Rechercher dans Le Paratge des Sirènes

mercredi 7 novembre 2018

L'Écho des Sirènes, octobre 2018

© Pierre Tissot
C’est la rentrée du Paratge 2018 dans ses murs, ceux du foyer rural de Tourbes depuis bientôt un an. Mais aujourd’hui, il y a un pré-Paratge, et pas des moindres : en effet, le matin à 9 heures, Jean-Brice et Magalie passent devant Monsieur le Maire, et ils ont même un témoin : Monsieur Jacques Cress, président du dit foyer. JB ne fait pas les choses à moitié : à bord d’une rutilante voiture noire de ministre flambant neuve, il remonte la rue de la mairie en sens interdit sous le regard médusé d’autochtones interloqués. Après force manœuvres de stationnement, il sort enfin au grand jour, brandissant plusieurs exemplaires d’un dossier dûment compilé pendant la nuit : l’avant projet de la fête des 10 ans du Paratge à Tourbes, le mercredi 1er mai 2019.

Les 10 ans du Paratge : c'est par là ! © Jean-Brice


L’entrevue avec Christian Jantel est fructueuse, et après des échanges experts sur l’organisation et la logistique, le Tourbain, la Tourbaine, et le Bittérois (mais pas la Bittérenne) ressortent de la mairie avec la bénédiction de son édile. Direction l’église, puis déambulation pour repérage dans les ruelles et placettes de charme et au parc-scène via le marché, avant un café au café sous les platanes centenaires. Un dernier saut jusqu’à la salle des fêtes, communément appelée foyer des campagnes dans la région, où l’on retrouve d’ailleurs le maire affairé, mais qui aimablement nous présente le lieu. En ressortant, il est presque midi. On pourrait aisément profiter de ce beau village jusqu’à 16h30, heure de Paratge. Il reste bien plusieurs restos et bars à vin à visiter, mais le déjeuner, communément appelé dîner dans la région, attend dans les pénates respectives. Alors, à tout à l’heure !

Il est 16h40. Pas de JB ni de clé à l’horizon du foyer rural, devant lequel sont postés Alain, Magalie, Julie et ses deux fils jumeaux de 11 ans : Gabin et Raphaël. Eh oui, les plus jeunes recrues du Paratge sont là. Lors d’une sortie pédagogique de septembre avec le collège de Roujan, ils ont entendu un vielliste (Jean-Marc Parayre) jouer de son instrument dans une chapelle près de Bédarieux. Et ce fut la révélation ! En rentrant chez eux le soir, ils ont annoncé à leur maman :
« On sait ce qu’on veut faire dans la vie : de la vielle à roue ! »
— Vous êtes sûrs que vous ne préférez pas faire de la guitare, ou du piano ? Ça, je pourrais vous trouver des cours. »
Les fistons n’en démordant pas, Julie s’est alors souvenue qu’elle connaissait tout de même une énergumène tourneuse de manivelle : Magalie, sa collègue.
« Magaliiiii ? Au secours ! Devine ce qui m’arrive : mes fils veulent jouer de la vielle à roue !! Mais qu’est-ce que je peux faire…?! »
Téléphoner à Jean-Brice, qui invita ces deux urluberlus-qui-ne-peuvent-pas-faire-de-la-guitare-comme-tout-le-monde-non-mais-alors au Paratge d’octobre pour leur initiation.

16h42, les vielles Havond déboulent dans une fourgonnette des Cuisines de Provence. 16h45, telle une diva au retard calculé, la voiture noire étincelante fait une entrée lente et majestueuse dans le parking du foyer. Après force manœuvres de stationnement, Jean-Brice s’en extirpe en justifiant avec conviction son retard et les dimensions de son nouveau véhicule.

Le premier atelier démarre façon leçon numéro un : assis et impressionnés, nos deux pioupious sont prestement harnachés d’une vielle d’une taille juste au-dessous de la leur. Puis, le précepteur dispense les premiers enseignements, sous le regard attentif du luthier. À l’autre bout de la frise chronologique, Alain en profite pour revoir les bases. Un autre Alain arrive. C’est le papa. Magalie prend des photos de familles pour le blog et la postérité. Qui sait ? Peut-être assistons-nous là aux premiers tours de manivelle d’un futur Patrick Bouffard. Peut-être dans 40 ans les frères Blad supplanteront-ils les Guillemain dans la célébrité…

Face au précepteur, au luthier attentif, ainsi qu'à leurs parents, 
Gabin et Raphaël font leurs premiers tours de roue © Magalie


Malgré le poids des regards et de l’attention de tous ces adultes, nos deux néophytes émettent leurs premiers sons avec brio, c’est-à-dire sans évacuation immédiate du local par ses occupants. Gabin pousse un peu le chien à aboyer, et confie à Magalie que c’est ce qu’il préfère dans la vielle. Après une bonne demi-heure d’entraînement, l’initiation prend fin. Julie s’accorde avec JB pour des retrouvailles. Les vielles s’accordent pour l’atelier des adultes.

