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jeudi 22 décembre 2011

Capricorne, décembre à janvier 2011/12

Capricorne et joueur de vielle à roue, le Paratge des Sirènes t'offre ton horoscope pour novembre et décembre 2011. Un vrai horoscope, fiable et recommandable comme ceux des magazines que tu peux lire dans la salle d'attente de ton facteur d'instruments préféré.

© Pierre Tissot

Travail 
Jours fériés en abondance ne signifient pas que vous devez soustraire vos efforts. Jouez sans relâche ! Le 25 décembre comme le Jour de l'An, tournez vos huit heures de manivelle. Simplement, n'en dites rien aux syndicats, qui penseront que les vielleux visent à récupérer le taf réserver depuis deux millénaires aux sonneurs de hautbois et de musettes : ah ! les acquis…

Amour
Simple d'esprit, méfiez-vous : comme le charpentier dans la fable, le facteur d'instruments est votre rival. Sous ses airs de ne pas y toucher, les mains prises par l'étau, les gouges et les traçoirs, il cache son jeu (aucun luthier ne vous dira qu'il est musicien). Surtout que, le coquin, c'est un amateur de beaux gabarits et doulces formes…

Santé
En cette période de fêtes, attention aux excès : le foie gras à la place de la colophane, ce n'est peut-être pas digeste. Ou alors sur les roues de vos concurrents les plus sérieux. Quant au champagne, c'est mieux de le boire frais. Prenez donc le temps d'accorder votre instrument, commencez — modérément — à boire ensuite.


Pascal.

vendredi 9 décembre 2011

Hurgy box et hurgy toy

Encore un Alsacien à l'honneur !
Décidément, avec les vielleuses et vielleurs du Paratge, qui ont quasiment toutes et tous une histoire avec le Pays de l'Ill, avec l'actualité people qui rappelle que les plus belles filles du monde (non-occitan) sont originaires du Sundgau, présentons l'avancée des recherches en facture instrumentale d'un passionné fou-furieux comme nous les aimons, Léo Maurel, lui-même domicilié en région strasbourgeoise.

Son travail est principalement orienté autour de l'archet circulaire. Actuellement — comme il le précise avec beaucoup de chaleur sur son site internet [ http://violonaroue.blogspot.com/ ] —, il est en mesure d'offrir un café de qualité aux visiteurs (car on lui a offert une cafetière électrique) qui souhaiteraient découvrir sa hurgy box. Si, comme Pierre, vous passez du côté du Rhin (bas) pour les fêtes de la Noël, allez frapper à la porte de son atelier.

Ce luthier hors-normes étant intéressé par la rencontre de différentes personnes travaillant avec l'archet circulaire, apprécions la collaboration née avec Djp, bidouilleur expérimentateur sonore bruxellois qui, après avoir tripoté longuement les hurgy toys, a décidé de s'en fabriquer une, puis une autre. Le résultat est déroutant, autant organologiquement que musicalement.


Hurgy box © Djp


Et, diable ! ça sonne aussi bien qu'une Chougnard®...

Pascal. 


"Hurgy box" © Djp

mardi 6 décembre 2011

Canal du Midi, septembre 2011

À la fin des années quatre-vingt, le pinardier Bacchus transportait son dernier chargement de vin entre le Languedoc et la lointaine ville de Bordeaux. L'ultime décennie du XXe siècle marque l’arrêt de la navigation de commerce sur le Canal du Midi ; plus d’une centaine de familles de mariniers ont ainsi débarqué après trois siècles d’activité de transport fluvial. Ces mariniers ont vécu et travaillé sur le Canal, ils transportent dans leur mémoire un mode de vie unique et le témoignage d’un commerce doux et écologique.

Doux et écologique (les manivelles des instruments sont mues 100% à la main), adossé à la péniche Le Tourmente, le Paratge des Sirènes a hissé une partie de son répertoire pour coques boisées, le 10 septembre dernier, du côté d'Agde, afin d'honorer toute une histoire sur le Canal du Midi.
Corps en bateau ou non, poignée amarrée, coton pas même humide, cordes à fort tirant pour affronter les vents par coups-de-trois irréguliers, les cinq musiciens (d'abord quatre, Pierre arrivant en retard car il ne retrouvait pas son costume de scène) se sont improvisés nautoniers de la vielle, ajoutant à leurs thèmes déjà bien méditerranéens quelques entorses au gré des écluses et des biefs. En musique, la Garonne a relié la Méditerranée, le paratge partage des eaux se jouant au cours d'un "En el monte" ou d'un "African market" spontanés qui suivaient le triptyque devenu habituel des "Chypre", "Domino" et "Grunschansko".



