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mercredi 7 octobre 2015

Abordage sonore, à la Calandreta de Pézenas

Sylvia, Marie, Ana, Thierry, Alain, Jibé, Max, Pascal et moi avions rendez-vous, le 30 juin dernier, pour la fête de clôture de la Calendreta de Pézenas, et marquer dans une atmosphère de convivencia la fin d’année des polissons des Polinets.

Thierry, tout en confiance © Sylvia

Outre la joie de se retrouver pour ce petit bœuf festif, le temps fut avec nous pour offrir une belle soirée de début d’été, où l’allongement des jours permit à chacun de surveiller dans la lumière vespérale son tour de roue.
Aux stridulations des chiens de vielle répondirent celle des grillons, sertissant les rires et les danses des convives, brillants de l’éclat des lampions. Le service image et son était là en la personne de Jérome, et le Paratge put s’enorgueillir de mettre en avant un jeune vielleux : Noé. Ce dernier, intimidé, et par le public, et par le nombre de vieux de la vielle qui l’entouraient, sut prendre sur lui pour entrainer dans le sillage de sa roue le reste du peloton.


Lumière vespérale sur tours de roues © Jérôme

Le Paratge : de sept à soixante-dix-sept ans © Jérôme

On égraina les morceaux que Don Jibé nous avait envoyés les semaines précédentes, et nous pûmes nous régaler de quelques moules, vins et autres saucisses, dans un plaisir de blagounettes et conversations variées, que les comparatgeaires échangèrent avant la grande coupure estivale.

Rendez-vous fut pris pour la rentrée, après avoir souhaité de bonnes vacances à nos nouveaux hôtes qui, depuis deux mois, accueillent le Paratge des Sirènes.


Pierre

mercredi 9 septembre 2015

L'Écho des Sirènes, juin 2015

© Pierre Tissot
En lisant les lignes qui vont suivre, on comprend que deux mains supplémentaires doivent précéder les deux gauches de notre rédacteur en chaire. Collons-nous à l'exercice, afin que le lecteur ne se demande pas s'il a manqué un épisode.
Pour narrer les premiers sets de ce troisième de juin — jour où nous célébrions l'anniversaire d'un autre gaucher célèbre, Rafael Nadal  —, allons chercher dans les registres flottants du processeur quelques bribes de l'architecture complexe de cet ultime Paratge de printemps.

Alain, Sylvia, Marie, Max et Jean-Brice se pointèrent les premiers dans notre nouveau fief piscénois. Démêlant leurs cordages, ils travaillèrent quelques musiqueries, de celles que l'on joue joyeusement sur les places publiques où les balètis sont habituellement donnés, et prirent sérieusement tout ce temps pour parfaire l'interprétation et la technique de ces répertoires, sachant qu'après l'arrivée des autres vielleurs attendus, la rigueur ne serait plus qu'un souvenir (et encore, pour des mémoires défaillantes).


Patrice et Max, avec quelques partitions qui ne font pas rigoler © Pascal

Avec Patrice, nous arrivâmes vers dix-neuf heures. Le temps d'effectuer un créneau avec nos vielles alto et ténor, vingt minutes supplémentaires s'additionnèrent lentement avant d'entrer dans le réfectoire à bourdons.
Nous bavardâmes une petite heure, nous racontâmes quelques anecdotes, regardâmes la montre en se demandant si l'on jouait un peu ou si l'on passait de suite à table ; mais nos compagnons, très sérieusement, nous firent remarquer que la tablée ne serait mise qu'à l'instant où Pierre s'annoncerait. Du coup, nous ouvrîmes les flight cases, nous accordâmes (pour gagner un peu de temps), balançâmes un lot de partitions sur les pupitres (histoire de faire croire que nous n'étions pas là pour plaisanter), textâmes quelques infos audit Pierre pour lui signifier de se magner. Et de rapporter des chips et du saucisson.
Pierre se fît attendre, d'interminables minutes, peut-être même des quarts d'heure. C'était bien la première fois, qu'il était ainsi en retard. Nous nous inquiétâmes. Viendrait-il ? Mais seulement, penserait-il aux chips et au saucisson ?


