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jeudi 25 juin 2015

Vielle à roue, en forme de viole

Les facteurs d'instruments, et particulièrement nos amis qui fabriquent les vielles à roue, nous surprennent toujours. Il y a ceux qui suppriment les cordes, ceux qui se passent de manivelle, ceux qui déposent carrément la roue. Nous en connaissons même certains — suivez notre regard —, qui piercent les roues des vielles. Et tant d'autres.

La vielle que nous découvrons aujourd'hui n'a pas de clavier. Mais ses cordes sont frottées et pincées, comme une vraie. Elle est donc une cousine très germaine de notre vielle à roue, appartenant au beau lignage auquel organistrums, chifonies et lyres des mendiants se rangent.


Vielle à roue en forme de viole, Musée municipal de Bourg-en-Bresse © Philippe Hervouet

En forme de viole, de violon, on ne connaît l'élégant artiste qui l'imagina. Les grandes ouïes et sa longueur de 75 cm et largeur de 25 cm rappellent, forcément, les instruments du quatuor. Même si, elle ne devait, probablement pas, se jouer la caisse posée entre le menton et l'épaule…

Conservée en la magnifique et historique ville de Bourg-en-Bresse, au Musée municipal abrité dans le monastère royal de Brou, depuis 1984, elle aimerait sans doute bien se parer de cordes, de coton et d'un peu de colophane…


Pascal.

mercredi 13 mai 2015

Vielle échappée d'une déchetterie

On sait la passion de Romain Baudoin pour la vielle à roue. Pour la guitare, également. Ses recherches l'ont mené à la découverte d'autres fou-dingues des deux instruments et du bricolage facétieux.
Avec ce lien vers cette vidéo, qu'il nous refile pour partager sa trouvaille et ne pas rester seul à se gratter la tête en la repassant dix fois avant d'en tirer toutes les incidences musicales qu'elle aura sur sa journée, il nous invite à profiter d'un nouveau plaisir viellistique.

« Au début de cette histoire, une vieille guitare échappée d'une déchetterie. Après avoir prélevé 2 micros et 3 mécaniques pour fabriquer d'autres bidulophones, elle a bien failli retourner d'où elle venait. Mais elle n'avait pas encore tout donné », explique Bricacouac, le concepteur de cet instrument hybride.

Et là, effectivement : magie, enchantement, volupté…




Cette récréation instrumentale, proposée par Romain, nous mène, avec grand intérêt, à retrouver l'artiste au cœur de l'une de ses créations récentes, "1 Primate", dans laquelle il explore les possibilités du torrom borrom, un instrument né de ses imaginations et de ses surprenant voyages musicaux ; l'hyménée d'une vielle à roue et d'une guitare électrique…


Pascal

lundi 8 septembre 2014

J'ai fait un rêve : une vielle extraordinaire

J'ai fait un rêve.

Je tenais dans mes bras, bien calée sur mon ventre, cette vielle extraordinaire, dont j'aurais aimé apprendre à jouer dans mes vertes années… Las, ce n'est qu'un rêve... mais, bien éveillé. 

Une vielle extraordinaire… © Marc
… l'œuvre de Jean Fontaine © Marc

Cet instrument est l'œuvre de Jean Fontaine, sculpteur, dénichée aux Marché des potiers et céramistes d'Anduze… quel coup de bambou !

Elle doit se jouer avec doigté, finesse du toucher et art de tourner et retourner à tous les temps et en tout temps ce bel instrument.
À vous de jouer, messieurs les vielleurs — et vous aussi vielleuses —, pourquoi non ?

Marc

lundi 18 août 2014

MidiGurdy, The Electronic Hurdy-Gurdy

Le MidiGurdy, Comment jouer de la vielle dont la roue pète ou Quand la vielle sans roue.
                             
En ces heures estivales, où le vacancier ne veut pas encombrer sa voiture pour partir outre lieu, le Paratge des Sirènes, sis dans une des destinations touristiques de l'été, vous propose le projet fou de Marcus Weseloh : The Midigurdy (trad : la vielle pour partir dans le Midi, té !).

