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mercredi 31 août 2016

L'écho des Sirènes, juin 2016

© Pierre Tissot
Bien que nous fussions loin de la saison estivale et de ses estivants, en ce début de juin, un vent de vacances soufflait sur le Paratge.
Cela n'empêcha nullement de faire nos deux ateliers devenus traditionnels. Chacun fut l'occasion de faire un petit bilan de l'année écoulée, avec les différents viellaires présents.

Dans le premier, nous affinâmes une façon de travailler et de passer les infos sur les morceaux ; dans le second, nous fîmes le point sur les morceaux à reprendre et sur l'élaboration d'un répertoire pour la rentrée suivante.


Une façon de travailler et de passer les infos © Pascal

Que dire de cette seconde session au sein de la Calendrèta, sinon qu'on y prend nos marques, que tout y est propice à l'échange : grande salle, calme, cour de récré pour prendre le soleil… la faune piétonnière agathoise surprise a cédé la place aux enfants et à leurs parents qui, parfois, passent une tête timide ou intriguée dans l'encadrement de la porte, pour comprendre ce qui produit ce bruit ou cette musique étrange.


On ne sait d'où, mais Zack est arrivé © Pascal


Cette année a vu l'arrivée de nouvelles têtes, dont Fabien (vielleux on the road) et Zack (magic vielleux), de nombreux visiteurs plus ponctuels, qui ont promis de revenir, de vieux vielleux roués du Paratge, comme notre Jipé et sa celtique moustache (quand on vient de la région de Bibracte, c'est un minimum), le maintien du plus gros de l'équipe des désormais vieux de la vielle, malgré quelques défections.


Marie impressionnée, Jean-Brice sceptique © Pascal

Tous les espoirs étaient donc réunis pour augurer d'une prochaine session prometteuse et toujours à l'enseigne des sirènes.


Pierre


mardi 23 août 2016

Une vielle du Paratge, en vente : une Kerbœuf de 2005

C'est dimanche et vous filez en quête du vide-grenier de votre canton, pour dénicher la vielle de vos rêves. Une Pajot, une Pimpart, une Nigout, une reluisante Chougnard® d'époque ?

Entre les moulins à café Peugeot et les épinettes sans roue, vous avez, enfin, repéré le stand où de jeunes gens qui ne savent rien à l'art et à la poésie sonore se débarrasse d'une machine infernale qui prenait poussière dans les combles de cette vieille maison de village achetée en viager il y a si longtemps.

Testés au banc des vielleuses et vielleux du Paratge, voici les détails d'un instrument nouvellement en vente : et pas n'importe lequel, il s'agit de la vielle personnelle de notre hurdy gurdy giiiiiirl, Mariiiiiiie !!

        > Vendue !

Vielle à roue électroacoustique, Kerbœuf
Bernard Kerbœuf, décembre 2005.
quatre chanterelles (sol/ré)
deux chiens, dont un avec capodastre (do/ré, sol)
trois bourdons (sol, do ré), six cordes sympathiques
sonorisation incorporée (sortie Jack et sortie XLR cinq broches)
Vendue, avec étui rigide et câble.





Prix : 3600 euros
Contact : leparatge [a] gmail.com

mercredi 1 juin 2016

L'Écho des Sirènes, avril 2016

© Pierre Tissot
Tout d'abord, rectifions un article que nous fîmes paraître, en avril dernier. Il est vrai, les lignes qui résumaient les Paratge précédents pouvaient prêter à confusion et, si la fourmi n'est pas prêteuse, nous si.
Pour ce faire, ouvrons la tribune au tribun Patrice, sage d'entre les sages, qui, en droit de réponse, nous adresse ceci, depuis la Baie d'Halong, au nord du Vietnam, où il fut de pas-sage :

Suite à une manipulation d'un blog sur la vielle à roue connu internationalement, et qui me présente en prière, je tiens à rectifier cette situation, en vous envoyant le vrai document concernant ma « spiritualité viellistique ».
Je précise que, bien entendu, mes avocats ont déjà fait le nécessaire pour poursuivre en diffamation ce médiocre média, comparable aux feuilles de chou tristement célèbres que sont Gala, Ici Paris voire Paris Flash...