Bientôt, Marie arrive, talonnée par Pierre. JB fait une première annonce sur l’avancement du projet des 10 ans du Paratge. Attention, ça va gazer ! Il faut bosser dur, tout le monde ! Allez, au boulot, tout de suite, et qu’ça saute !
Malgré l’hilarité déployée d’un Pierre très en forme, on attaque avec un sérieux inhabituel les arrangements d’un premier morceau : "Derrière chez nous". La discipline est de rigueur : Alain, qui tourne sa manivelle pendant des explications, est envoyé au coin. On reprend : on se met d’accord, on note, on répète, on enregistre. Un moment rare de Paratge, sans brouhaha, chahut, effusions sur les résultats du rugby, ni effluves de vin rouge. Mais que se passe-t-il ? Seule une tablette de chocolat collective disparaît à la vitesse de la lumière en face de Magalie.

À peine Alain a-t-il réintégré le cercle que Pascal arrive, avec une heure d’avance. Il n’a pas fini la distribution circulaire de bisous qu’il se trouve interpellé (sans doute par quelque jaloux) sur la bactériologie de la barbe. Bien que le sujet n’avantage point la plupart des paratgeaïres, on disserte allègrement sur ce constat alarmant : les barbes partagent avec les lunettes de wc le même nombre et le même type de bactéries. On se dévisage : plus de la moitié de notre assemblée est barbue ! Ce n’est plus un Paratge de foyer rural, mais un partage de foyers infectieux ! Seuls Marie, Magalie et Jean-Brice se tirent à bon compte de la discussion, Jean-Brice avec un léger mérite en plus.
Max arrive. Ouf, il est rasé de près ! Mais bon sang, il a pourtant quelque chose de semblable… Ça y est, Pascal, aux lunettes aseptiques, met le doigt dessus : « Tu as le même t-shirt que Thierry ! » Une marque sportive a encore frappé ! Sans doute par souci d’harmonie visuelle, Max va s’assoir à côté de Thierry. Après les jumeaux Blad, les jumeaux Décathlon sont au Paratge !

Dissertation sur le mérite (ou non) de ne point porter la barbe © Magalie


Bon, après toutes ces digressions, glabres et velus remettent la main à la manivelle, JB aux manettes. On refait un tour derrière chez nous, puis on s’arrête au "Bal au Francese". Avec componction, JB note sur un calepin le déroulement des parties à exécuter par les (H)uns et les autres.
Aïe aïe aïe, voilà que Pierre relance la rubrique nécrologique, stoppée depuis quelques mois. Le Français du bal se fait plaquer, et une partie de l’équipe entame "La Bohème", mais pour quelques secondes seulement. En effet, l’évocation d’un match de rugby expédie l’hommage, et la discussion reprend de plus belle depuis les tribunes du palais des sports de Béziers, pendant que tout le reste de la compagnie s’égaye par binômes dans des palabres diverses.
Marie attend. Calepin à la main et yeux rivés sur les deux trublions, elle retient un soupir. L’heure de colle va bientôt tomber. Heureusement, on finit par reprendre nos esprits et nos manivelles avant sanction, et on part faire un tour vers "Paris et ses scottishes".

Pierre et Pascal, bohémiens-cathares du Paratge  © Jean-Brice


Arrive le point de non retour, quand Thierry ne tient plus sans vin rouge ni pâté. D’un bond, il nous entraîne tous dans son élan vers le réfectoire du monastère. Le transfert s’opère en moins de 30 secondes. On redistribue quelques tables, et nous revoici en posture de banquet autour d’emballages épars qui tournent en boucle. Ce soir, point de conversations ni plaisanteries privées entre quatre yeux ; tous les regards sont sur Jean-Brice, qui rend compte solennellement de l’avancement du projet des 10 ans du Paratge. Tout le monde écoute avec une certaine gravité.
Il faut dire qu’il y a de l’ambition : jouant des coudes avec les festivals du Son Continu et d’Anost, Tourbes est en passe de devenir THE rendez-vous incontournable de la vielle à roue en Languedoc le 1er mai 2019 : passa carreira, concert conté et chanté dans l’église, bœuf tout le midi à la terrasse du café, atelier du luthier, formations réduites dans la cour de l’ancien castrum, concert et balèti au parc Anglade, musiciens formellement invités, affiche officielle par notre maître dessinateur professionnel, j’ai nommé Pierre, etc. On ne sait plus qui, du bon vin ou du programme, commence à nous faire tourner la tête. Quelques réserves sont proférées quant à la popularité de l’événement. Un terrain d’entente est trouvé pour pouvoir assumer un éventuel flop sans avoir engagé trop de gens ni de sous. Mais c’est sûr, ça va être une fête magnifique.
Le temps d’une journée, Tourbes va se transformer en monde merveilleux de la vielle à roue. Le décor est déjà là, il n’y a plus qu’à lâcher les talents multiples des paratgeaïres dans les rues et la convivencia, la joya, et l’amor feront le reste.

