les Marc Anthony et Gilles Chabenat, avec compteurs de tours intégrés, écrans rappels de vidanges tous les 30.000 coups. Les so british Nigel Eaton, qui ne voyagent qu'avec de vraies anglaises ; dans le même genre, les Patrick Bouffard, qui ne se sépareront jamais de leur magnifique traction avant. Les François Hadji-Lazaro, qui se fichent bien de savoir si leur guimbarde va les conduire de festivals en festivals sans couler une bielle, du moment que la peinture rose bonbon est d'un bel éclat. Ceux qui préfèrent les cabriolets, les Yann Gourdon (coupé) et les Romain Baudoin (berline). Hors-catégories, les Grégory Jolivet, qui ne se déplacent qu'en planches à roulettes, et, bien entendu, les Valentin Clastrier, qui assument parfaitement de ne pas acheter français.

Et il y a les bienheureux, qui roulent en Belle Américaine. La Classe…


Quitte à avoir une vielle dans le moteur, si vous avez une petite R8 Gordini, bleu France avec double bande blanche sur la table, des ouïes en forme de projecteurs 200 mm, soprano à deux chanterelles à l'unisson et quatre cylindres…


Pascal

lundi 30 septembre 2013

Nouvel album, pour Castanha é Vinovèl

Ça arrive de loin. Du fonds de nos mémoires, du creux de la vallée, du coin de la ruelle. Comme une chanson de geste ou de cour de récré, qui traverse la place et réveille le banc où siestent les mémés. Comme le battement sourd du corsage d'un corps pas sage.
                                  
Vielle à roue, accordéon à l'unisson. Voix qui se conjuguent au présent occitan, ce chant qui traverse le temps pour nous parler au cœur. Pour dire la vie, dans ce qu'elle a de plurielle, ce qu'elle a de plus belle. Tourbillon de notes ou instants suspendus. Le bon tempo des jours heureux.


Début d'automne 2013 : c'est la sortie du nouvel album de Castanha é Vinovèl.
Et, dans la galette, la vielle à roue de notre Jean-Brice Vietri, échappé du Paratge des Sirènes !

CD 20 titres.
Label : Notes in Gammes
Distribution : Socadisc

tél : 06 13 05 71 39 ou 04 67 93 58 35
contact [a] castanha-e-vinovel.fr 
www.castanha-e-vinovel.fr

mardi 24 septembre 2013

Vielles et branles languedociens dans le Tarn,
du 27 au 29 septembre 2013

À partir d’un répertoire d’airs de branles de la région, rassemblés et arrangés par le joueur de vielle à roue Danièl Frouvelle à l’attention de ses élèves du Conservatoire du Tarn, l’idée est venue d’inviter des formateurs en danses traditionnelles, autour de ces musiques, pour explorer ces danses peu pratiquées dans les bals traditionnels actuels.
Au départ de leurs investigations, il est apparu que, si le répertoire musical était varié et abondant, il n’en était pas de même des danses : sources éparses, informateurs et enquêtes rares ou peu connues... Maryvonne Pons, de la commission Danses Traditionnelles du Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles Toulouse Midi-Pyrénées (COMDT), a alors entrepris de rassembler ces données et tenté, en collaboration avec les formateurs en danse participant au projet, de reconstituer un « puzzle », de s’en inspirer largement, pour imaginer des formes chorégraphiques cohérentes… ou séduisantes, avec le projet d’inviter le public à les pratiquer.
C’est ce que proposent, dans cette manifestation, le Conservatoire du Tarn, le COMDT et La Còla Tarnesa. Ces rencontre seront accueillies à la Maison de la Musique, à Cap’Découverte.


Le programme est copieux et, pour en venir à bout, Danièl Frouvelle a invité Le Paratge des Sirènes à rejoindre les lieux.
Pour cela, Danièl est tout d'abord venu sur l'Île d'Agde, au printemps dernier, pour présenter le projet et partager son répertoire avec les vielles de l'ensemble languedocien. Puis, durant plusieurs mois, les musiciens, qui se retrouvent lors des ateliers du Paratge, ont travaillé les thèmes, le son, le swing, les rythmes calibrés pour la danse, pour ces branles qui appartiennent autant à la région accueillante qu'à celle d'où partira l'autocar amenant Le Paratge des Sirènes dans l'autre moitié languedocienne…

Vendredi 27 septembre
14h30 à 18h : intervention d'Yvon Guilcher auprès des professeurs du Conservatoire du Tarn
18h à 19h30 : initiation aux branles languedociens, ouvert au public, répétition du répertoire musical et vocal ouvert aux musiciens et aux chanteurs.
21h : bal et branles languedociens avec les élèves du Conservatoire du Tarn, les élèves de « Arpalhands » et les musiciens volontaires. Puis bal avec Lumbrets.

Samedi 28 septembre
10h à 12h et 14h à 18h : stage de danse avec Yvon Guilcher : Des branles figurés à la contredanse : quelles conséquences pour les danses traditionnelles ?
14h à 18h : rencontre de joueurs de vielle, autour du répertoire des branles languedociens (ouvert aux musiciens. Répertoire est disponible sur demande à : dfrouvelle@club.fr
18h à 19h30 : initiation aux branles languedociens, ouvert au public.
21h : bal et branles languedociens avec les joueurs de vielle présents. Puis bal, avec Bassacada et Fin Tamarro

Dimanche 29 septembre
9h30 à 13h : table ronde autour des branles, des branles languedociens en particulier. Interventions pressenties d'Yvon Guilcher, Daniel Loddo, Robert Blanc, Maryvonne Pons
14h à 18h : rencontre informelle et conviviale des musiciens, chanteurs et danseurs présents autour des branles languedociens.