Patrice, un Occidental qui médite au Pays du Levant : tout l'art du white spirit © Maria

Reprenons, revenons sur nos terres de trobadors [hát rong, en vietnamien]. Nous sommes le mercredi 6 avril, et nous pénétrons Pézenas.
À peine le temps de croiser Jean-Brice et Yo-Yo, qui s'en vont, et nous voici de face avec un effectif resserré comme un rang de sautereaux prêts à cliqueter : Marie, Max, Zack, Thierry — rien qu'à prononcer ces prénoms, ça cliquette !
La première impression est de se dire « Diable ! sans Patrice, ni Pierre, ni Jean-Brice, on va, enfin, pouvoir travailler sérieusement ! » La seconde sensation, autant spontanée, est d'énoncer, à toute et tous, « Au boulot ! ».
Tiens, Marie a une nouvelle vielle, m'aide à remarquer, avant qu'il ne s'en aille vers une auberge espagnole autre que la nôtre, le sieur Jean-Brice… Et, de plus, elle est jolie !

Nous y sommes. On accorde les engins. Plus ou moins. Bach se retourne dans sa tombe, sûr.
« Au jour de la Saint-Prudence, s'il fait du vent, les moutons dansent » ; aussi, nous décidons de travailler de quoi rythmer un bal ovin — en l'absence de Pierre, et en cohérence avec notre légendaire sobriété, nous refusons de rebondir sur la possibilité de faire le moindre mauvais jeu-de-mots : si, en plus de le priver du plaisir de rédiger L'Écho, nous rivalisons sur ce terrain, il va nous faire une déprime. Ou pire, claquer la porte du Paratge, s'inscrire dans un atelier de cornemuseux ! Tout doux, Pierrot, tout doux…

On enchaîne. La soirée sera consacrée à effectuer l'inventaire des propositions saccadées évidentes et à imaginer, pour interpréter une bourrée. À deux temps, dans un premier temps.

Go! Du coup-de-deux métronomique, au trois, et jusqu'au quatre-et-demi renversé avec vrille syncopée parallèle, rien n'échappe, tout s'invente. Zack, qui aime à rouler sa tire sur les vieilles routes ensablées de l'Inde, reconnaît immédiatement qu'il y a quelque chose de commun avec le tâla de nos chiens. Après les cochons d'Inde, voici qu'une race de chiens d'Inde se transforme sous nos expériences rythmico-génétiques.
Dans un second temps, nous passons à trois temps (ne l'oublions pas, nous sommes à Pézenas : c'est le syndrome Boby Lapointe). Le secret est simple : on fait exactement pareil. On joue, avec des bouchons dans les oreilles. On n'écoute rien, ni la mélodie, ni les copains, ni Jean-Brice qui nous envoie des texti pour savoir s'il peut encore nous rejoindre pour l'auberge espagnole. Et, croyez-nous, c'est joli, la vielle à roue, avec les oreilles bouchonnées…

À propos de bouchon, c'est l'heure, on (enfin, ils) sort(ent) le tire-bouchon !
Ô vin, voilà les verres qui se bousculent, de la charcuterie descendue des abats de cochons (pas d'Inde, là) et des Hauts-Plateaux de l'arrière-pays, des tielles rapportées des bouges de Bas-Languedoc, du pain bio acheté (chèrement) chez les bobos de la ville, des chips occitanes fabriquées selon une recette retrouvée dans le brasier de Montségur, et, de segur, les douceurs de Marie...


Pascal



mercredi 18 mai 2016

L'Écho des Sirènes, mars 2016

© Pierre Tissot
Après-midi à huis-clos, pour le premier atelier de ce mercredi de mars. Le groupe travailla dans le secret, à l'abri des oreilles jalouses. Aucun vol de bourdon, possible.
Nous ne rapporterons donc rien, de cette session où, sous la magnanimité des plus expérimentés, les techniques les plus sourdes furent approchées par la jeunesse.

Pour le second atelier, nous décidâmes de scinder le Big Band, recréant, ainsi, le principe de l'ancestral organistrum : d'un côté, celui qui pianote de la main gauche, de l'autre, celui qui tourne la droite.
À main droite ou à main gauche, qu'importe ! l'idée était de marcher du côté sauvage, comme l'aurait dit Lou Reed, qui aurait fêté son anniversaire ce jourd'hui, 2 mars, s'il n'avait rendu les armes aussi tôt.
Ainsi, Patrice forma, avec Jean-Brice, Marie, Max et Thierry, un paquet de mélodistes, pour étudier des arpèges à 200/h. Nous invitâmes Ana et Fabien, à créer un trio, au sein duquel il fut question de tours de manivelles, à... 200/h.