MidiGurdy : la vielle s'enroue, pète © Marcus Weseloh

Donc, pour l'instrument, vous prenez un portable des années '90, sans sa batterie, et vous aurez les résonateur (non, je n'ai pas abusé du pastis).
Pour la caisse de résonance, il vous faudra investir dans une tablette ; eh oui, on ne peut plus y couper. Je me suis laissé dire que le concepteur travaillait à une autre solution pour ce dernier cas (on n'est pas forcément jobard de Jobs).

Comme une petite démo vaut mieux qu'un long discours — ce qui, chez moi, est un pléonasme —, voyons la MidiGurdy pour de vrai, sur cette vidéo :



Et bonnes continuations de vacances !


Pierre

mardi 5 août 2014

Et Montpellier réinventa la vielle à roue

Euh… c'est nous ou Les Nuits d'Ô sont en train de réinventer la vielle à roue ?

Lorsque vous passez dans l'agglomération montpelliéraine, de grandes affiches attirent l'intention : dans notre cas, ce fut celle de Lena, onze ans depuis peu, qui remarqua qu'une chauve-souris à l'endroit tenait une vielle à roue à l'envers (ou bien est-ce l'inverse, arguent Pierre et Bruno).

Une chauve-souris — les chiroptères sont sensibles aux sons les plus délicats — qui joue de la vielle à roue, c'est plutôt une belle indication que ce noble instrument n'a rien à voir avec ses cousines de sac à bourdons.
À y bien regarder, avec son ergonomie typique et son galbe gracieux, on dirait une Bleton…

Et Montpellier créa la… vielle © Les Nuits d'Ô

Franchement, ces Nuits d'Ô ne mériteraient-elles pas que l'on aille attenter leurs soirées de quelques salves de bourdons ?


Pascal

mardi 29 avril 2014

Vielle à roue en 3D

Vingt mille lieues sous la merveilleuse vielle à roue !
Attention, plongée en apnée et remontée par paliers successifs pour ne pas abimer les oreilles avec la puissance des bourdons. Quittez la poupe du navire depuis les chevalets, basculez dans le sens de la manivelle, chanterelle après chanterelle, combinaison en coton, colophane humidifiée.

La vie d'un banc de sautereaux au quotidien, les vibrations sourdes des chiens-trompettes en activité, la surbrillance étoilée d'une famille de sympathiques, tout un monde inimaginable.



Avec ce court film en 3D, ce voyage au centre de la Vielle, l'instrument n'a plus de secrets.
Mais, à quand un voyage fantastique, avec un nouveau Proteus, équipé de facteurs de vielles, pour explorer à l'intérieur du… joueur de vielle ?


Pascal

mercredi 30 octobre 2013

Hrokkur, vielle à roue islandaise

En ce pénultième jour du mois d'octobre, où nous fêtons les Bienvenue, rien d'anormal à vous présenter une nouvelle vielle à roue, invention d'un doux-fêlé qui a son atelier aux antipodes de notre île d'Agde. Et puis, après l'article précédent qui vantait les qualités d'une vielle dans le moteur, il était aussi obligé de promouvoir des transports plus écologiques ; sans quoi, notre fidélité intellectuelle à Julos Beaucarne en aurait honteusement souffert.

Joe Mariglio a travaillé sur une nouvelle conception de notre archet mécanique millénaire. Grâce à quelques conversations intimes avec Berglind María Tómasdóttir, artiste multi-tout-ça avec plein d'accents non-homologués sur ses voyelles, il a sculpté avec passion pour atteindre le must. Pas peu fiers du résultat, ils décidèrent de nommer le fruit de leurs noces : hrokkur.
Hrokkur, vous l'aviez entendu, est un jeu-de-mots, en islandais. Un mélange entre les mots "rokkur", qui signifie rouet, et "hrok", pour rock'n'roll (pour les plus jeunes, voir ce mot). Comme on l'aura deviné, le hrokkur est un lointain descendant de la vielle à roue ; vous savez, ce vieux machin dont on s'entiche, à Agde. Mais là, les matériaux sont récupérés, recyclés, à partir d'objets tombés dans une marmelade de désuétude : non pas un bateau et un moulin à café, mais une guitare et un vélo — c'était couillon, même Louvet n'y avait pas pensé !