Renseignements et inscriptions
dfrouvelle@club.fr
Conservatoire du Tarn
La Còla Tarnesa
COMDT

jeudi 5 septembre 2013

L'Écho hors-série : l'école est finie

© Pierre Tissot
Qui a dit que le mois de juin rime avec fin d'année, et que l'on s'y sent en vacances avant même de les avoir commencées ?

Certainement pas nous, qui avons ajouté ce mois-ci une réunion supplémentaire à nos habituelles rencontres mensuelles, et de plus, décidé de nous réunir une heure plus tôt afin d'effectuer un travail conséquent, avant d'attaquer le traditionnel repas de fin d'année.
Sans modestie, nous pouvons nous vanter d'avoir analysé, découpé, étudié avec précision "Famous Wolf", avec support vidéo, revu quelques branles languedociens, évoqué les prochaines manifestations auxquelles nous pourrions participer, et même nous interroger sur l'orientation de notre futur répertoire. Et ce, avec une grande partie des troupes : Jean-Brice, Pierre (que nous étions ravis de retrouver), Sylvia, Bruno, Gilles et moi même !

La grande patrie partie des troupes : Jean-Brice, Bruno, Marie et Pierre © Sylvia

Nous eûmes, bien sûr, aussi le loisir de nous octroyer de petits moments de détente, avec l'improvisation d'un ensemble vielle-accordéon, une séance de découverte de la technique de déchiffrage spontané de partitions... et j'en passe !
Mes souvenirs quelque peu lacunaires de cet après midi ne me permettant pas d'en restituer fidèlement tous les détails...

Marie.



Compliqué, de rédiger le compte-rendu de ce Paratge de fin de saison. Comme dirait l'Annie, c'était un peu "L'école est finie", fin juin. Ranger la colophane et le coton, brûler les partitions, place à une géante récréation, l'été est là, l'appel des sirènes au loin se fait entendre, par vagues successives.
Arrivé devant l'antre du Paratge, le soleil couchant claque encore sur l'enseigne de nos lieux d'habituels supplice de la roue - ne l'oublions pas, ce 26 juin est surtout la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture. D'ailleurs, il s'en faudrait de peu, que le rideau de fer ne s'abatte sur nos têtes, si toutefois le désir de passer la porte pour travailler un tantinet nos instruments nous inspirait.

Le soleil couchant claque sur l'enseigne du Paratge © Pascal

On hésite à finir d'entrer, on regarde l'heure, comme si nous eussions espéré qu'elle tournât plus vite pour nous rapprocher de celle du repas promis par L'Imagineïre, et l'on guette au loin si quelque âme ne nous attire pas aux meilleures tables de l'Île d'Agde.
Finalement, les horloges de la ville nous indiquent, comme dirait le Claude, que le rideau va tomber. On reprend la vielle sur le dos, et l'on oriente le pas vers les réjouissances.

Pascal.



En ce qui me concerne, je suis allé à Agde pour voir les copains, bavasser, rigoler... car manger au resto, c'est pas mon truc, la bouffe ne m'intéresse pas.
La vielle non plus, d'ailleurs, c'est juste un prétexte et, du coup, j'ai pris une petite flûte en bambou, légère et maniable, et qui surtout produit un son bien plus agréable que la vielle.
Soirée sympa, il ne manquait que les boules, la piscine et les cartes, mais je crois que certains Paratgistes se sont rattrapés en juillet !

Il n'est plus l'heure pour Patrice et Gilles, le rideau de fer tombe © Pascal

À part ça, j'ai joué, cet été, à Villeneuvette, et je trouve cet endroit tout à fait magique.
Bises à tous et à la rentrée !

Patrice.



Les doigts gourds, l’esprit pâteux, la gueule de bois à roue, je sortais, ce 26 juin, de trois mois de sevratge (i.e. temps passé sans Paratge), pour me trouver Roue de l’Amur… oups ! Rue de l’Amour, et rejoindre mes comparses pour un paratge H.S. (i.e. Hors-Série et pas Hors-Service).

Qu’écrire, après des mois d’absence épistolaire, durant lesquels le gant fut relevé par ceux et celles qui prirent la plume et assurèrent les articles de ce blog, peu. Jouons-la donc, perso : j’étais très heureux de retrouver la joyeuse bande, Sylvia rapportant un drapeau à hisser lors des abordages, Marie toujours aussi enthousiaste, Jibé et son inénarrable rire qui sème la bonne humeur autour de lui, Gilles et ses rêves d’Orléans, and last but not least Mestre Priez ou l’onirique luthier et sa besace à histoires, historiettes, anecdotes, contes et légendes. Ainsi fut le premier cercle.

Entre fromatge et dessert… le Paratge, en cercle © Jérôme

Pour le second, plus gastronomique, nous rejoignirent Patrice, qui ne boude pas les agapes d’Agde, et Pascal, dit le facétieux des Cévennes (ce qui n’est pas peu dire en cette terre de dure caillasses). Et… cerise sur le gâteau, ou coton sur les chanterelles, comme disent les affolés de la manivelle, notre cher Président nous honora de sa présence souriante. Il y avait, en outre, à la table d’autres invités, mais permettez-moi de ne parler que de mes compagnons de tour de roue, que j’avais un réel plaisir à retrouver, et je laisse aux autre mines du plumier désormais bien fourni du blog, le soin de paratchever (i.e. achever convenablement une chronique du paratge).

