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mercredi 27 avril 2011

L'Écho des Sirènes, avril 2011

© Pierre Tissot
Aucun résumé disponible. Pourtant, ce 6 avril 2011, le Paratge a résonné, on vous l'assure. Les sirènes aussi, d'ailleurs.
Nous fêtions alors les anniversaires d'Oswaldo Piazza et de Patrick Hernandez. Aucun rapport. Non, non, ne cherchez pas, aucune incidence sur le fait que vos chroniqueurs habituels n'eurent pas été plus inspirés qu'une mouette au-dessus d'un ruisseau.

jeudi 31 mars 2011

L'Écho hors-série : Stage Grégory Jolivet, mars 2011

© Pierre Tissot
Comme indiqué sur l’image, ce mensuel est un Hors Série Stage. Vous allez donc devoir vous farcir le compte-rendu.

Ce week end du 19 et 20 mars avait lieu, à L’Isle-Jourdain, un stage avec Jolivet ; pas le comique, le vielleux (on a du la lui faire des milliers de fois et comme je ne revendique pas l’originalité, je donne dans le facile). Chronologiquement : nous partîmes cinq (Marine, Sylvia, Roxane, David et moi), le perfide Jibé était en balèti au Zénith de Saint Go Dance. La motorisation du stage était proposée par Sylvia, dont le mari a tiré les plans de Goldorak. Essayez donc de conduire sa tire et vous verrez que je n’exagère rien. Guidés par une gonzesse à voix d’hypermarché depuis son satellite (qu’elle partage avec un anglais, un allemand, un hollandais, un finnois...), nous fîmes un crochet chez magister Grandchamps, Grandchant, Grenschen (merde, je sais pas comment ça s’écrit...), qui ne ressemble plus au vilain prof des Arts Décos que j’eus dans ma prime jeunesse (je vous emmerde avec mes états d’âme, mais c’est si important pour moi). Une fois extraits de l’antre du farfadet de la ville rose, je mis les rétroboost fusées direction L’Isle-Jourdain.
Je vous passe les péripéties de plein de gaz, car la Sylviorak marche au gaz de ville (bien meilleur que celui des champs), où risquant la panne sèche, je proposais un bon cassoulet pour permettre un plein pirate.

Venons en au stage : 12 participants, n’en déplaise à Dan Brown, 7 Toulousains, 4 Héraultais et une Gardoise. Composition des équipes : 5 paratgaïres contre 4 conservatistes occitans et 3 associatifs d’une asso toulousaine. Si nous étions numériquement moins nombreux, nous donnâmes le change par la qualité : des initiés volontaires, des confirmés qui s’accrochent. Le sieur David en a d’ailleurs profité pour nous rafler quelques bons points et un essai transformé de petits enjolivements chiennesques, qui nous valurent l’œillade complice de maître Jolivet. (Je fais une parenthèse pour vous annoncer ma perte de pucelage puisque, j’ai enfin fait mon premier stage de vielle à roue, fermez la parenthèse).

La première journée finie pour Jolivet — si on excepte son animation du bal le soir —, nous nous retrouvâmes tous pour continuer à vieller dans les gradins du Stade Olympique de Rugby de L’Isle-Jourdain, on ne pourra pas dire que les vielleux sont irrespectueux des traditions locales. Le soir et une bonne partie de la nuit furent occupés par le bal, avec une succession de formations de haut vol, si ce n’est quelques réserves concernant le premier groupe, selon certains, mais comme nous avions le nez dans la garbure et que nez occupé n’a pas d’oreilles... Bien sûr, nous eûmes un duo Pinson/Jolivet (« Grégoooooorrrrrrryyyyyy ! » criaient certaines, que je ne nommerai pas et qui en pincent pour Jolivet). Je pris conscience qu’il y avait une guerre silencieuse entre le Breton et l’Auvergnat, l’an dro et la bourrée, puisque je pus entendre successivement Roxane pestant contre le trop plein de bourrées et Garance contre la gavante gavotte. Je me gardais de rapporter à l’une les propos de l’autre et vice-versa, « paix aux hommes de bonne volonté ». Nous finîmes tôt le matin et nous nous sommes retrouvés quelques heures plus tard pour la suite du stage, après une courte nuit passée dans un hôtel décoré par l’équipe plateau de Derrick pour certains et une nuit façon un plaid pour deux chez Olivier, pour d’autres.