Veinard(e)s, vous avez, ici, la première sortie officielle du hrokkur, au sein d'un ensemble constitué par Berglind María Tómasdóttir (flûte, voix, hrokkur), Adam Goodwin (contrebasse), Leah Bowden (batterie) et Phil Skaller (claviers). Ne cherchez pas Frankie Martin, c'est lui qui filme tout ça.


Ce titre est interprété dans le cadre d'une performance réalisée en février 2012, au UCSD CPMC Theatre de San Diego, en Californie. Lors, bien sûr, il y a un charmant petit côté nail art qui n'échappera pas à nos sirènes, mais c'est très inspiré, tout au moins autant que lorsque le Paratge, entre deux exercices, se concentre au temps de l'auberge espagnole : il y a du sensuel, du charnel.
Le coup-de-poignet n'est pas encore franc, les appoggiatures hésitent à imposer de forts impacts, mais rien que ce son de bourdons nous autorise à classer cet instrument au Paradis des essais les plus loufoques autour de l'imaginaire de la vielle à roue.

Et puis, sur ce thème, "I'm an Island", avouez quand même que Berglind María Tómasdóttir a des airs de René Zosso déguisé en fée bleue (qui a dit « en schtroumpfette » ?)…


Pascal.

jeudi 30 mai 2013

Une vielle à roue double dimension

L'hiver s'éternise, même chez nous, dans nos pays privilégiés de Bas-Languedoc. Au lieu de maudire la saison et de s'ennuyer près de la cheminée, prenons exemple sur Michel Bouillot. Ce jeune retraité a profité du temps qui inspirait à demeurer chez soi, pour réaliser une vielle à roue unique.
Déjà repéré pour avoir imaginé Sisyphe et le globe terrestre, dans son jardin, ce ferronnier d'art, qui vit à St-Bonnet de Joux, dans le Morvan, vient de terminer la fabrication d'un instrument de musique que l'on aime bien. En fait, il s'agit tout simplement de la reproduction de sa vielle à roue, achetée il y a vingt-cinq ans, mais en doublant les dimensions.

Michel Bouillot et sa vielle double dimension © Jean Veniant

800 heures de travail, du 11 novembre 2012 au 11 février 2013, soit huit heures par jour (autant qu'il nous en faudrait, au Paratge, pour apprendre à jouer "Grunschansko" en chœur), en commençant le labeur à l'aube, à 5h30 (hum, pour le Paratge, ça va pas être possible, là) ! Et voilà sa vielle fétiche, avec une grande sœur de… 75 kilos !
Le hic, c'est que pour l'instant, l'œuvre refuse de sonner. Quelques petits réglages, la bonne dose de colophane et de coton, et peut-être entendrons-nous, un de ces soirs, cette vielle aux dimensions doublée musiquer au sein de l'ensemble de musique traditionnelle du Morvan de l'artiste-musicien, La R'vole…

Bonne chance et bravo à lui !


Pascal.

vendredi 12 avril 2013

Vielle à roue optoélectronique

Alors que ce jour est tragique pour nous autres Languedociens, puisque ce 12 avril commémore le Traité de Paris signé entre saint Louis et Raymond VII comte de Toulouse, fichu papier qui cède tristement la plus belle partie du Languedoc à la France, sautons d'un pas de géant jusqu'au XXIe siècle, voire au-delà, avec un nouvel article dans la série des VTT (Vielles du Troisième Type), et cette nouvelle hérésie arrivée sur les terres royales.

Elle est blanche comme certaines vielles de Denis Siorat, sa roue est aussi joliment ajourée que celles de Philippe Mousnier, les ouïes semblent imaginées par Joël Traunecker, la manivelle pourrait être dessinée par Jacques Grandchamp, la touche électro a l'ingéniosité d'une Jean-Paul Dinota, et l'on ne peut que rester pantois devant le clavier qui emprunte à la sobriété de l'organistrum.