Pierre.



Paratchevons, puisqu'il faut paratchever : à la soirée Paratge-resto, il y avait, avec nous : Gilles, Laurent (de la communauté gitane), Jean-Louis (pécheur sétois, qui vient au Paratge de l'accordéon), Jean-François El Présidente, Robert (constructeur de la Barque des Poste), Jérôme (chauffeur officiel de Sylvia). Rappelons, d'ailleurs, qu'avec tout ce monde ici cités, nous partons pour les Fêtes de Loire, du 18 au 23 septembre : les Paratgistes intéressés doivent se manifester.. !

Laurent et Béatrice, patrons de la cantine à Bruno © Hérault Tribune

N'oublions personne : les patrons du resto sont Laurent et Béatrice, la serveuse s'appelle Amal, et il y avait Francky aux fourneaux, supervisé par ledit Laurent, bien entendu. Le restaurant s'appelle La Place, il est situé Place de la Marine, au bord de l'Hérault. Demain, il change de nom pour s'appeler Le 2vin. Laurent a aussi deux tourne-broches, pour les soirées jazz ou autre, qu'il installe sur la Place de la Marine, très efficace ! La cuisine est traditionnelle et bien faite, ce sont des expérimentés, puisqu'ils ont eu des restos à Castres, Corde-sur-Ciel, La Salvetat. Avec Laurent, nous travaillons sur un projet broche et musique, animation médiévale. C'est un peu ma cantine, ce Resto, j'y mange tous les jours !

Allez, la bise avec le plaisir de se voir au Paratge de septembre !

Bruno.



Bonus track :

Le Paratge des Sirènes — "Balle francese" © Jérôme

samedi 24 août 2013

Quand vielle à roue rime avec Lévézou

Chez nos voisins, nos cousins aveyronnais, de la vielle, des vielles, tout partout, à Vézins-de-Lévézou, à Ségur, à St-Laurent-de-Lévézou, à St-Léons, dans les prés, les chapelles, les bars, les marchés, les boutiques des artisans, les salons de coiffure (comme à Agde !), les cours des écoles, ça va bourdonner grave dans la vieille province de Rouergue !
Le plateau du Lévézou, ses châteaux, ses vaches, ses tours de Templiers, ses fermes familiales, ses nombreuses vue sur le lac, son village de Montjaux (il n'y a que le rédacteur qui peut comprendre, là), etc.
Le Lévézou… et son festival de vielle à roue, c'est vraiment pas loin de notre Bas-Languedoc !

Festival organisé sur quatre jours, sur plusieurs communes.
Lundi 26 août, à Vezins-de-Lévézou : apéro-concert de 18h à 21h, avec Baztradar (vielle, accordéon). Mardi 27 août, à Ségur : concert à 20h30, à la chapelle de Bergounhoux, de musiques médiévales à nos jours avec les tribulations d'une vielle à roue, par Françoise Bois-Poteur et Guy Tell.
Jeudi 29 août, à St-Laurent-de-Lévézou : stage de danses de 15h à 18h, avec Les Chamanottes ; à 20h30, bal avec Venta Civada.
Vendredi 30 août, à St-Léons : repas avec les Paysans du Rance, puis bal à 20h30, avec DCA Trio. Samedi 31 août, à St-Léons : toute la journée, marché de la lutherie et de producteurs locaux.

DCA Trio © Anonyme

1 concert : 7 euros (-12 ans gratuit).
Pass 4 concerts et bals : 25 euros.
Pass semaine : 55 euros (les 4 bals, les repas du 29 et 30 août, le stage).
1 stage + 1 repas + 1 bal (du 29 ou 30 août) : 20 euros.
Lieu : salle des fêtes de Vézins-de-Lévézou
Informations et renseignements : Syndicat d'Initiative
tél 05 65 61 80 52 • si-monts-levezou@wanadoo.fr

Et si, dans tout ce rambalh, vous croisez Jean-François « Tustbart », joueur de vielle à roue aux origines multiples mais au grand cœur d'Aveyronnais, tapez-lui lo poton, de la part de Jean-Brice et Pascal du Paratge des Sirènes… et en place pour une suite de bourrées !


Pascal.

mercredi 14 août 2013

36e Fête de la vielle, à Anost

Depuis la première Journée de la vielle et des vielleux, en 1978, jusqu'à aujourd'hui, le Morvan accueille un festival reconnu comme l'un — si ce n'est le — des plus essentiels pour notre instrument à manivelle.
Et cela fait une trentaine d'années, que c'est l'Union des Groupes et Ménétriers du Morvan, qui organise ce grand rassemblement. Et de quelques centaines de spectateurs et trois dizaines de musiciens, autrefois, la Fête fédère, aujourd'hui, plus de 25.000 festivaliers !


En 2013, 36e édition, déjà, pour ce festival qui se déroule depuis longtemps maintenant à Anost !
Du jeudi 15 au dimanche 18 août, les chiens vont japper, les chanterelles vont briller. Grande Bande de Vielles, Lâchez les Chiens, conférence sur la modalité avec René Zosso, exposition Jules Devaux par Maxou Heintzen, concert avec Malicorne, danse avec le Bal Taquin, stages, etc.
Et, le clou de cette Fête de la vielle, qui démarre demain, sera la présence et participation active, rythmique, mélodique et terrifique de notre rock'n'rollesque Sylvia, armée de sa Dinota à la fleur d'olivier…

Renseignements : tél 03 85 82 72 50.


