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jeudi 7 mai 2026

L'Écho des Sirènes, avril 2026

© Pierre Tissot
Lo Partage a Seta.  

C’est au cœur de l’hiver, par une nuit sans lune, que les organisateurs d’Escale à Sète, dits Les Bénévoles de l’Éternel, ou encore Les Galériens du quai d’Alger, ont revendiqué, à juste titre, et pour la première fois en sept éditions, la création d’un Village languedocien dédié aux chants, musiques et traditions littoraux

Une délégation languedocienne a ainsi été créée, afin d’établir toute une programmation artistique et culturelle, sous forme d’ateliers publics ou de concerts, pendant les sept jours de festival. Bien évidemment, les intervenants devaient avoir un lien avec la mer, dite la Grande bleue, dite Mare nostrum, ou encore la Baille à stocke-fish.

 


Le Paratge des sirènes cochait absolument toutes les cases, si ce n’est celle de sa propre existence. En effet, après de longues années à briguer les festivals et à pirater les scènes régionales, le Paratge connut les affres du confinement et disparu à fond de cale. Les fondateurs n’étaient pourtant pas bien loin, et même, entrainaient autour d’eux de « nouveaux novices ». Il suffit d’une sollicitation pour armer à nouveau le navire. C’est Marie qui leva les voiles et battit le rappel : les boscos cessèrent de s’affourcher sur leurs ancres et c’est tout le Paratge qui appareilla vers Tourbes, puis Sète, dite l’Île singulière, dite La Petite Venise du Languedoc, dite l’Embouteillée cité du pouffre.

    

L’escale fut, sommes toutes, bien agréable et bien profitable ; face au Galéon ibérique, une quinzaine de vielles sonnèrent de concert tandis que les autochtones s’approchaient en cabotant, tels des Argonautes attirés par le chant des sirènes. L’atelier fut un vrai atelier ; c’est le principe même d’Escale à Sète, qui s’intéresse moins aux marchands du temple qu’aux vrais acteurs des cultures du monde. Certains s’y sont essayés ; les reverrons-nous un jour sur le pont ?

Sous la tente languedocienne, résonnaient Principessa et autres scottishes qui ont fait la renommée du Paratge à l’est de l’Hérault et à l’ouest du Vidourle. Patrice facile à la démo, Serge et Marie à l’apéro, et, au micro, Jean-Brice, dit Castanha, dit les Quatre-cent-coups (de chien), dit the Crazy hurdy-gurdy player of Villeneuve. Un bon Paratge dans l’esprit Rue de l’Amour, qui remplit les cœurs et les boujarons de joie, de vin et de nouveaux morceaux à réviser.

 

 

  

Serge.

mardi 24 mars 2026

L'Écho des Sirènes, mars 2026

© Pierre Tissot
Le premier mardi de mars (jour de mars du même mois), à Tourbes, on tournait la roue. Nous étions tous là en prévision du prochain 1er avril, où est prévu notre future escale en forme de poisson d’avril qui n’en est pas un. 
 
En effet, le Paratge se prépare à intervenir lors d’Escale à Sète de cette année. Par conséquent, chacun arqué sur sa manivelle, nous échangeâmes morceaux et autres propositions pour faire tourner les roues et, nous l’espérons, les têtes de nos prochains auditeurs.
 
 
 Le Paratge des Sirènes © Ana

Comme d’habitude, bons mots et calembours succédèrent aux notes et coups de chiens, pour se finir en repas convivial. Après avoir fait vibrer nos tables d’harmonie, nous vibrons en harmonie autour de la table. Rendez-vous au premier avril, à Sète, pour voir passer un banc de sirènes.


Pierre

jeudi 5 février 2026

L'Écho des Sirènes, février 2026

© Pierre Tissot
« Tu vois, moussaillon, du temps de la grande aliénation, où même les trop fiers frères de la côte restèrent à l’amarre et, en dehors de quelques-uns pour qui seule valait la liberté, tout le monde était à fond de cale, on crût les sirènes disparues. De l’écume des sept mers aux tréfonds des abysses aveugles, on ne vît plus ces femmes poissons.

Passant de Charybde à Scylla, interrogeant Ann Bonny ou Jack Rackham, d’Ulysse à Némo, de Robinson à Mercredi, d’Haddock à Bob l’Éponge, pas un seul écumeur des flots n’était foutu de préciser quand il avait vu, pour la dernière fois, une queue de ces morues marines. »

Ainsi parlait Pedro, vieux loup de mer au poil rêche et constellé de fleur de sel, faisant passer sa bobine pour celle du Père Noël. Il s’adressait à un jeune rouet tout en oreilles, à qui l’on avait vanté ces rencontres de galériens de la manivelle : Le Paratge des Sirènes.

Et le vieux loup de conclure, entre deux toussotements : « Foin de Paratge dans les parages ! »
Puis, après un long silence, durant lequel ses narines en profitèrent pour laper l’air iodé, l’œil du géronte s’alluma et, le sourire en coin, il reprit : « Maaaaiiis, ne t’a-t’on pas appris que les légendes jamais ne meurent ? Il se dit, dans moults gargottes et autres estaminets des docks, que les sirènes seraient de retour. On prétend qu’elles auraient délaissé le jour de Mercure pour celui de Mars… or, comme dirait Ovide bourré* : Mars, et ça repart ! »



 Le Paratge des Sirènes : Chypre © Jean-Brice

Ainsi, c’est à quelques kilomètres du rivage, à défauts d’encablures, en la bonne terre de Tourbes, que revinrent les sirènes en ce premier mardi de février et… de même pour ceux à venir.

La roue tourne !


En voix orff on entend :

O Fortuna
Velut luna
Statu variabilis,
Semper crescis
Aut decrescis ;
Vita detestabilis
Nunc obdurat
Et tunc curat
Ludo mentis aciem,
Egestatem,
Potestatem
Pissolvit ut glaciem.
(Celle-là, elle est pour Patrice).


Pierre
 
 
*Ovide plein, ça c’est pour la blague France Culture.