Parfaite combinaison d'éléments mécaniques, optiques et électroniques, cet instrument, qui paraît sortir d'un épisode de Star Trek, est une pièce-montée à part dans le catalogue des vielles à roue.
Mais, si le designer Eric Archer a sculpté un objet qui pourra se poser aisément au milieu du service en porcelaine de n'importe quel vaisselier Ikea, il faut saluer le travail sur le son, effectué par Derek Holzer, sur cette caisse à musique : c'est tellement limpide, que l'on ne dirait presque pas une vielle à roue — et nous vous laissons comprendre, en écoutant l'objet, la signification intrinsèque de cette phrase de conclusion, pas certains, nous-mêmes, que nous la pigions réellement…




Résumons-nous : il n'y a rien de plus musicalement jouissif au monde, que de jouer de la vielle à roue, n'est-ce-pas ? L'embêtant, c'est cette interminable pose des cotons, ce dosage jamais satisfaisant de la colophane, ce choix impossible entre cordes en boyau (conseillées par votre luthier), cordes synthétiques (conseillées par vos copains) et corde pour se pendre (conseillées par vos voisins).
Là, nous avons un instrument qui restitue fidèlement les sons que l'on connaît lorsque l'on effectue tous ces essais, de l'étranglement du coton autour de la corde au dérapage de la colophane sur la roue voilée. Cela, sans avoir les doigts qui pèguent.

Rien n'a été construit de plus révolutionnaire, depuis un autre 12 avril, celui de 1954 : ce jour-là, Bill Haley & the Comets enregistraient "Rock around the clock" ; le titre emblématique considéré comme la naissance du rock'n'roll…


Pascal.

lundi 21 janvier 2013

Double-wheeled hurdy-gurdy

Une vielle à roue, pour jouer en double ?
Alden et Cali Hackmann, qui fabriquent des vielles à roue, près de Washington, proposent un instrument inédit : une vielle avec… deux roues !
À quoi peut bien servir cette idée ? Avoir plus de volume sonore, séparer chanterelles et bourdons ou cordes harmoniques et cordes rythmiques, enrichir les fabricants de coton et de colophane ? Faire parler ces facteurs sur l'étonnant blòg du Paratge des Sirènes, peut-être tout simplement…

Double-wheeled hurdy gurdy 2002 © Olympic Musical Instruments

Nous avouons que, si ce n'est pour son rôle naturel de réserve à bactéries amies, l'utilité nous échappe. Peut-être n'est-ce, plus concrètement, qu'une roue de secours, un équipement en sus pour aventuriers musicaux qui n'ont pas peur des grands chemins accidentés et qui pourraient facilement voiler, au moindre dérapage modal, l'axe principal. A contrario, la chose s'avère peut-être tout autant indispensable qu'un bourdon sur une cabrette !

Après tout, il y a bien un fêlé de bricoleur qui eut l'idée, un jour, d'ajouter une roue à son monocycle, et un autre dingue d'inventeur qui doubla le foyer de son monocle. Lors là, qui sait…


Pascal.

mardi 18 décembre 2012

Une vielle à roue érotique

Vous ne savez qu'offrir pour la Noël. Vous cherchez, en vain, le cadeau original ; le plaisir vrai, qui bourdonnera à l'oreille de votre aimé(e). Il ne reste qu'une poignée de jours, une semaine exactement, pour dénicher le présent idéal, celui à déposer, discrètement, dans le sabot près de la cheminée, et vous commencez à céder à l'angoisse. Vous espérez, à la veille de ce 25 décembre qui approche à grands galops de rennes, acquérir la VTT (Vielle du Troisième Type) qui saura surprendre et gâter l'enfant qui sommeille encore au cœur de la musicienne ou du musicien pour qui vous seriez prêt(e) à tout pour que ce Noël soit le plus inoubliable de sa life.

Ne réfléchissez pas davantage, cessez de feuilleter les catalogues en ligne ou en papier, voici la vielle à roue à la fois tendance et vintage qui exaucera vos vœux de fin d'année. Certains, au Paratge des Sirènes, jouent sur une vielle à roue de Jacques Grandchamp, mais cet instrument, œuvre dudit facteur, ne leur est probablement pas connu. Remercions le vielliste Dominique Regef, de nous avoir rappelé l'existence de cette huitième merveille du monde.