Pascal.

vendredi 9 août 2013

Un beau tatouage pour la Saint Amour

Lorsque nous lançâmes la rubrique de La Veuve Poignet, l'une des idées était de mettre en ligne tout ce qui pouvait avoir un rapport plus ou moins fun avec la technique de notre instrument fétiche.

Les dragons vielleux dans les MMORPG, les appli iPhone pour rester souple du poignet sans s'attaquer le nerf auditif, les explications à la Bernardo pour les coups de 1-2-3, et j'en passe. Loin de nous l'idée d'imaginer qu'un fada irait nous prendre au mot et se graver la partie de l'instrument qu'il a dans la peau.

Un beau tatouage pour la Saint Amour © Anonyme

D'ici à ce qu'un frappadingue se construise, avec sa vielle, un vaisseau spatial pour prendre le VTT au pied de la lettre, un autre tente des rapports sexuels avec son instrument pour alimenter la rubrique Faire-Parts, se mette à l'apiculture pour attirer les Autres Bourdons, ou tente de colophaner des danseurs bulgares pour coller à l'Horoscolophane, il n'y en a plus pour longtemps.

Méfiez-vous des messages subliminaux du blog Le Paratge des Sirènes !


Pierre.

mardi 6 août 2013

Le disque de Cosconilha

Ça y est, voici le CD démo de Cosconilha, avec plein de Paratge dedans !

En premier lieu, c'est notre Pierrot qui a fait la magnifique jaquette colorée. D'autre part, il y a une version de "Tripoli / Chypre" qui y est interprétée… avec un arrangement bourrée à deux temps !
Enfin, une dédicace est faite au Paratge, dans les paroles d'un titre : c'est le défi, il faut caser une référence à notre cercle agathois, dans les enregistrements à venir. Chiche ? En tous les cas, Serge, notre joueur de vielle à roue bleue, y est parvenu, bravo à lui !

Le disque de Cosconilha, avec plein de Paratge dedans © Pierre Tissot

Cosconilha, c'est :
Serge Boyer (hautbois, vielle à roue, chant)
Pierre Garau (basse)
Florence Garau (hautbois, chant)
Daniel Gonzales (guitares)
Mathieu Orth (batterie)
Alex Piquemal (hautbois)
Didier Vialle (diato, harmonica)

Il s'agit d'un disque démo à danser.
Il est disponible, gratuitement, lors des balètis de Cosconilha, ainsi qu'au Cirdoc, à l'Ieo, chez Macarel, et au Village Occitan de la Féria de Béziers du 14 au 18 août 2013. Ne vous en privez pas !

dimanche 4 août 2013

Festivielles, les 10 et 11 août 2013

Chaque année la commune du Châtelet rend hommage au vielleux Gaston Guillemain. Un sacré personnage, ne disait-il pas : « Surtout, ne pleurez pas à mon enterrement. Quand ma vielle se taira, il faut qu'on entende d'autres vielles. Alors jouez, et jouez encore… que mon sommeil soit bercé par ces airs que j'ai tant aimé. »

Le samedi soir, tout le monde se réunit autour d'un repas, puis partage quelques pas de danse lors du bal. Le dimanche après-midi, les prestations des groupes de musiques traditionnelles se succèdent et proposent des musiques variées pour le plaisir de toutes et de tous.

Et ces Festivielles, c'est le week end prochain !


Le samedi soir, bal folk, avec La Piau d'Bouc, et l'entrée est gratis !
Le dimanche, dès 15h, Lémoano, Les Frères Paris, Bandabérot, Albert et Joseph trio, Vent de Galarne.

Renseignements : Office De Tourisme
Puyferrand • 18170 Le Chatelet • tél 02 48 56 29 35

mercredi 31 juillet 2013

L'Écho des Sirènes, juillet 2013

© Pierre Tissot
Jamais le Paratge des Sirènes n'aura aussi bien porté son nom que le 10 juillet dernier, délocalisé qu'il fut dans la piscine clapièroise de Marc et de sa compagne, Kakine, artiste sculptrice.
C'est dans l'onde cristalline que s'ébattaient, joyeux Pascal et sa descendance, lors de l'arrivée groupée de Marie, Serge puis Sylvia, qui recollaient au peloton sous un ciel menaçant.

C'est donc, abrité sous le péristyle, que le Paratge pouvait commencer, avec bien sûr les tubes de la R[o]ue de l'Amour, enrichis par Marc et Pascal d'un morceau de bravoure, le véritable Tourmalet du clavier qu'est le "Bacchu Ber" de Pont-de-Cervière.

Le Paratge des Sirènes, guest star Marc © Kakine

Dans les mains des sirènes, ce mois-ci, deux Kerbœuf enchanteresses (Marie et Marc), une Grandchamp envoûtante (Pascal), une Siorat bleue comme les mers du sud (votre serviteur), et la Dinota rouge-sang de Bocasa, pour qui Sylvia a joué jadis contre une valise pleine d'argent et quelques diamants. Nous n'aurons, probablement, jamais les photos compromettante de cet attentat viellistique, brûlées lors d'une partie de pêche familiale.
Ce compréhensible autodafé inaugura un repas savoureux, pendant lequel il fut tour à tour question d'exactions en Centrafrique, du déclin sanitaire de la Chine, du 11 septembre 2001, de lutherie à La Châtre, et des Men in Black à Saint-Pons-de-Thommières, pour des histoires de cannabis. Madame le Maire d'Assas a également évoqué le destin tragique de Sarah O'Connor, froidement exécutée par Schwarzy dans un blockbuster américain.