C’est la fin de la rentrée 2018 du Paratge dans ses murs, ceux du foyer rural de Tourbes depuis bientôt un an. Mais aujourd’hui, il y a un post-paratge, et pas des moindres : en effet, ce soir aux alentours de minuit, Pascal et Magalie passent devant la mairie, déambulent dans les ruelles et les cours médiévales secrètes que cache le village derrière la façade du quai. Invisibles et affranchis de la lumière du jour, les deux paratgeaïres glissent de porche en fontaine, déchiffrent les pierres et tutoient les âmes de quelques ancêtres à la lueur des luminaires d’un ciel d’octobre estival.
Dans la nuit s’esquissent les silhouettes des compagnons de bonne fortune : ici se tiendrait Thierry et sa lutherie, là jouerait Marie et sa suite, là encore habiterait Magalie derrière une fenêtre à meneaux du XVe siècle, devant laquelle elle pourrait enfin rédiger ses articles pour le Paratge en calligraphie à la plume d’oie.
Pas une ombre au tableau ; tout est à sa place. La subreptice découverte du Tourbes nocturne s’achève comme il se doit près du chevet de l’église, d’où une fois encore les volutes des palabres ne se dissiperont sur le chemin des étoiles que fort tard dans la nuit.


Magalligrafa Plume-d'oie.

mercredi 10 octobre 2018

L'Écho des Sirènes, septembre 2018

© Pierre Tissot
L’autre jour, au super marché, j’ai croisé Jacqueline.

Elle se précipite vers moi, cheveux dressés sur la tête, œil bleu plein d’étincelles. Jacqueline est de l’inattendu et le cœur ouvert à deux battants. Je la classe parmi les créatifs… inclassables.

—  Mardi soir… concert chez moi à 19 heures… Vous viendrez ?
—  Concert de quoi ?
—  De vielles à roue.
—  Quoi ? De vielles à roue ?

Mardi soir, on entre dans le jardin plein de poteries et de sculptures.
Déjà du monde.

—  Bonsoir, bonsoir. Embrassades.
—  Ah ! C’est vous ? Il y a longtemps qu’on ne s’était pas vu…
—  Comment ça va ?
—  Ça va… ca va…

Sourires du soir. Quelques souvenirs. Touches de cordialité apaisante. Frémissement des feuilles au passage d’un souffle de vent…

Les plats sur les tables déclenchent des réflexes de mâchouillis et de déglutition… Pizzas, quiches… cakes salés ou sucrés. La cordialité se situe maintenant au niveau de l’estomac. Le vin coule. Début de béatitude dans l’ombre qui gagne.



00:00 Présentation de la vielle à roue, par Marc
14:00 Concert du Paratge des Sirènes, à Clapier
© ProdGD 

Quelques uns se détachent du groupe, montent sur la terrasse, armés d’un instrument à la gueule incroyable. Une chose lourdingue, bossue ou ventrue, on ne sait pas. Doté d’une manivelle pour la roue, qui va faire sonner le bourdon, et puis des cordes qu’on ne distingue pas bien.

Les dix vielleux s’assoient. Nous aussi, en contre-bas, absorbés par l’ombre des arbres.

Les vieux instruments se mettent en marche. On ferme les yeux. On entre dans une forêt de sons étranges, étrangers à nos oreilles. Mille sonorités des airs gais ou mélancoliques. Et les bourdons nous entrainent on ne sait où. Au loin… bien au-delà de nous-mêmes.

Je crois que ce soir là, les arbres aussi se sont mis à rêver.


Marie-Hélène Lopez

jeudi 4 octobre 2018

10 ans du Paratge · Fête de la vielle #info 1

Psssst…
Pssssst… Pssst…

Traînant dans les ruelles d'un petit village du nord de l'Hérault, hier soir, vers la minuit, nous entendîmes s'élever, des murs de la mairie et du foyer rural, les murmures de certaine discussion.

