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mardi 29 avril 2014

Vielle à roue en 3D

Vingt mille lieues sous la merveilleuse vielle à roue !
Attention, plongée en apnée et remontée par paliers successifs pour ne pas abimer les oreilles avec la puissance des bourdons. Quittez la poupe du navire depuis les chevalets, basculez dans le sens de la manivelle, chanterelle après chanterelle, combinaison en coton, colophane humidifiée.

La vie d'un banc de sautereaux au quotidien, les vibrations sourdes des chiens-trompettes en activité, la surbrillance étoilée d'une famille de sympathiques, tout un monde inimaginable.



Avec ce court film en 3D, ce voyage au centre de la Vielle, l'instrument n'a plus de secrets.
Mais, à quand un voyage fantastique, avec un nouveau Proteus, équipé de facteurs de vielles, pour explorer à l'intérieur du… joueur de vielle ?


Pascal

vendredi 4 avril 2014

Zona de Zanfona

Vous êtes de ceux qui ont des sueurs froides et une accélération du rythme cardiaque à la vue d'une belle manivelle. Vous secouez la salade avec une essoreuse à poignée en coup-de-quatre régulier, vous dévisser vos boulons d'enjoliveurs en trois irrégulier vers le bas, vous meulez votre café au moulin en relâché trois...

Réjouissez vous, l'expo "Zona de Zanfona" est pour vous. Trebellos de Manivella. Faites vous plaisir en 2 minutes et 48 secondes, et voyez que toute votre vie peut être peuplée de manivelles qui n'attendent que votre main...



Le bonheur c'est simple comme un coup de poignet !


Pierre


NDLR : le programme de Zona de Zanfona, X Encontro Internacional, est en ligne.

mercredi 2 avril 2014

L'Écho des Sirènes, mars 2014

© Pierre Tissot
Ce mois-ci, un Écho lointain, le chant des étoiles, puisque je vais vous narrer le Paratge martien. En ce mois qui sonne comme une barre chocolatée, qui redonne de l’énergie, il y avait foule dans le laboratoire de taille capillaire rue de l’Amour. Un trio d’absents cependant : Sergio qui, respectant la loi du Vaudeville (quand un entre l’autre sort), quitte la scène lorsque Max y entre, Thierry, emmasqué par une tarasque n’a pas pu passer le Rhône, et Pascal, peut-être sans barque pour passer la Mosson, resté en ses foyers. Sinon, la brochette des vielles était là et BIEN LÀ.

Pour le premier atelier, même formule, bossage des morceaux, avec un special track pour Lydie qui voulait un passage sur "Les filles de l’aire", le morceau Paratge pour le bizutage des primoviellants.

Marie et le b(r)ossage des morceaux © Jean-Brice

Puis, vint mestre Priez, que nous entretînmes sur le schéma de chien. En effet, pour ne rien cacher aux quelques adeptes non paratgistes qui suivent L'Écho, nous préparons un atelier de taille de chien pour lequel mestre Priez s’est penché sur le nombre d’or en terme de proportion caninoviellirouique (j’aime assez la finale qui sonne comme une chanterelle en mal de coton). Je n’en dirai pas plus, il en va en vielle comme en secret de compagnonnage ; quoiqu’il en soit, nous avons bien discuté sur le sujet. Mais en pacha qui ne perd pas son azimut, il nous dirigea vers la déconstruction et, ma foi, ce fut dur mais bon, comme dirait Lulu.
Dans un rituel désormais réglé aux petits oignons, arrive Patrice, appelé Docteur Housse puisque c’est lui qui a la plus grosse, pour le dernier atelier. Pour contrebalancer le cinq temps deux coups du mois précédent, il nous propose une "Mauresque" qui emporte l’adhésion immédiate de tous les présents (les absents, quant à eux, ayant toujours tort…). Travail sur les phrases, les deuxième voix, fignolage par ci, petits coups de chien par là, comme ci ou comme ça, les minutes s’égrènent, puis nous inaugurons ce que j’appellerai façon Ecco des Sirènes : où Annie Cordy s’invite à la vielle à roue.