Dans les jardins de Marc et Kakine © Sylvia

Après un ravitaillement délectable, gigot à point et ratatouille avec ou sans poivrons, partagées avec de nouveaux amis, nous nous remîmes à tourner la nille, poussés vers nos instruments par des Ulysses et des Orphées consentants. Nos douces mélopées attirèrent un public conquis par notre hôte de Marc, qu'une double rupture de chanterelles poussera prématurément à l'abandon. Il possédait fort heureusement d'autres atouts, et puisque son artiste d'épouse s'était mise en danseuse, il nous fut donné de voir, dans tous les sens du terme, les grandes poteries réalisées avec elle.

L'équipe sérieuse des garçons…
avec Pascal et Serge © Marc


L'équipe riante des filles…
avec Sylvia et Marie © Marc
Le Paratge des Sirènes, et la nuit s'avançant © Kakine

La nuit s'avançant, il nous restait à nous échapper, remercier chaleureusement nos hôtes pour la soirée, en prenant soin de décliner l'invitation pour animer la prochaine Fête de la Tomate à Assas, où peu nous chaut de figurer.

Prochaine étape : le 9 août, R[o]ue de l'Amour, pour préparer l'arrivée à Orléans !


Serge

mardi 23 juillet 2013

Château d'Ars 2013 : cherche joueur de vielle

St-Chartier 2013 : nous y étions, comme ils disent, dans Trad'Mag !
Enfin, pas à St-Chartier, ça c'est les dinosaures (dans Trad'Mag, aussi), qui le racontent ; non, au Château d'Ars, pour les rencontres, entre les grilles, de luthiers et maîtres-sonneurs.

Au cœur de la cité berrichonne, entre la centaine de stands et autant de haltes sous la tente pour se déshydrater du délicieux et désormais "traditionnel" (vous me copierez  cent fois ce mot) tchaï, nous y avons vu des vielles, quelques Chougnard®, aussi. Et entendu des bourdons acoustiques, électriques, électroniques, synthétiques, pathétiques. Des chanterelles délicieusement fausses, des chanterelles affreusement justes, des tables à cinq chiens, des vielles sans roue, des vielles sans âmes, des vielleux sans états d'âmes.
Sur scènes, Marie Sauvet n'a pas joué de vielle, remplacée par Gillou Chabenat, et les Anglais ont toujours et la barbe et la chemise et le coup-de-poignée bien soignées. Bref, nihil novi sub sole, comme on dit en patois.

La véritable sensation de cette édition fut, sans conteste, cette affiche épinglée à l'entrée du festival.
Nous vous laissons la comprendre (ici, dans sa version jaune), y trouver quelque intérêt.




Son auteur est Maître Yves Donnier, formidable et très sympathique joueur de vielle à roue.
Ancien vainqueur du concours soliste sur l'instrument, à St-Chartier (nous nous rappelons de son incroyable interprétation d'un reel irlandais, le soir, sur la grande scène, avec Beline, à nos côté, qui s'émerveillait de la vélocité du musicien qui arborait, pour le coup, un grand chapeau noir), musicien au sein des Carottes Sauvages — formation d'une douzaine de terrifiants suisses-musiciens, qui sévissait à la fin des années '80 et au début de la décennie suivante —, son annonce est une sérieuse proposition pour aller séjourner au plus loin de l'Europe (à Baulmes, en Suisse), autant qu'une offre concrète d'échange artistique.
Le stagiaire-co-locataire-complice-és-vielle sera-t-il logé sous une yourte, un camping-car, une caravane  ou au sein même de son flight-case ? L'annonce ne le dit pas, mais avouez que l'aventure est tentante…

Contact : donnier.baulmes [@] bluewin.ch


Pascal.

mardi 16 juillet 2013

Abordage au Musée du Biterrois

C'est le 18 mai, à Béziers, sous un ciel menaçant, gris, pluvieux, que se déroula notre seul abordage sonore de l’année. Qui n’était pas à proprement parlé un abordage sonore, puisque notre mission consistait à animer la Nuit des Musées. Les obligations des uns et des autres n’ayant pas permis d’avoir le Paratge des Sirènes au complet, c’est une petite délégation (Serge, Sylvia, Bruno, Patrice et moi) qui assura cet évènement.

J’arrivai la première (non, pardon, la deuxième : le premier sur les lieux était Serge, auteur du projet, qui tenait le rôle de garde-barrière à l’entrée du parking du musée pour nous permettre de nous garer). Arriva ensuite Sylvia, qui après une mauvaise blague de ma part, au téléphone, faillit se retrouver à l’autre bout de la ville et manquer ainsi l’heure du rendez-vous. Puis Bruno. Notre cinquième compère devant nous rejoindre en milieu de soirée, nous prenons sans plus tarder la route pour l’Espace Riquet, sur un chemin montant, sablonneux, malaisé, et de tous les côtés aux nuages exposé, qui eut vite raison de la cohésion de notre petit groupe.
Les leaders, Serge et Bruno, accentuent leur avance de minute en minute, sans un regard pour le reste de la troupe. Sylvia, qui a pris un mauvais départ et ralentie par les côtes, ferme le peloton. Quant à moi, qui occupe la difficile place du milieu, je suis tiraillée entre le désir d’attendre Sylvia qui me lance des appels de détresse, et celui d’accélérer le pas pour ne surtout pas perdre de vue les maillots à pois dans le dédale de ces petites rues de ma propre ville que je ne connais pas. Finalement, c’est essoufflés, échevelés, mais au complet, que nous faisons notre entrée à l’Espace Riquet, pour la première étape de la soirée. Un peu de visiteurs dans ce musée, curieux de nous voir débarquer chargés comme nous étions.