Nous dressâmes l'oreille…

Il se dit, qu'une fête se prépare… une Fête de la vielle !

D'après nos écoutes discrètes, elle aurait lieu pour célébrer :

les 10 ans du Paratge


à Tourbes, tout près de Pézenas
le 1er mai 2019

Bourdons… concerts… apéro… bœufs… lutherie… blablabla… balèti géant…

Pssst…
Pssssst… Pssst…

Répétez-le autour de vous, en le chuchotant…


Le vielleur masqué

mercredi 5 septembre 2018

Robert Émile Vielles, instituteur cévenol

C'est la rentrée !

Rappelons-nous de ces années sur les bancs de l'école municipale, de notre enfance où nous n'étions, avec l'ami Georges, que « des paresseux, des lève-nez, des cancres, des crétins crasseux ».
Car, cette semaine, c'est la rentrée !

Et nous devons trouver un instituteur, pour diriger la classe de nos rejetons.
Un homme cultivé, bon et droit. Un sire de la pédagogie. Un patient parmi les calmes, riche de valeurs patriotiques et de bon sens, appliqué la craie en main, ferme et juste. Un vrai diplômé, qui n'ignore rien, ni de l’arithmétique, ni de la grammaire, qui connaît son Bescherelle par cœur, qui possède toutes les dates de l'Histoire de France en mémoire. Un garçon fort de ses sept années d'humanités, et qui sache également enseigner la gymnastique, le dessin et le chant folklorique. 

Mesdames et messieurs du Paratge, nous avons, il nous semble, le candidat parfait. Son dossier est là, déniché dans un vieux fonds poussiéreux, par votre serviteur, la semaine dernière, aux Archives départementales du Gard. 

Monsieur Robert Émile Vielles
né le 7 janvier 1897 à Saint-Jean du Gard

1919 Robert Émile Vielles, instituteur © Pascal Jaussaud

Libéré de ses obligations militaires, célibataire et dévoué à ses parents, royalement noté au-dessus de la moyenne par l'inspecteur primaire, son profil nous certifie la respectueuse mentalité de l'enseignant (il est Cévenol).
Brevet élémentaire délivré en 1913, son expérience de plusieurs mois dans sa localité natale saura lui permettre de s'adapter aux enfants les plus indisciplinés de nos effectifs (pensons à Fabien, Saint-Jeannais, lui-même, qui a bien besoin qu'un instit' un peu strict vienne lui tirer les cheveux).
Par avance, nous devinons qu'il saura également s'intégrer à l'équipe déjà en place : Marie, institutrice au niveau inférieur, Magalie, professeure dans le supérieur, toutes deux prêtes et volontaires pour accueillir avec sympathie et impatience leur collègue Robert Émile et travailler de concert avec lui.

Sur ce, comme le disait Enrico : « on peut commencer la classe, ça va encore finir en récréation ! »


Pascal

mercredi 25 juillet 2018

L'Écho des Sirènes, juillet 2018

© Pierre Tissot
En ce premier mercredi 4 juillet, fête nationale des Ricains qui nous passèrent devant de 10 jours en ce qui concerne le feu d’artifice et le bal musette, je suivai un nouveau jeu de piste où le fléchage « spiruline » me mena aux jardins de M, la maudite vielleuse aux mille noms.

Sur les hauteurs de Tourbes, je pénétrai en un jardin pas plus anglais que français, orné d’arbres fruitiers, d’oliviers et autres plantes qui offraient un ombrage bienvenu. Un hameau de mobil homes, de serres et de tentes diverses, balayé par le ballet des courants d’air frais. Un havre.

Balayé par le ballet des courants d'air frais, un havre… © M., la maudite vielleuse aux mille noms

J’y trouvai, dans un premier temps, Thierry et Jibé, qui venait de tirer sa chemise à Magnum, Pascal et sa coiffure du célèbre Paul Hochon, Pat bien moins chevelu mais du coup plus brillant, puis, nous fûmes rejoints par notre hôtesse qui proposa des rafraichissements bienvenus