"En el monte" par le Paratge des Sirènes, Canal du Midi © Jérôme Combre



"Chypre" par le Paratge des Sirènes, Canal du Midi © Jérôme Combre


Après cet historique Canal du Midi, les attentats sonores du Paratge Canal Historique méritent-t-ils leurs classements au Patrimoine Mondial de l'Humanité ? Posant pour la postérité, Patrice, Sylvia, Pascal, Pierre et Bruno se questionnent à ce sujet entre boîtes à vielles et boîtes à lettres.
Et le soir commence à tomber sur l'été indien coulant au long du Canal du Midi…


Pascal.


Patrice, Sylvia, Pascal, Pierre, Bruno © Jérôme Combre

vendredi 2 décembre 2011

L'Écho des Sirènes, novembre 2011

© Pierre Tissot
Bon, va falloir se regrouper car fin octobre fut un peu mouvementé par chez moi. Un écho, un écho, mince, la feuille blanche, l'écran noir, le blanc dans les souvenirs, le trou noir. Les ténèbres de ma mémoire. Tiens ! une petite lumière, la tache s'agrandit, ça y est… pour novembre, mais oui, tout me revient.
Un premier atelier toujours réduit à sa portion congrue, l'indéboulonnable Sylvia (certaines statues de dictateurs ne peuvent pas en dire autant) et… une nouvelle venue. Non, il n'y a pas de coquille. Oui, les termes sont au féminin. On a vu des Marie en prénom masculin avec plus d'ambiguïté que dans Valéry et son i grec, mais là, ce soir-là, la Marie qui nous vient est bien une jeune fille.
Avant d'aller plus loin, arrêtons-nous et comptons, en partant de Sylvia et à présent Marie, si on ajoute Marine (momentanément privée de Paratge pour raisons estudiantines sinon professionnelles), Marou que nous n'eûmes en novembre mais espérons en décembre et Michèle, pour les paratge de pleine lune sans appel des gentils morveux du Morvan, on peut se la péter et se prétendre paratge paritaire.

Revenons à Marie, souriante, charmante, débutante et pleine d'allant (ce qui n'est pas peu dire, étant donné qu'elle joue sur une Roger Chougnard®, « motorisée Tarois » dirons certains, « carrossée Chougnard » leur répondrai-je). Don Juan Brice et moi-même leur avons proposé de travailler le désormais fil rouge Les filles de l'aire et nous avons présenté à l'une et rappelé à l'autre les divers exercices de dissociation ou de relâchés. Travail sur la teneur de Domino. À la fin de l'atelier, Marie prenait congé jusqu'à la prochaine rencontre, ce qui priva les rois de la manivelle de faire sa connaissance, bien fait pour eux !

La dissociation, c'est beau comme une paella © Parages des Sirènes

En deuxième mi-temps, arrivée des Montpelliérains (sauf Pascal). On se met à l'ouvrage pour le challenge de ce Paratge 2011/12, tenir trois-quarts d'heure voire plus, pour le cas où les prochains attentats se transformeraient en prise d'otages (ce qui en termes plus marins, pour garder l'harmonie avec nos sirènes se traduirait par : « …le cas où les prochains abordages sonores se transformeraient en prise de rafiot scénique »). Signalons aussi la visite de deux auditeurs surprise accompagnés d'un pittbull, qui, sans sa muselière, affichait un beau sourire plein de dents à 360 kg/cm3 de pression. Dotés d'un bon grammage éthylique, tout du moins, ils louèrent notre secte de tournicoteurs dans des phrases dont l'enchainement n'était pas toujours évident. Quoiqu'il en soit, l'un deux ponctuait souvent les louanges, d'une devise digne de figurer sur le phylactère d'un blason quelconque d'un hobereau lambda : FORCE ET PERSÉVÉRANCE.

Bon résumé de cette seconde partie en somme. Je ne vous parlerai pas des morceaux que nous travaillâmes, ça vous obligera à suivre nos prochaines actions scéniques. Pour finir, le père Bruno, père fondateur de ces rencontres, rappelons le, qui fut ce mercredi aux abonnés absents pour cause d'accordéons sur la planche, nous rejoignait pour fêter avec nous la naissance de mon second fils (âgé de 48 h) et l'anniversaire de Sylvia. Il nous apportait des munitions en vue des prochaines apparitions du paratge. Je laisse à Jipépé le mot de la fin à méditer comme un aphorisme : « c'est pas parce que c'est beau que c'est bon », le Bon, le Beau, le Vrai… Platon reviens, ils sont devenus fous !!!

Pierre. 