Une belle fissure sur la roue, ça taille grave au Paratge © Pascal


Comme dans toutes les bonnes recettes assaisonnées à la vielle, les deux groupes se retrouvèrent à la fin, pour le clou de la soirée, l'instant où nous dressâmes la table, posâmes le couvert, tartinâmes nos viellistiques rêves de pâtés de lapin, de blagues épicées et de projets estivaux.

Bien avant la minuit, nous rangeâmes les vielles, glissâmes les fligh cases dans les automobiles.
La nuit était là, encore froide en cette fin d'hiver. Nous ne nous attardâmes point, sur le parking ; rendez-vous au Paratge d'avril !


Pascal

jeudi 28 avril 2016

L'Écho des Sirènes,
décembre 2015 à février 2016

© Pierre Tissot
Depuis novembre passé, plus d'Échos. La sirène se serait­-elle noyée ? Les vielles se seraient­-elles enrouées ? Le Paratge aurait-­il périclité ? Un poil dans ma main aurait­-il poussé ?
La sirène est toujours là, les vielles demandent encore et toujours 3/4 d'heures d'accordages pour 1/4 d'heure de jeu faux, le Paratge, loin de péricliter, a continué de plus belle ; quant à ma main, point de poil, mais du pain sur la planche m'a empêché de relayer les Paratges de décembre, janvier et février auxquels j'ai participé.

C'est donc un Écho trimestriel, que je me propose de faire en vrac et c... par dessus tête : les trois Paratges assurant la charnière 2015/16 virent un chassé-croisé entre les habituels du rendez­-vous : Marie, Ana, Jipé, Alain, Fabien, Max, Zack (qui apparaît et disparaît... tadam !), Thierry, notre lutheur de combat, nos maestri, Jibé, Patrice et Pascal, enfin mon Pierrot (pour parler à la troisième personne). Don Jibé anathémisant les absents, en leur demandant la rouecitation de trois Grunchasko et deux Dominos, en cas de manque.

Trois Grunchasko… © Jean-Brice
… et deux Dominos © Jean-Brice














Nous eûmes la joie de voir apparaitre, au cours de ces cessions, des vielleux débutants ; un peu sur la retenue, devant la brochette d'énergumènes que nous sommes, et n'osant pas se plonger avec nous. Tous promirent de revenir un jour, comme Yoyo, une vielleuse de l'Empire du Milieu, installée dans notre douce contrée; et qui en pince pour la roue.

C'est donc des Paratges dynamiques, et appelés à s'étoffer en vielleux, qui se succédèrent. L'inusable formule des deux ateliers, suivis de l'auberge À la bonne franquette perdure, gage pérenne des sirènes. Comme toujours, blagounettes et surprises émaillèrent les ateliers. Un répertoire qui devient polisson, après un "Branle de Lahaye", on propose une "Polka du Rocco". Des répétitions automatiques : le morceau "Kerkennah Pavić" qui, à force d'être répété, devient un "Kerkennah Pavlov".
Jibé qui raconte son concert de Stéphane Eschert et ses Automates, amenant la réflexion que Stéphane serait moins cher avec moins d'automates. Patrice évoque un enregistrement pour le Paratge, Thierry nous montre, presque à chaque Paratge, un nouveau bébé à roue ― quand je vous dis que ça devient compulsif... Même les entre-Paratges sont des Paratges, puisque Jibé m'envoie une création de Zack qui, voyant un morceau mal fixé sur sa vielle, décide de le coller ; c'était... le chien ! Toujours à la pointe de la création, notre prestigieux viellateur crée le chien d'arrêt, avec plus de succès que celui diagnostiqué par Jipé quelques mois plus tôt.


Nouvelle création : le chien d'arrêt © Pierre

Enfin, les soirées mensuelles se succèdent, et la sirène barbote de joie.

Si vous êtes dans le coin, munis d'une vielle à roue ou avec l'envie folle de vous y mettre, venez nous voir, c'est le premier mercredi du mois...


Pierre