Tel un équipage faisant escale dans l’île d’Ayayé, l’ambiance était d’emblée à la détente et, comme le remarquaient Pascal et/ou Patrice, nos vielles semblaient plus un prétexte que le but de nos retrouvailles. Alors que nous nous demandions des nouvelles de probables absents, Camiiiiillle, anesthésiant, Ana, voyageant dans le bordelais, Zack, disparaissant comme colombe en bazooka, Flavia désistée pour raison de santé, Alain de pas si loin que ça, et Fabien « qu’est-il donc devenu » ; ce dernier et sa douce apparaissaient tout en pétillement et sourires. Les bonnes nouvelles n’arrivant, jamais seules, Pascal nous apprenait que Marc daignait sortir de sa Thébaïde, ce qui est toujours plus élégant que de dire qu’il sort de Clapiers, histoire d’y perdre son lapin. À peine Fabien et Neige accueillis, que se découpe dans l’arche des arbres la silhouette de Kakin suivie de Marc et son bagage à roue. Le temps de claquer quelques bises, comme dirait Éole qui savait d’une main ferme mener ses grands airs comme ses petits, et voilà qu’advient Alain, en proche voisin.

Fabien, moustaches et fières rayures © Jean-Brice

Fabien et Thierry, sobrement assis sur des chaises à rosé © Jean-Brice

Dire l’équipe au complet serait manquer de courtoisie envers Marie, qui nous offre souvent de belles traversées du dessert, et Max, vielleux chougnardophile bienveillant.

Entre deux charades, nous admirons la nouvelle Havond de Marc. De là, à prétendre que Marc a une allure de porte Havond, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas de peur de passer par-dessus le bastingage. Finalement, notre luthier des sirènes commence à multiplier les vielles comme d’autres les poissons. Entre la découverte des toilettes sèches et les ramures du figuier, nous devisons sur le futur évènement de 2019, à savoir l’Anniversaire des sirènes. Les vielles sortent enfin et nous enquillons quelques ritournelles de ci de là, histoire d’avoir la conscience tranquille, tant on sent l’appel (de brasseur) de la bière, de la cahouète et du rosé (version sirénesque du "Le loup, le renard et la belette") se faire pressants. Avant que Thierry n’ait pu commencer à râler « et l’apéro… », nous y sommes. Je profite de la détente pour croquer mes comparses en gribouilleur occasionnel, cependant qu’arrive un couple visiblement inconnu de la plupart, qui rappelle à certain la grande époque de la Perle Noire et de ses invités mystères. Il s’avéra, qu’il s’agissait du maire de Tourbes et de son épouse venus rendre visite aux hurluberlus à manivelle, qu’il accueille dans le foyer de sa commune. Après les charades nous contrepétons quelques peu avant que ne s’entame La discussion de circonstance : LE FOOT.

Le onze finaliste : la dream team du Paratge © Kakin

Une page de pub : Chougnard répar’, chougnard remplace.

Revenons à la rencontre, en parfaits Baille cœur (elle est bonne ma prononciation, Magalie ?) nous posons devant nos instruments sur béquille. Puis, nous reprenons l’apéro ; ça bavarde dans tous les coins ; Pat aussi à l’aise dans les cantiques que dans le quantique, nous propose un problème de café à 10 € (tarif montpelliérain, au bar) tout le monde semble mystifié quand t’un hic, enfin décelé dans le postulat, met le problème à plat. S’ensuit une discussion sur le sexe des anges, comme quoi un « zeste de cantique quantique et on les tutoie » — Emmanuel Kant.

Pascal, Marie et Magalie travaillent sérieusement… © Jean-Brice

… pendant que Pierre, Thierry, Marc et Alain gèrent tranquillement © Jean-Brice

… et que Patrice trafique le turbo de sa vielle © Jean-Brice

Revenons à nos Kanterbrau, l’apéro se poursuit et l’odeur des sardines grillées vient titiller nos narines, nous avertissant que l’opération barbe Q (célèbre inventeur de gadget jamesbondien) vient de démarrer. La soirée s’étire. D’un côté on repart sur le foot, de l’autre on converse sur l’histoire des religions, près du feu ça vielle en devisant sur le trad et autres, les femmes de vielleux échangent sur leurs tympans qui saignent et le temps passe (je sais, elle est facile, mais je ne fais jamais dans la difficulté). Quelle belle famille, en somme ! Tiens à propos de somme, sentant l’alourdissement de mes paupières et profitant de l’aspiration créée par le départ de Marc et Kakin, je m’escamote dans les ténèbres et la verdure, suivie de Marie qui malgré ces deux derniers jours avant les vacances, tient à arriver à l’heure le lendemain. Qui a dit que les profs étaient des jean-foutre ?

Presque aussi beau que le Festival d'Ars ! © M., la maudite vielleuse aux mille noms

Rendez-vous est donné au premier Paratge 2018/19, dans le désormais célèbre jardin de Kakin et Marc. Et pas de lapin !!!

J’y viendrai. Cochon qui s’en dédit, comme le prétend Circé..


Pierre