Cette seconde journée fut l’occasion de nombreux échanges entre nous et avec Grégory. Signalons l’entrevue exclusive qu’il accorda à notre correspondante locale du paratge : Marine. Fermement décidée à rencontrer ce demi-dieu (c’est pour pas faire de la lèche) de la vielle, elle mit tout en œuvre et arriva à ses fins. Au grand damn d’une deuxième fan extatique, dont Sylvia pourrait narrer longuement les chaudes divagations.
Le travail de ce jour a consisté entre autres à mettre en place un morceau, ligne principale et accompagnement, que nous devions jouer en fin d’après-midi, et de stage avec les très rares stagiaires (2) accordéon. Ce qui fut fait avec brio et surtout plaisir.

Le Paratge des Sirènes en stage, le samedi © Carnaval Gascon

Le Paratge des Sirènes en stage, le dimanche © Carnaval Gascon

Résultat des courses, un fort bon stage, dans une bonne ambiance, avec un Jolivet qui ne dément pas sa réputation de virtuose, de gars sympa, sans grosse tête, accessible et pédagogue. Un paratge qui a justement montré son bon parage, au point que deux Toulousains, forts motivés, sont prêts à venir nous voir un de ces mercredis (l’une du conservatoire, l’autre de l’asso pour respecter la parité). Sylvia, qui n’en rate pas une, est même arrivée à glisser l’idée à Grégory de venir nous faire une petite session si d’aventure il était dans le coin, en lui expliquant le paratge. Étant un peu marchand de tapis à mes heures, j’ai pris la liberté de lui parler de la bouillabaisse party qui se profilait à l’horizon. Pour finir, malgré le fait qu’ils ne le liront pas, je tire mon chapeau aux organisateurs qui avaient l’air de gérer un village gaulois gavé de potion magique avant une romainade, en gros un joyeux bordel organisé, avec un dévouement et une sympathie extraordinaires.

Lo Piero pour la paratge team.

N.B. Dernière chose, sire Jolivet est sans commune mesure bien plus fort à la vielle qu’il ne l’est en génétique, mais je laisse le soin à Sylvia et Marine de vous expliquer pourquoi.

jeudi 24 mars 2011

L'Écho des sirènes, mars 2011

© Pierre Tissot
Amis de la paratgie, mars étant un mois au rabais vous aurez un écho au rabot ; d’autant que, nous fûmes, comme les jours de février, peu nombreux. Pas Patricia, pas Patrice, pas Pascal*, mas Marine oups pas Marine, pas David, Lo paure Christian toujours aux abonnés absents mais que nous espérons encore et toujours, prompt dans le rétablissement. Enfin pas les ponctuels passagers d’un ponctuel paratge dont j’ai oublié les prénoms puisque je ne les retiens que très difficilement.

En atelier initiation, où une fois n’est pas coutume, j’arrivais avec un bon gros retard, nous avions la joie de retrouver Lo Sergio qui, profitant de l’effet de surprise annonçait au groupuscule : « La prochaine fois, je viens au confirmé ». CHICHE !!! Tout ça pour bénéficier de la gastronomique auberge ibère.

En deuxième partie, nous étions quatre, comme les doigts des Schtroumpfs, l’inoxydable Sylvia, Bruno le conteur au coin du feu, le jovial Jibé et le verbeux chroniqueur qui vous écrit. Il n’y a qu’un mot pour la décrire : domino.
Non que nous entamâmes une partie de ce jeu immortel qui fit la joie du cabaretier avant l’invasion marshalliste des flippers, mais bien, ce morceau médiéval manuscrit, retrouvé sur un parchemin de peau humaine caché par un franc-maçon qui devait passer à la question, dans l’œil gauche de la statue du treizième apôtre inconnu (car conservé par une secte protonéonazi fondée par un des nombreux fils adultérins de Néron) dont le rayon vert du vitrail de Strasbourg éclaire l’auriculaire gauche qui montre la direction de l’œil aux équinoxes, les jours où les rayons de la pleine lune viennent la frapper, c’est-à-dire tous les 427 ans (ceux qui ont tenu jusqu’ici gagnent l’intégrale de Dan Brown en coloriage, à retirer dans la librairie la plus proche). Mais je m’égare, revenons au "Domino", passant de l’une aux autres, c’est à dire de Sylvia au binôme Bruno, Jibé, je montrais les deux phrases du morceau (heureusement que j’avais bachoté comme un malade trois jours avant).
Au cours du repas, entre deux discussions sur les royaumes de truanderies, le père Bruno s’est transformé en Papa Brunoël en proposant aux chauffeurs divers et variés de défrayer les frais d’essence, de gaz, de charbon ou d’avoine pour les prochains paratges et autres manifestations, qu’on se le dise ! Voilà donc pour ce Paratge de mars.