Les vielles tout juste sorties des housses, on se met à l’ouvrage avec "Chypre", puis "Ballo Francese", et après cette introduction, c’est à Bruno que revient l’honneur de présenter le Paratge des Sirènes. Nous reprenons au moment où est annoncée l’ouverture du buffet, devant un public concentré à se frayer un passage pour accéder aux boissons et petits fours. Nos morceaux, pourtant variés, ne se verront pas salués par des applaudissements reconnaissants et pour cause : un verre à la main et un toast dans l’autre, notre auditoire se trouve bien encombré pour nous témoigner sa gratification, mais peu importe, nous sentons que le cœur y est. D’ailleurs, la fin de notre petit récital approche et nous concluons par le "Se Canto", entonné par Serge, qui nous avait caché jusque-là ses talents de chanteur ; qui, si l’on en juge par les ovations du public, supplante désormais Luc, jusque-là encore inégalé dans ce domaine.

Quatre pour un Paratge © Marie-Thérèse Vezin

Notre prestation terminée, nous sommes invités au buffet, et, à la surprise générale, Bruno arrose cet évènement avec un verre de… jus d’orange !
Après cette première escale à l’Espace Riquet, le quatuor reprend le chemin du Musée du Biterrois. Les violonistes du Conservatoire, qui devaient partager l’animation de cette soirée avec nous, sont déjà installés. Leur professeur nous attend à la porte, et après une brève salutation, s’évertue à nous exposer sa requête : une fois décodées les multiples périphrases et hyperboles, entrecoupées de regards larmoyants dignes d’un dramaturge, nous comprenons qu’en guise de collaboration, il nous propose d’assurer le créneau 20h30 - 0h00, lui se réservant celui de 20h - 20h30, par souci de ses étudiantes (qui, comme chacun sait, doivent être bordées au lit avant 21h, surtout le samedi soir). Nous donnons notre accord, le laissant interloqué, surpris d’avoir gagné sans même avoir engagé les hostilités, un combat qu’il imaginait long et éprouvant. Le pauvre ne savait pas encore qu’il avait à faire à cette catégorie de personnes que l’on nomme pirates, qui s’emparent sans état d’âme de tout ce qui se trouve à portée de main.

Et c’est donc sur un fond musical, que nous prenons notre dîner, généreusement offert par le Musée. Présenté sur un joli plateau-repas, offrant presque autant de variétés que nos buffets R[o]ue de l’Amour, il fut tout de même bien différent de ceux que nous connaissions. Les discours enflammés et autres calembredaines qui rythment d’ordinaire nos repas laissèrent place, cette fois-ci, à une ambiance plus feutrée, quasi monacale, imposée par la sérieuse prestation qu’offraient les violonistes à ce moment-là, derrière la pièce où nous nous restaurions. Nous attendons même religieusement l’arrivée du vin avant de commencer, puis de Serge, qui, pour de mystérieuses raisons, n’aura de cesse de s’esbigner pendant toute la durée du repas.
Tiens, en écrivant ce mot, j’entends d’ici la question qui doit être sur toutes les lèvres : «  et notre signal repas ? ». Nous nous étonnons de son absence, alors que le dîner touche à sa fin. Allait-il faillir à la tradition et arriver une fois les réjouissances terminées ? Sans même avoir vu la couleur du plateau-repas ? Que nenni, notre fidèle camarade était bien là, et ce dès l’ouverture du premier opercule, mais à cause d’une défaillance de réseau, demeurait cantonné à la barrière du parking, sans moyen de nous rejoindre ni de nous faire connaître sa présence. Finalement, à force de persévérance, Bruno finit par capter le début d’un message, et Serge, qui revenait à peine parmi nous, s’en retourne aussitôt ouvrir à notre compère.

Ainsi au complet, nous prenons le relais des violonistes qui, les poches sous les yeux et réprimant à grand peine de longs bâillements, s’en vont au plus vite regagner leurs pénates pour récupérer de leur longue soirée. 
Nous investissons les lieux et improvisons un atelier débutant-déconstruction-confirmé, cette fois-ci hors de notre local, au milieu de vestiges historiques et autres œuvres d’art, attirant tout de suite l’attention des passants. Soucieux de satisfaire leur curiosité, nous transformons notre réunion en petit concert pour leur plus grand plaisir : tout notre répertoire y passe. Encore plus intrigués après cette prestation, les visiteurs nous assaillent de questions : « Questcequec’est ?, commentçamarche ?, pourquoic’estpaslesmêmes ?... » 

Cinq pour un Paratge © Marie-Thérèse Vezin

Tour à tour, chacun se lance, de bonne grâce, dans un résumé concis de la vielle à roue, emprunt d’images et de métaphores destinées à clarifier nos propos, mais tellement différent d’un avis à l’autre que nos visiteurs nous quittent finalement plus perplexes qu’à leur arrivée (leur demander un petit compte-rendu écrit sur ce qu’ils avaient retenu aurait été intéressant, et la lecture des réponses nous aurait certainement assuré un moment des plus divertissants).
Ce 18 mai est, également pour Serge, l’occasion de recruter de futurs paratgeaires, et il n’hésite pas à laisser les petitouts de passage tourner la manivelle de sa Siorat, espérant (tout comme nous) dénicher les futurs Clastrier ou Bouffard, que nous aurions avec fierté pu compter parmi nous à leurs débuts.