Vielle à roue érotique de Jacques Grandchamp © Musée des musiques populaires

Réalisée il y a bien longtemps, en 1986 ("Libertine", de Mylène Farmer, cartonne alors dans tous les bals), conservée parmi d'autres objets (la liaison s'impose) au Musée des musiques populaires de Montluçon, nous avons là une véritable fresque de plasticien, de sculpteur… de poète. Ce modèle de vielle à roue est en sapin (Noël oblige), contreplaqué laqué, avec miroir, tissus et matières plastiques. Et une roue. Bien évidemment, il s'agit, avant tout, d'un instrument de musique. C'est à dire qu'au plaisir de l'œil, vous aurez celui des oreilles — même si, dans l'un cas comme dans l'autre, cela rend sourd.

« Si son décor érotique et pornographique bouscule les canons de la lutherie traditionnelle, il s'inscrit toutefois dans une certaine tradition plastique. En effet, les luthiers de Jenzat incluaient dans leurs décors des silhouettes de personnages découpés dans les journaux de l'époque. Jacques Grandchamp fait un clin d'œil à cette pratique, en utilisant les objets du quotidien et l'univers fortement érotisé de la société contemporaine dans ses créations. » — Musée des musiques populaires.


Pascal.

mercredi 31 octobre 2012

Giant hurdy gurdy

Étonnant duo, pour cette improvisation entre un harmoniciste, Chris Turner, et un (deux ?) vielliste(s). Comme cela, le morceau semblerait presque anodin.
Mais il est interprété par un instrument à bourdons qui vaut son pesant de chanterelles. Tout ceci est l'œuvre d'un Américain un peu fou, Steeven Lee Jobe, qui utilise la facture d'un autre Ricain qu'il faudrait interner, Jeremy Woodward, de Providence (Rhode Island), invention complétée par le luthier Daniel Thonon, de Montréal. 




Les connaisseurs auront identifié la vielle ; il s'agit, en effet, de celle de ce bon Maître Hieronymus Bosch (ca 1453 - ca 1516), qui semble à échelle semblable du tableau "L'Enfer" ; c'est-à-dire une version taille XXXL d'une soprano standard qui sortirait des ateliers de Jacques Grandchamp, Denis Siorat ou Philippe Mousnier.
Le plus difficile, comme on peut l'imaginer, est l'utilisation de la corde trompette où, après une série de coup-de-trois, le musicien doit avoir l'avant-bras de Jo-Wilfried Tsonga. On peut également s'inquiéter de la consommation en coton et en colophane que nécessite un tel engin pas moins muni de… trois roues ! Quant au transport, on voit mal le Bruno arriver à nos rendez-vous mensuels avec l'instrument sous le bras, ni même Patrice — qui s'y connaît en Limousines —rouler jusqu'à Agde avec autre chose qu'un semi-remorque.

Finalement, comme nous le souffle Chris Turner, n'est-il pas plus raisonnable de jouer de l'harmonica ?


Pascal.

vendredi 31 août 2012

La vielle-guitare George

Nous évoquions, à l'occasion d'un article consacré au vielleur Spencer Tracy, la vielle à roue qui apparaît dans le film "Captains courageous" où l'acteur tourne la manivelle lors d'une scène d'anthologie.
Ce film a longtemps erré dans les souvenirs de Graeme Mc Cormack, un musicien talentueux et un peu fêlé du bocal. Désireux d'acquérir pareil instrument, l'homme entreprit de le construire, car trouver une vielle quelque part sur la planète ne lui semblait pas plus simple que de s'enfermer dans son atelier avec ses outils. 

George © Graeme Mc Cormack

L'instrument terminé, nous avons, sous les yeux, une vielle pas déplaisante à regarder, avec son corps de guitare recyclée (l'inverse nous laisserait songeur). Notons, tout de même, que l'instrument est bien équipé en cordes, comptons-nous, par exemple, trois chiens bien rangés sur le bon côté, et quelques sympathiques, de l'autre.
Comme une grande dame ayant un peu écrit, jadis, sur les traditions musicales autour des instruments à bourdons, cette vielle à roue est prénommée... George.


Pascal.

mercredi 25 avril 2012

Nylondornige Drehleier

Décidément, encore une "vielle" sans ce petit chevalet qui grince : mais qu'ont-ils, tous ces inventeurs géniaux, contre notre chien vénèr ? 