Pascal



Il est en somme bien difficile d’avoir un Écho, lorsqu’il est lointain et c’est ce qui se passe : prévu pour être écrit à quatre mains, car étant arrivé sur le tard (NDLR : sans lard !), j’ai laissé filer le temps et ma mémoire qui va avec.
J’arrivai donc pour l’atelier confirmé, et retrouvai la ribambelle des rouets vielleux. Nous constations, une fois de plus, combien il était agréable de se réunir dans les stalles des Polinets (autrement plus salubres que celles bien réelles près desquelles nous dormîmes, Marie, Jibé et moi, lors du stage chabenatien).

Marie fait sauter les notes © Pascal

Il me semble — si mes synapses assurent encore la liaison —, que Thierry nous présentait une énième vielle : le bonhomme est frappé de T.O.C.A.R. (Trouble Obsessionnel Compulsif À Roue),   et il est loin d’en être un, le bougre. Puis, si Alois… Alzheimer, si mes souvenirs sont bons, me prêtent bonne mémoire, nous avons travaillé le morceau du Pat, et en particulier la seconde voix pour laquelle Marie intervint ferme afin de faire sauter une note ici ou là (anticipant en cela les directives de l’Education Nationale, chez qui on discute âprement sur la présence ou l’absence de notes).


Patrice et Pierre interprètent le thème "Dans le flou de la remembrance molle" © Pascal

Ma mémoire sélective doit oublier maints bons mots et autres saillies drolatiques qui caractérisent notre brochette estivale, mais, dans ce flou de la remembrance molle, surnage le souvenir d’une bien bonne rencontre, comme le Paratge en a désormais le secret.


Pierre

samedi 15 août 2015

38e Fête de le vielle, à Anost

L' an passé, le Paratge des Sirènes jouait à l'occasion de la Fête de la Vielle, à Anost. Cette année, notre Sylvia sera, à nouveau, de la fête. Pas toute seule, avec tous ses amies et amis. Elle nous racontera, sûrement !

Cette 38e Fête de la vielle a lieu, du 20 au 23 août 2015. Et cette édition 2015 sera à la hauteur de sa réputation, avec un concert exceptionnel de Pigalle, et toujours des scènes ouvertes, concours de jeunes talents, initiations aux danses trad’, stages de vielle, de musique de Bresse, exposition, conférences, stages de musique d’ensemble, stages de danses des Flandres, d’Auvergne, de couple et du Morvan, théâtre, marché des luthiers, groupe folklorique de jeunes Slovaques, bœufs à tous les étages !



Au programme : Pigalle, La bande de Vielles, Babouchs’ka, Hopland, Bachelinen Morvan, La Perdrix Rouge, Hurdy Gurdy project, Plot and Split, Raill’hard, Entre deux, Orève, etc.

Renseignements : tél 03 85 82 72 50

jeudi 25 juin 2015

Vielle à roue, en forme de viole

Les facteurs d'instruments, et particulièrement nos amis qui fabriquent les vielles à roue, nous surprennent toujours. Il y a ceux qui suppriment les cordes, ceux qui se passent de manivelle, ceux qui déposent carrément la roue. Nous en connaissons même certains — suivez notre regard —, qui piercent les roues des vielles. Et tant d'autres.

La vielle que nous découvrons aujourd'hui n'a pas de clavier. Mais ses cordes sont frottées et pincées, comme une vraie. Elle est donc une cousine très germaine de notre vielle à roue, appartenant au beau lignage auquel organistrums, chifonies et lyres des mendiants se rangent.