* Éminent co-rédacteur du dernier Écho, qui fit dire à certains qu’il fallait faire un livre, à d’autres acheter un fauteuil, des pantoufles et prendre deux heures pour le savourer comme un bon Armagnac, à quelques-uns que cet étouffe chrétien typographique empêchait l’estomac cérébral de s’empiffrer jusqu’au bout, enfin, à Bruno, que ça tournait aux bons mots façon France Culture (reste plus qu’à préparer des trucs à la Bigard façon France Cul ;-)

Pour les fervents admirateurs de ma prose, qui est à l’écrit ce que la logorrhée est au verbe, je m’en vais vous en ficher du supplément !
Écho des Sirènes — supplément dates.
Suite aux diverses discussions qui égaillent notre hacienda sur le pouce de 19h30, on a mis au clair les prochaines dates et de paratge, et de sorties :
Le paratge reste toujours fidèle aux sirènes, donc les mercredis 6 avril, 4 mai et 1er juin sont les prochaines dates. Cependant, le 1er juin est un paratge à la journée, début le matin, casse-croute à midi et après-midi toujours studieuse, enfin soirée bouillabaisse (légendaire) à la Casa Pépé, offerte par le Paratge (compagne et compagnon peuvent s’y joindre).
Pour les sorties :
Samedi 30 avril. Pour cause de 11 septembre et de première partie chargée, l’attentat sonore se transforme en vielle-vernissage et petit-fours (pour la joie des pique-assiettes) au Printival de Pézenas.
Samedi 28 mai. "Agde 2600 ans d’histoire" (j’en déduis qu’on compte tout ça, avant la création du bistro Hélène, succursale de l’ouzo de Marseille. C’est pour le côté blaguons façon Canard Enchainé).
Lundi 25 juillet. Expo Luthier Innovation, concert pour la Fiest’Agde. 
Jeudi 28 juillet L'Estivada de Rodez.

Pierre.

lundi 28 février 2011

L'Écho des sirènes, février 2011

© Pierre Tissot
Une 
Écholaboration 
Petrensi/Pascalensi
Chers lecteurs des échos, tout-au-plus échotophiles, certains échotodores quand d'autres versent dans l'échotomanie (je veux parler du ou des auteurs dans ce dernier cas), nous avons retrouvé pour le paratge dernier, deux chroniques correspondant aux deux moments de la session, sur deux vieux disques durs poussiéreux découverts dans une ancienne bibliothèque. Le premier connu sous le nom de Chronique pétrienne enregistré sous le référent  codex petrensi (B.N.F.) le second sous celui de Geste pascalienne sous le référent codex pascalensi (B.N.U.S.). En voici les extraits :

cod. petrensi
Arrivé tôt à la Perle, j'eus le plaisir de voir nos montpelliéraines de combat et sire Jibé arriver de concert,  ce qui était plutôt de bonne augure pour la suite. Marine requinquée, Sylvia goguenarde (qui n'a rien à voir avec le lieu d'aisance mentionné dans la Geste pascalienne), quant à Jibé, je lui notai déjà quelques cheveux en moins et, peut être une ride ou deux, qu'il n'avait pas le mois précédent. Affaire à suivre. Nous avions la joie d'accueillir Patricia, nouvelle venue dans le cercle cyclotimique des vielleux agathois et gâteux (surtout pour...). Après quelques nouvelles des uns et des autres, nous attaquions avec quelques relâchés pour détendre l'atmosphère dans la Perle. Gymnastique plus difficile qu'elle n'y parait, surtout pour notre nouvelle arrivante jetée dans le bain, sans préparation. Mais, entourée par l'opiniâtreté des sirènes de Monpeul et des Véronique et Davina poilues de la vielle (Jibé et votre serviteur) les choses firent leur petit bonhomme de chemin. 
Une fois de plus, nous constations que la vielle de Sylvia avait 
la rate qui s'dilate
et le chien qui est pas bien,
le bandage qui s'enrage,
les sautereaux tout nabots,
la poignée qu'est voilée,
le si grave qui se gave,
l'mi aigu qu'en peut plus,
manivelle qui bât d'l'aile,
le plumier dévié,
les chevilles qui s'enquillent,
elle a la roue qui a du mou,
le coton qui est pas bon,
les chant'relles qui s'emmêlent,
le ch'valet trop cintré,
les sillets bousillés
et la table lamentable,
Ah! bon Dieu qu'c'est embêtant de jouer d'la vielle à roue
Ah! bon Dieu qu'c'est fatiguant de bien tenir le coup.
Après, un diagnostic du genre "va donc chez Siorat", nous reprenions la poignée avec entrain. Pour sortir du cyclique coup de poignet, nous décidâmes de passer à du mélodique en travaillant avec obstination l'ostinato du Domino tentant de dominer obstinément le travail d'Ostinato. Quoiqu'il en soit, la chose mélodique dura jusqu'à l'arrivée de deux autres compères, qui ne sont pas... contrairement à ce que le commun pourrait penser Serge et Bruno. Ces deux là, jouant les filles de l'air (et non pas celles de l'aire mon cher Bruno). Le Serge attaché sans tabous à ses totems biterrois, ne put nous rejoindre malgré son envie, quant à Bruno perdu dans la Tulle, on n'attendait son retour qu'entre 21h, 23h ou 24h mais connaissant le vieil adage "un tiens vaut mieux que deux Tulle aura", nous ne nous inquiétions pas trop.
Non, les deux compères qui nous rejoignirent, étaient David et Pascal dont la présence est mentionnée dans le codex pascalensi.