Une bourrée dans la Nuit des Musées © Marie-Thérèse Vezin

La deuxième partie de la soirée, plus calme, ressemble davantage à un atelier et nous permet d’aborder et de travailler quelques nouveaux morceaux. Absorbés que nous étions par l’élaboration de notre répertoire, nous nous apercevons à peine que le Musée s’est entre temps vidé de ses visiteurs, et c’est le gardien qui, revenant plus fois vers nous («  vous n’êtes pas trop fatigués ? », «  Il va falloir penser à partir on a programmé l’alarme ! »), nous fait réaliser que notre prestation s’achève. 
Patrice donne alors le signal du départ, avec cette phrase lancée comme un cri de ralliement «  On peut partir, car de toute façon j’ai fini mon plateau-repas ! », que l’on pourra, dorénavant, en souvenir de cette soirée, inscrire comme devise sous le logo de L'Écho, ou plus sobrement sur la housse de sa vielle.


Marie.

mardi 9 juillet 2013

Vielles terroristes contre le Président Poher

Après un ancien article, où nous avions vu le Président Charles de Gaulle échappé de peu à un attentat viellistique, voici qu'un nouveau document, dévoilé par les archivistes de l'Armée française, vient relancer la polémique autour de la trace de la plus ancienne mention du terrorisme sonore.
Autant le cliché précédent montrait, probablement, une manifestation pour le mois pacifique devant le Grand Charles, autant nous sommes visiblement loin de l'acte non-violent si l'on en juge par le geste spontané et protecteur du responsable militaire qui semble ici protéger expressément le chef de la République française.

C'est lors de la commémoration du Centenaire de la mort de George Sand, que le président par intérim, Alain Poher, arrive, reçu en musique à bourdons par Les Gâs du Berry et aultres lieux du Centre. Cela se passe en juin 1976. Le soleil est haut et mitraille les fronts, tandis que les chiens des vielles claquent sur les tables en bois. Le président français pénètre dans la propriété de feue George Sand, où il aura droit à un spectacle donné par la troupe, dans la cour du château.

Le Président Alain Poher, Centenaire de la mort de George Sand, juin 1976 © Les Gâs du Berry

Habitué à ce rôle intérimaire (il assuma le remplacement de Charles de Gaulle, lorsque celui-ci démissionna, durant le printemps 1969, puis revint à la tête du pays entre le décès de Georges Pompidou et la naissance de Valéry Giscard d'Estaing, au printemps 1974), Alain Poher fut un second couteau comblé : le zénith de son temps au gouvernement français est centré sur cette journée en compagnie des vielles et cornemuses du Centre ; pour lui, qui ne connaissait que les binious de son enfance.
De Gaulle avait démissionné avant de pouvoir rencontrer ces musiciens, Pompidou serait mort de regret de ne l'avoir pu faire à temps.

Vive la France !


Pascal.


Nota bene : le cliché est extrait du livre "Cent ans en cent illustrations", édité par la Société des Gâs du Berry, en 1988. Merci à Marc, que nous retrouvons incessamment sous peu — demain ! — pour une soirée viellistique en ses jardins, de nous avoir ouvert ce précieux document.

samedi 29 juin 2013

L'Écho des Sirènes, juin 2013

© Pierre Tissot
Je suis arrivée la première, pourtant en retard.
Peu après, Jean-Brice. Nous avons commencé à voir quelques morceaux, pour élargir le répertoire (une bourrée d'Eaton, "Les dames de si bémol", une scottish "A l'ombra dau boscatge", une valse), tout en s'inquiétant un peu de l'absence des autres : pas de Sylvia, pas de Bruno, ni de Gilles, encore moins de Pierre.
Mais de la compagnie, quand même : le voisin d'en face qui, après nous avoir questionné sur nos instruments, nous demande de laisser notre porte ouverte, car il préfère notre musique à celle de ses voisins d'à côté, qui, selon lui, ne connaissent que trois accords !
Finalement, Serge arrive (mais sans vielle !) ; mais il ne fait que passer nous faire un petit coucou, et repart aussi vite qu'il n'est apparu, retenu par d'autres obligations sur Béziers, ce soir-là. Et, dans la foulée, notre Sylvia, retenue elle aussi chez elle, en ce début d'après-midi, ce qui lui causa ce retard. Et enfin, Bruno, retenu jusque-là en terrasse.

Bruno et Jean-Brice… et, comme on dit en Auvergne : Finissez d'entrer ! © Sylvia

Travail autour de ces morceaux, avec des rythmes spécifiques proposés pas Bruno. Puis, petit concert de Bruno et Jean-Brice, au tambourin, avec des badauds qui passent et repassent devant la porte, et finissent par entrer.

Marie.