Vielle à roue en forme de viole, Musée municipal de Bourg-en-Bresse © Philippe Hervouet

En forme de viole, de violon, on ne connaît l'élégant artiste qui l'imagina. Les grandes ouïes et sa longueur de 75 cm et largeur de 25 cm rappellent, forcément, les instruments du quatuor. Même si, elle ne devait, probablement pas, se jouer la caisse posée entre le menton et l'épaule…

Conservée en la magnifique et historique ville de Bourg-en-Bresse, au Musée municipal abrité dans le monastère royal de Brou, depuis 1984, elle aimerait sans doute bien se parer de cordes, de coton et d'un peu de colophane…


Pascal.

mardi 2 juin 2015

L'Écho des Sirènes, mai 2015

© Pierre Tissot
Depuis le mois de mars, il y avait brainstorming : chez certains membres, plus que chez d'autres, mais, quoiqu'il en soit, il y avait péril en la demeure, puisque nous devions trouver un nouveau point de chute. Sylvia et Jérome nous accueillirent, sans poisson, mais à la seiche, le premier avril, cependant, il nous fallait trouver une solution.
Quelques coups de fils et messages plus tard, espoir, tuyaux percés ou non, appels entre nous, courriels et autres, c'est en dernière minute que Jibé nous apporta la solution. La Calandreta de Pézenas acceptait d'être un nouvel asile pour les fous de la roue que nous sommes. Et, un peu comme un épilogue de nos anciennes aventures équines du stage de Fontvieille, nous prenions nos foyers chez les Polinets. Mais ici, le cadre (noir) est impeccable.

Pour Sylvia, brainstorming veut dire "prise de tête" : la preuve
© Jean-Brice

Sur le pont, Marie, Sylvia, Ana, Alain, Thierry, Jibé et moi, rejoints, plus tard, par Pascal.
Dans un premier temps, nous étions tout en admiration devant notre nouvelle salle, grande, avec plein de place pour s'assoir, et, comme pour faciliter notre auberge espagnole, un coin repas. Pas de voisins autour, dessus ou dessous, donc pas de risque de traumatiser du nerf auditif ou de vriller du tympan.

Jean-Brice, de la puissance dans la mêlée
© Sylvia
Marie, planquée, attend la rentrée
© Jean-Brice

















Pas de vitrine pour une « scrutation » curieuse de passants qui en oublient de regarder où ils marchent, pas de risque d'être « sérafiné » par un allumé de passage, en somme, une retraite pour les ascètes en carton que nous sommes. Du coup, nous étions tous à pied d'œuvre pour notre thanksgiving récurent : on a bourré les dindes.
Puis, les Frères Guillemain furent de la fête, avec un morceau de leur cru. Jibé, menant le premier atelier, nous initie au faux dilemme en demandant, à propos d'un morceau : « vous voulez que je le joue moins vite ou plus rapide ? »

Alain prend les commandes, ça roule !
© Jean-Brice

On fait une pause, qui permet à Alain de prendre la commande, un peu comme en terrasse, puisque notre vielleur est aussi cabaretier à proximité de notre nouveau lieu de rendez-vous. Il ne manque plus que la grillade, et c'est déjà les vacances.
Nous discutons ferme du stage avec Gilles Chabenat. Chacun y va de ses anecdotes, puis, c'est le Pascal qui prend la barre. Auparavant, Marie, sans doute inspirée par Jibé, pense, concernant le repas en commun, « qu'il vaut mieux manger maintenant et casse-croûter après », on sentit planer l'esprit de Patrice parmi nous, durant quelques secondes.

Pascal, et ses rondes lunettes
© Jean-Brice
Pierre, rond comme un coing
© Jean-Brice

















Revenons à Pascal ; un atelier bien rempli, travail sur les rythmes impairs, puis, en guise de suite à Fontvieille, nous revenons sur le difficile sujet des modes. À dire vrai, cette session de mai est plutôt bien remplie ; cet isolement est décidément propice au travail, bien qu'on y ait perdu une certaine couleur locale, un aspect « dans son jus ».
Autre lieu, autre ambiance.

Diogène dormait dans un tonneau, Thierry philosophe sur une roue
© Jean-Brice

On installe les tables pour le traditionnel repas commun, les discussions vont bon train, des projets, des idées, des envies ; il est clair que, si Pézenas se pérennise, le Paratge reprendra du poil de la bête.
Seul l'avenir nous le dira !


Pierre