Enfin, nous dressons la table au sens étymologique du terme, nous déposons nos victuailles et nous voilà partis pour une auberge espagnole. La gastronomie était placée sous le signe de l’œnologie, Patrice et moi rivalisant de picrate pour faire tomber les cheveux et cramer tout le système pileux des buveurs. Le premier, rapportant un vin bio pour lequel nous remarquâmes que nos palais ne l’étaient pas — « Il est pas bio mon palais ? » - Louis XIV, Versailles 1682 —, moi-même plus proche des armes bactériologiques rapportait un vin bouchonné que certains dirent madérisé, qui enlevait à mon comparse Patrice les dernières racines de son cuir chevelu, mais qui ne fit pas ciller le pèr’Bruno qui en a bu d’autres.
C’est ainsi que, les papilles grosses comme des pièces de vingt centimes, nous arrivâmes au dessert. À croire que nous vieillissons tous d’un coup, puisque pour cette fois c’est notre bon directeur qui passait le cap d’un an de plus au compteur, bon anniversaire, nos vœux les plus sincères…

Un an de plus au compteur, ça défile ! © Jean-Brice

Il y eut amalgame de conversations, de rires, d’histoires et d’historiettes, prise de rendez-vous pour l’atelier chien du mois d’après, discussions sur Saint-Chartier-Ars et sa « disparition  ? », préparation d’Anost, prévisions de dates pour ici ou là, réfection de monde façon brève de comptoir… Encore et toujours, cette convivencia magique qui tient la mesnie de la Sirène entre gens de bon Paratge.

Au mois prochain, pour un Paratge sur la journée avec taille à l’appui.


Pierre

mardi 25 mars 2014

L'Écho des Sirènes, février 2014

© Pierre Tissot
Avouons tout net, ce n’est pas parce que février est plus court que L'Écho sera moins long, mais parce que, sa rédaction restée en suspend trop longtemps, ma mémoire est mitée.

Pour le lieu, rien n’a changé, rue de l’Amour, dans la boutique du barbier. Pour les ateliers, non plus, un débutant, un déconstruit et un confirmé ; pour l’instrument, toujours le même : la vielle et sa roue. Pour ce qui est du contenu, en bref, la tête dans les manivelles.

Un premier atelier orienté morceaux, puisque l’idée est de travailler et de peaufiner le bal à la rue. Dommage que nous n’ayons eu Thierry qui, pour ces activités, est toujours partant. L’inoxydable Sylvia et son carnet de recettes nous composait une salade de doigts dont elle a le secret, le tout dans la joie et la blagounette, voire la blagounasse (modèle plus lourd dont je suis un impétrant).

Les dessous de table du Paratge © Pascal
Les dessus de table du Paratge © Pascal











Puis, nous retrouvions le pèr’Bruno, avec plaisir, pour son atelier de déconstruction. Là aussi, du lourd, peut-être quelque chose de plus abstrait pour les adeptes du hic* et nunc, du tout-et-tout-de-suite, du je-joue-le-morceau-à-Gre-Nigel-Alex… donc je joue comme… mais, disons-le, la pédagogie du Priez c’est du roots, mais ça le fait.

Puis…
Patrice est arrivééééé… sans se pressereeeereeeer… le beau Patou… le grand Patou… avec sa grande vielle à roue. Et là, plus de soupçon d’un attrait pour l’auberge espagnole, puisque cette dernière est repoussée à la fin des trois ateliers ; non, Patrice arrive, il sort son instrument, et nous voila, après quelques palabres, repartis pour un atelier confirmé, et un travail sur un cinq temps en deux coups inégaux dont Marie se souvient encore.
Arrivé sur le même canasson, Pascal prend le relais en reprenant le treize temps de "Tretze", déjà étudié en janvier. Séances impair et gagne, au Paratge !

Rythmes à cinq temps, avec Patrice © Sylvia
Rythmes à treize temps, avec Pascal © Sylvia











Je vous fais grâce du repas, plus pour cause d’oubli que d’autres choses, si ce n’est pour signaler que JB, dit Briceou, dit Don Jibé, dit Giovanni Briceotti il rei della pizza, fêtait son demi siècle. Oh ! fatche, on en a mal aux articulations, rien que de l’écrire.