cod. pascalensi
Comment résumer cette seconde mi-temps du Paratge de février, autrement qu'en rappelant que nous passâmes la soirée à guetter le retour du Bruno, en voyage d'affaire à Tulle où il diligente un trafic de nacre illicite ? À l'heure où nous entamons la rédaction du pévé de la réunion, nous ne savons toujours pas si notre ami est revenu de Corrèze. L'Ambassade du Limousin demeurant injoignable (en hiver, les lignes sont coupées), nous sommes même relativement inquiets. Inquiets pour les Limousins : ce peuple charmant ne mérite pas d'avoir à résidence un joueur de vielle plus irréductible encore que Jan dau Melhau. Enfin, si ce n'est qu'une question de météo, il suffit que notre navigateur patiente un peu, et avec la fonte des neiges, il pourra gagner le Languedoc à coups de rames sur la Dordogne.
Dans l'attente, ce mercredi soir, nous poursuivîmes le travail énoncé lors des sessions précédentes, à savoir, le pointage du nombre de temps sur "Grchvchvnckchff", un morceau originaire de ces pays de l'Est (à l'Est de la Dordogne) où les nuits d'hiver sont tellement longues que les musiciens oublient de scinder leurs phrases musicales raisonnablement. Vers trois heures du matin, nous tombâmes d'accord avec David sur le découpage exact des mesures. Avant même que Pascal eut le temps d'insérer la trouvaille sur la page wikipedia dédiée à cette composition, nous décidâmes à l'unanimité et une abstention (Bruno) d'imposer la pause souper. Bruno devant rapporter le pain, le fromage et le vin, nous dûmes réduire le menu à son strict minimum vital, trois chips et une rondelle de saucisson chacun, agrémenté d'un frugal partage de dessert. Oui, mais quel dessert ! La gente la plus féminine du groupe, Sylvia et Marine, avait, une fois de plus, rivalisé avec les plus grands chefs agathois. Comme quoi, il faut toujours un duo de filles au sein d'un boys band. Afin de moins culpabiliser à l'idée de céder goulument à la pâtisserie maison plutôt que de perfectionner nos rythmes impairs, nous convînmes que l'un d'entre nous fêterait son anniversaire. Le pauvre Jean-Brice fut désigné d'office, vu qu'il était l'unique membre à ne pas être monté faire pipi durant la soirée (pour comprendre l'allégorie, t'avais qu'à être là, Bruno !). Discours, "Joyeux anniversaire", feux de Bengale, lecture de l'horoscope, bisous, champagne, la célébration fut à la hauteur de l'évènement. Et puis, quand les bourdons se taisent, c'est beau un Paratge de la Vielle…