Avant de rapporter ce que nous fîmes lors de l'atelier suivant, revenons au début des péripéties sur la terre ferme.
Cherchant la R[o]ue de l'Amour, dans les rues de l'île d'Agde, avec Patrice, nous croisons Robert Mornet. On ne présente plus Robert, normalement. Pour les nouveaux-arrivants, qui ne le connaissent pas, que dire ? Robert est probablement le seul Cévenol, qui a entreprit de construire un bateau de quinze mètres de long dans son jardin. La Cairol est une Barque de Postes de 1818, dont Robert Mornet a retrouvé les plans dans les archives du Canal du Midi. Désormais, il compte bien que nombre de musiciens montent à bord, afin de jouer ces musiques traditionnelles qu'ils affectionnent depuis toujours (Robert fut, durant de longues années, l'initiateur des Rencontres de la St-Blaise, à St-Martial). Il y a, quand même, de sacrés ideos, dans ces montagnes…

Robert Mornet, sur sa Barque des Postes © D.R.

Comme le prouve la vidéo plus haut, nous parvenons à retrouver le Salon de Coiffure de la R[o]ue de l'Amour. Bruno et Jean-Brice nous accueillent en fanfare, Marie et Sylvia en bisous.
Après d'interminables salutations, nous entamons une non-moins longue discussion sur l'orthographe de branle ou bransle, deux mots qui ne sont pas référencés pareillement par les moteurs de recherche de l'Internet, outil qui ne comprend rien au français d'Ancien Régime et oriente ses usagers n'importe où. Pour nous, c'est important, car nous décidons, ce soir, de travailler le répertoire confié par Danièl Frouvelle, l'hiver dernier (en avril).
Sans aucun rapport avec le sujet, Sylvia nous révèle que, oui, elle biffe, inlassablement, sur son calendrier, les jours qui s'écoulent entre la France et un très lointain continent, pour des sentiments que, la discrétion nous interdira d'évoquer ici. Mais, si nous en touchons un mot dans ces lignes, c'est que la nécessité d'établir un pévé fidèle nous y oblige, et qu'il s'agit, avant tout, d'une histoire de vielles.

Alors que nous sommes en plein débat autour de l'augmentation — ou plutôt, de la non-augmentation — des cachets des intermittents, Patrice tente de nous expliquer une histoire de sous, de gros sous, ou de chou, plus exactement. Un chou qui serait tombé dans le port de l'île d'Agde, par plusieurs mètres de profondeur, dans une planque à forte concentration d'abeilles. Personne n'a rien compris. Il y aurait des Russes, dans le coup, et une histoire de marins, forcément. C'est là, que Pierre nous manque : avec son sens de l'humour qui sait s'adapter à toutes les situations, ses compte-rendus sont d'autant plus précis. Essayons sans lui.

[Mode Pierre : ON]
Bien, après cette joyeuse parenthèse, nous revenons à nos bourdons (notez, au passage, que joyeuse vient de l'anglais happy, mot lui-même issu du latin apis, ce qui renvoie toujours à notre problème d'insectes, et donc de bourdons), et nous nous employons à interpréter la suite de branles/bransles pas piquée des hannetons, initiée par  ledit Danièl. Comme nous avons tous confiance en la plus sérieuse d'entre nous, nous confions l'entreprise de pollinisation à Marie-la-Sirène, qui envoie du son à vous décoller le miel des oreilles. Hélas, toute émue, à l'instar d'une Maya s'inquiétant du rhume de son amie Flip-la-sauterelle, elle se rétame lamentablement entre deux bémols, ce que ne manque pas de remarquer — et faire remarquer — la Reine-Mère Sylvia, toujours prête à darder une ouvrière. C'est alors Sylvia-rock'n'roll, qui lance le thème en un essaim de notes, sous l'œil énervé de Bloody Marie, piquée au vif, qui cherche en vain quelque paire de ciseaux pour couper deux ou trois cordes de la Dinota, histoire de ne pas se laisser voler dessus par l'arrogance de l'interprète. Heureusement, avec le taon (le temps ?), tout le monde se calme, et Sylvia propose d'ailleurs à son amie de guider le morceau suivant.
[Mode Pierre : OFF]

Sylvia et Marie, réconciliées, s'emploient à faire revivre l'organistrum © Pascal

Marie nous rappelle, alors, "Pincipessa", mazurka puisée à la même source que le précédent thème, et tous relançons de plus belle — sauf Pascal, en train de feuilleter les petites annonces de L'Escargot Folk ?, revue désormais disponibles dans les salons du Paratge, qui le font marrer comme une chanterelle qui se tord sous le coton, tant il y a des perles qui mériteraient un article entier sur le Blog qui bourdonne.

Sérieux et appliqués sous l'emprise de la musique, nous aurions bien travaillé toute la nuit, mais c'était sans réaliser que ce 5 juin, la planète entière fêtait la Journée mondiale de l'Environnement. Il fut donc décider de passer à table, afin de dignement nous impliquer dans la célébration des bonnes choses de la Terre-Mère.
Au goûter, des cerises du jardin de Patrice, des fraises rouges (comme un indice !) de l'épicerie de chez Pascal, la célébrissime pizza-tourte-quiche à la tomate de chez Jean-Brice, le coup de canon du Pèr'Bruno : les garçons avaient fait fort. Mais il y avait aussi la tarte aux herbes du piémont camarguais de chez Sylvia et les cookies au pavot-citron-choco de chez Marie.
Pierre, radin comme pas deux, n'avait rien porté. Pas même sa pomme, tiens !


Pascal.

Le Paratge des Sirènes
Principessa