Ici, le musicien TekknoPizza (l'équivalent de notre PolkaBouillab') interprète "Oh Susanna". Et c'est presque aussi beau qu'une vraie vielle à roue jouant "Derrière chez nous" ou "Les grandes poteries" ! 


L'instrument est bien séquestré dans un aquarium transparent : on peut le voir, l'entendre, mais l'auditeur demeure protégé, des fois que la musique lui saute à la gorge. Pas bête.
À l'instar de Michæl Jackson, que l'on ligotait dans un caisson afin qu'il ne se jeta aux cous des jeunes gens, pourrions-nous suggérer d'enfermer les vielleurs plutôt que leurs instruments ?


Pascal.

jeudi 19 avril 2012

La vièle de Prætorius

Philippe Berne est le seul facteur d'instruments à avoir travaillé sur cette sorte de "violon à roue" de l'époque mozarabe. Devons-nous voir là, dans cette frétillante fantaisie créatrice, un signe qui nous incite à confirmer — pour nous, qui fréquentons Bruno Priez à longueur d'année — que les artistes ardéchois ne sont pas des gens tout à fait comme les autres  ?
L'iconographie est quasiment inexistante sur le sujet — euh… nous parlons de l'instrument, pas des Ardéchois, pour lesquels traités, procès et autres paperasses encombrent les dépôts d'archives —, si ce ne sont les illustrations au cœur du Syntagma musicum de Michæl Prætorius.

Ces Compos sur des beats acid, interprétées par The Moshell, bassiste et également joueur vielle à roue et de chifonnie, illustrent parfaitement… qu'il manque un petit chevalet mobile à cette vieille nouvelle invention. Mais, après écoute, les médisants (les non-vielleux) admettront que l'on s'en passe très bien.




Les vielles à roue et à manche de Philippe Berne sont, généralement, au sortir de l'atelier, munies de six cordes, auxquelles s'ajoutent trois sympathiques. L'entretien est le même que pour celui d'une vielle avec ses deux ll, à savoir du coton sur les cordes, de la colophane sur la roue, un sourire de Joconde aux lèvres du musicien.


Pierre & Pascal.

mercredi 28 mars 2012

Dans la famille "à roue" : l'harmonica de verre

Nous ne pouvions passer sous silence cette invention unique dans l'histoire des instruments de musique à roue. Son origine se perd au XVIIIe siècle, lorsque Benjamin Franklin — sans doute n'avait-il rien à faire, ce week end-là — invente l'harmonica de verre.
Depuis, l'instrument a évolué, et nous nous interrogeons, aujourd'hui, sur la question essentielle concernant ce… cette… : est-ce une vielle ou, simplement, une "à roue" ?
Vera Meyer se pose une quantité d'autres question, depuis qu'elle étudie autour de l'univers de cet instrument. Originaire du Massachusetts, elle réalise un immense travail de formation et d'information pour valoriser tout cela. Sans coton ni colophane.


Si Mozart ou Beethoven sont à compter au rang des illustres compositeurs pour l'harmonica de verre, Tom Waits ou le groupe de métal KoЯn sont d'autres musiciens qui ont utilisé la… le…, enfin cette chose qui se manipule en tournant une manivelle, et à laquelle il ne manque qu'un petit chevalet mobile pour le rendre définitivement agréable à nos oreilles sensibles.


Pierre & Pascal.

mardi 21 février 2012

Organistrum polyphonique et chromatique

Si l'organistrum est l'ancêtre de notre vielle à roue, Bruno vient de nous trouver le descendant direct d'icelui, un instrument polyphonique et chromatique inspiré des croquis de Leonard de Vinci.
Le spécimen fut construit dans l'atelier de Ramon Elias, à Altet, du côté de Tàrrega, à l'ouest de Barcelona.

Superbement filmé, il est ici utilisé pour une courte improvisation — fidèle à l'esprit de Palestrina —, qui résume assez brillamment toute l'expressivité de ce grand corps à cordes.





Pascal.

mardi 24 janvier 2012

Hurdy grande

Paul Joseph Dresher, né à Los Angeles le 8 janvier 1951 alors qu'Elvis Presley fête ce jour-là ses seize ans, est resté en Californie pour suivre son enseignement universitaire musical.