Anniviellesaire © Paratge des Sirènes
Afin de nous préparer doucement à rompre nos vœux de dissonance, Pierre — souhaitant, pour le coup, faire croire à tout le monde qu'il était nettement plus vieux que Jean-Brice — nous conta l'intégralité de ses étés de vacances à St-Chartier. Nous ne prîmes pas la peine de lui expliquer que vacances et festival folk sont incompatibles, tant ses talents de griot imposèrent le respect et tant ses aventures au Pays de George Sand à la mi-juillet nous laissèrent muets comme une roue sans colophane et réduisirent celles du preux Indiana Jones à peanuts.
Vint la troisième mi-temps. Ayant oublié les enseignements du début de soirée, nous optâmes cependant de conserver "Grchvchvnckchff" à notre répertoire, mais en ne jouant que la première partie de la première mesure de la première anicroche, la suite du morceau n'étant, artistiquement, que des variations sans grand intérêt. Avec cela, l'essentiel du programme pour les prestations à Rodez était bouclé. Il est certain, 55 ans après le dernier concert du Viellistic Orchestra, notre orchestre de lyres ferait une sensation du plus bel effet en interprétant un seul et unique thème pendant une heure durant. Fiers de notre invention, nous statuâmes sur l'idée que le Paratge pourrait réaliser un attentat sonore dans le cadre du Printival de Pézenas transformant icelui en Printivielle, accueillant, pour l'occasion, une place d'honneur au chœur de notre formation à un autre musicien à manivelle, François Hadji-Lazaro. À l'heure où nous achevons la rédaction dudit pévé, la balle est dans le camp de Bruno, qui amarre sous peu.

lundi 31 janvier 2011

L'Écho des sirènes, janvier 2011

© Pierre Tissot
Un écho qui prend son temps, soit.
Alors, que dire pour ce premier Paratge de l'année... oui ! Tout d'abord, il ne remplissait pas les promesses des encore chauds, vœux de santé. Votre serviteur arrivait amoindri, mais arrivait tout de même. Par contre, Marine ne pouvait, pour cause de maladie, être des nôtres, même si elle nous joint par téléphone dans la soirée (c'est qu'on y prend goût aux viellistiques tortures) et lo paure Christian qui suit un traitement lourd, n'a pu et risque de faire le paratge buissonnier un certain temps. Souhaitons que les deux paratgeaïres soient guéris ou qu'ils guérissent au plus tôt.

Si la santé faisait défaut, heureusement le bonheur était là de se retrouver et de bidouiller cet infernal instrument à roue.
Nous eûmes un peu peur pour la première partie, puisque nous étions peu de compères : Bruno et Jibé, Sylvia et ma pomme. Où était donc le Serge ? Du-coup, Bruno nous laissa — pour cause de charrette à diato — nous occuper de l'atelier initiation. Nous n'avons pas chômé, exercices maintenant traditionnels des coups sur le tour (y a-t-il contrepet ?), puis pour aider aux travaux des morceaux du premier atelier entre deux paratges, nous enregistrâmes avec la scansion métronomique. Parlotes et conseils, le père Bruno revient et un problème épineux se pose : entre deux coups de chien, quelques gargouillis de ventres affamés. Que faire ? Quelle heure est-ce ? Mangeons-nous ? Doit-il y en avoir d'autres ? Pascal, non, il a averti ; le Serge, ben peut-être qu'il a eu un contretemps (un coup sur le 3 en quelque-sorte) ; Patrice, a priori oui, David, il semblerait que oui aussi... rien ne bouge.

On décide d'attaquer la mangeaille du bout des dents, au cas où (comme disait le premier mirliton de l'orchestre symphonique de Paris). Et alors que nous commencions à activer le rythme de mastication selon le théorème "l'appétit vient en mangeant" ou "en voilà un que les boches n'auront pas" (celui-ci commence à dater, sauf en Alsace-Lorraine), arrivaient frais et souriants David et Pascal. Fin de repas cordial et joyeux, puis ce qui devait arriver, arriva, on parle de "Grunchasko" — incertitude orthographique — à l'une qui voyait deux phrases, l'autre en voyait quatre ou cinq, Patrice va sur six voire sept. Pire qu'à Sotheby, la salle s'échauffe, on renverse du vin, on pousse les tables... et nous voilà repartis pour la deuxième manche. Et là, ça a mouliné dur, père Ducros ! Et qu'on te fait le A, le B, le C, le D, seul, en couple et plus avec affinité, conseils de coup de chien, discussions de schémas rythmiques, entente, mésentente, confrontation. Du paratge, en quelque sorte. C'est bien beau de donner des définitions, ici, à Sommières ou à Rome, ça se vit ces choses là ma bonn' dame. Le paratge c'est du live.
Une fois de plus esgourdes et ventres repus, nous regagnâmes nos pénates en attendant la prochaine queue de poisson.

Pierre.

Le Paratge des Sirènes
Grunsharsko, parties A et B