Pierre, 48 heures après... © Jean-Brice



PS : En bonus tracks, des schémas réalisés par Pierre.

Coups © Pierre

Schémas roue © Pierre


Schémas relâchés © Pierre


Schémas 2 relâchés © Pierre

mardi 29 novembre 2011

Estivada de Rodés, juillet 2011

« Les enfants, faites vos valises, on Paratge en vacances ! »

Pendant que le camp des juilletistes avait les orteils en éventail, celui des aoutiens les glaçons dans le pastis, les paratgeaïres — entre tournées, concerts pour certains, saison estivale et visites pour d'autres, soufflet d'accordéon pour le dernier (par conséquent le premier lors de l'Apocalypse) — mettaient au point les derniers préparatifs pour un attentat et se déplaçaient vers Rodez.
Arrivée la veille pour Jibé et ièu, qui faisait connaissance avec les connaissances du premier (pute borgne, il en a des connaissances !). Arrêt à tous les stands, petit verre par ci, petit gobelet par là, inauguration ici, dégustation de cervoise du cru là, et pour finir, Piero ne sachant plus si je crèche ici ou là. Je rentre par une route en lacet à pas d'heure, ce qui me permet de marcher droit, sans mes clés de voiture. Heureusement, malgré un grammage important et une danse de population dense, Jibé les retrouvait et me permit une nuit réparatrice avant l'action du lendemain.

Justement, nuit se passe, le jour J, tout le monde arrive par petits groupes (pour tromper la DGSE, les RG, Interpol, etc.). Tout le monde… sauf Marine qui, au risque de retourner le couteau dans la plaie, ne pouvait nous rejoindre pour cause de colo.
Heureux de se voir entre conspirateurs, nous déambulâmes avant de nous retrouver devant un bon plat de paella, de nouilles grasses et un truc qui selon la truffe expérimentée de Jérôme avait tourné (ce qui ne gêne en rien les sectateurs de la manivelle que nous sommes). Une fois ce roboratif repas dans nos panses, nous allâmes taquiner de la roue sur le gazon, rejoins par un Philippe — ou Philou, si j'étais de ses intimes. Ils assuraient, avec Pascal, une série de bons mots et de piques qui font dire aux étrangers « Ach Gertrud, foilà l'esbrit vranzais ! », pendant que d'autres réglaient les boites à pile qui font du bruit (en sioux ; ampli, en français contracté). Je constatais avec dépit le peu de t-shirt publicitaires sur la route des tours, mais bon, emploi du temps chargé, fichiers non rendus, peau plastique qui se décolle du tissu… qu'importe, le tout c'est d'être là et d'assurer. Bref, en cercle, nous entamâmes la révision sur le déroulement des opérations comme les pilotes de la patrouille de France, si ce n'est que nos zincs étaient dans nos mains.


 

Estivada, Atelier du Paratge des Sirènes © Jérôme Combre


Le soir, tout le monde est sur le pont ou du moins dans les cales, colophane entre les dents ou coton dans les oreilles (pour les artilleurs). On écoute la harangue du capitaine de vaisseau aux gens massés sur le quai et, au moment M, à la seconde S et au temps T, nous attaquons le pont d'un seul élan en poussant notre cri de guerre « Aghate Tyke ». Non, je déconne, nous arrivons furtivement par l'arrière et nous nous asseyons comme des nonagénaires cacochymes sur nos chaises (je fais parti de la harde des vielleurs posés sur leur cul, j'assume, j'assume). Mais la tactique trompe l'adversaire, certains croient à un sitting de la CGT, d'autres à un début de grève de la fin des intermittents du spectacle, les derniers à la mise en place d'une séance de spiritisme par les rois du guéridon, que nenni ma chère Adèle, malgré une arrivée assise nous leur assénons un quart d'heure de son qui les tient debout et dansants pour certains. Quel bonheur !!! Huit moulins à poivre qui défouraillent. On en revient sonnés comme au sortir du ring et heureux comme après un match victorieux. Acte fondateur, d'une série d'attentats ? Nul ne sait et l'avenir nous le dira.

Quoiqu'il en soit, pour revivre l'évènement comme pour les soirées diapo de notre préhistorique enfance pour les plus âgés d'entre-nous, il restera les images pirates pour faire ton sur ton, de Jérôme, ou les officielles si mestre Jibé arrive à leur mettre la main dessus.

Pierre.



Estivada, Abordage sonore du Paratge des Sirènes © Estivada de Rodés



Heure de la sieste balance © Jérôme Combre

Mission impossible : accordage des vielles © Jérôme Combre

Serge, Patrice, Pierre, Sylvia, Bruno, Jean-Brice, Pascal, David © Jérôme Combre