Si, à ses débuts, il a joué de la guitare électrique comme le King et comme tous les adolescents — sauf, peut-être, Bruno Priez —, il s'est vite orienté vers la composition et le travail orchestral. Parallèlement, il s'est intéressé aux percussions africaines, au sitar indien et au gamelan indonésien. À l'instar d'un Steve Reich — qu'il a côtoyé —, il est considéré comme un compositeur minimaliste voir post-minimaliste. Mais lui-même — et à l'instar d'un Serge Boyer dans ses grands jours — se défini plutôt comme un… compositeur pré-maximaliste.

Mais le plus surprenant, dans cette carrière à peine résumée ici, est qu'il se soit penché sur une machinerie étrange, qui semble cousiner avec l'impossible instrument qui nous émerveille toutes et tous au Paratge, une hurdy grande qui a été conçue pour « Schick Machine », une création du Paul Dresher Ensemble. Un tantinet plus longue que la ténor de Patrice, les sons réalisés sous l'imagination de ce musicien sur cette vielle à roue(s) n'ont presque rien à envier à ceux qui sortent parfois de la galerie La Perle Noire.

Pascal.


vendredi 9 décembre 2011

Hurgy box et hurgy toy

Encore un Alsacien à l'honneur !
Décidément, avec les vielleuses et vielleurs du Paratge, qui ont quasiment toutes et tous une histoire avec le Pays de l'Ill, avec l'actualité people qui rappelle que les plus belles filles du monde (non-occitan) sont originaires du Sundgau, présentons l'avancée des recherches en facture instrumentale d'un passionné fou-furieux comme nous les aimons, Léo Maurel, lui-même domicilié en région strasbourgeoise.

Son travail est principalement orienté autour de l'archet circulaire. Actuellement — comme il le précise avec beaucoup de chaleur sur son site internet [ http://violonaroue.blogspot.com/ ] —, il est en mesure d'offrir un café de qualité aux visiteurs (car on lui a offert une cafetière électrique) qui souhaiteraient découvrir sa hurgy box. Si, comme Pierre, vous passez du côté du Rhin (bas) pour les fêtes de la Noël, allez frapper à la porte de son atelier.

Ce luthier hors-normes étant intéressé par la rencontre de différentes personnes travaillant avec l'archet circulaire, apprécions la collaboration née avec Djp, bidouilleur expérimentateur sonore bruxellois qui, après avoir tripoté longuement les hurgy toys, a décidé de s'en fabriquer une, puis une autre. Le résultat est déroutant, autant organologiquement que musicalement.


Hurgy box © Djp


Et, diable ! ça sonne aussi bien qu'une Chougnard®...

Pascal. 


"Hurgy box" © Djp

jeudi 27 octobre 2011

Rat's hurdy gurdy

Nous avons trouvé encore plus roots qu'une vielle Chougnard® : Olivier Tarabo a conçu un instrument exceptionnel, la… rat's hurdy gurdy !
Musicien au sein du groupe Rosa Crux [ Rosa†Crvx ] — un vieux combo rock gothique originaire de Rouen —, Olivier Tarabo n'en est pas à son coup d'essai. Inventeur de la Bam (batterie automate midi, prix Innovations et Inventions pour le Son au Trophée Louis Jouvet au salon du Siel 2001), qui permettait de se passer du batteur, il imagine, ici, une vielle qui autorise au musicien de se passer de la main droite. Une idée formidablement intéressante, notamment pour Bruno et pour Pierre qui, comme chacun le sait, sont de purs gauchers.




Nos amis luthiers Grandchamp, Mousnier et Siorat ont du mouron à se faire, si Tarabo présente cette vielle sur les stands des grands festivals, la concurrence risque d'être rude. De là à brader les instruments et faire des vielles au rat-bais, il n'y a qu'un pas…
Et si, de plus, la rat's hurdy gurdy est mise en valeur par de fins connaisseurs comme le dessinateur Héraultais-belge P'tit Luc, c'est le succès assuré.

N'empêche, le premier qui gagne le concours soliste à St-Chartier/Ars avec ce modèle est un dieu !


Bruno & Pascal.