Du haut de cette casquette, un demi-siècle contemple ce gâteau © Sylvia

Enfin, puisque nous sommes a parler d’ères géologiques, ce Paratge fut aussi celui des revenants. Hé oui ma chère Adélaïde (lumière verte et éclairage spectral, airs de scie musicale), un revenant, là, comme je vous vois, présent au tout premiers partages, puis disparu durant des années, Max est à nouveau des nôtres. Même si, modestement, il n’assiste qu’au premier atelier, on sait, pour l’avoir vu à de nombreuses reprises, qu’avec le temps, l’assiduité et le travail, il suivra les trois. Joie donc, pour un Paratge qui s’étoffe toujours plus.

*non ce n’est pas une interjection de bourré en deux temps..


Pierre


Bonus track :

jean-Brice, même pas mal aux articulations © Sylvia

mercredi 26 février 2014

Leçon particulière de vielle, pour Dr House

Jamais la rubrique La Veuve Poignet n'aura aussi bien porté son nom.
Nous avions déjà épinglé ces coquins de Jimmy Page, Bourvil et Sting, les présidents Poher ou De Gaulle, le chien Gai-Luron, avec le plus bel instrument du monde sous leurs doigts, mais là, le ténébreux, mélomane et non moins sexy Docteur House, prenant une leçon particulière de vielle à roue à cent dollars la passe, c'est un fantasme que seul Le Paratge des Sirènes pouvait exaucer, bravant la censure du CSA (Cornemuseux et Sonneurs Associés).

Mais fi des bagatelles, soyons sérieux, please.
Nous sommes en liaison intime avec le réputé Hôpital Princeton Plainsboro ; la radiographie et l'œil jaune d'un patient attestent qu'il y a une présence vaseuse au niveau du foie malade. Le toubib misanthrope se concentre, en oublie, et sa Les Paul, et sa douleur à la jambe droite, diagnostique que i a quicòm que truca, et ordonne, illico, qu'il faut avoir recours à une chirurgie exploratoire.
Immédiatement concernée par l'idée, Emily, son assistante préférée (depuis qu'il a congédié Lisa, vous vous en souvenez), improvise en ce sens, explorant manuellement le mode le plus évocateur, allant et venant sur les touches, comme nous l'eûmes pratiquement toutes et tous fait, mais avec une blouse blanche, cependant — pourtant, c'est elle qui a raison, sans, c'est plus commode pour sangler l'instrument.

Attention ! âmes sensibles s'abstenir : si vous venez de débrayer le contrôle parental de votre bécane, si vous n'êtes pas un(e) habitué(e) de ce blog qui bourdonne, si vous faites partie du jury du concours soliste vielle à roue de St-Chartier-sur-Ars, si vous êtes vielleux au sein du groupe Coriandre, ne cliquez pas sur ce qui va suivre, et passez, directement et confiants, à la chronique technique.




Rien à redire, le rythme est là, puissant et exalté, et la mélopée s'harmonise à merveille avec le sentiment d'abandon suggéré par l'intrigue. Aucune bourrée, sûrement pas un branle, ni aucun folklore du monde entier ne sauraient traduire avec autant de volupté cette fresque instrumentale.
Il faut dire qu'Emily est une professionnelle. Qui a du chien, il est vrai. Et le Docteur House a toujours préféré les intellectuelles : il le dit lui-même, la femme idéale doit pouvoir lui apporter de l'intérêt durant les cinquante-sept minutes qui restent sur une heure de rendez-vous. Et pourtant, vielleuse, il ne pouvait plus mal tomber pour lui refiler le bourdon. Mais Gregory House, s'il est un vrai cynique, n'en demeure que davantage dur de la canne.

Merci à notre ascétique Sylvia, pour nous avoir déniché cet extrait d'anthologie, cette leçon musicale et viellistique, ce grand moment que seule la télévision — à dose homéopathique — pouvait nous apporter. Admettez : ce n'est ni à St-Chartier, ni à Ars, qu'une scène aussi émouvante eut été programmée. Pourtant, "Free Bird" (thème demandé, in fine, par House à Emily) n'est autre que la version de "La bourrée des dindes" par Lynyrd Skynyrd…*

Allez, et même si ça rend sourd… à vos manivelles !


 Pascal ~


* La vérité est quelque peu plus complexe : si, un jour, en plein concert, un spectateur (un cornemuseux !) vous demande de jouer "Free Bird", feignez de l'ignorer. 
Dr House serait cornemuseux ? Diable ! cet article nous aura, au moins, appris quelque chose…