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lundi 3 février 2014

L'Écho des Sirènes, janvier 2014

© Pierre Tissot
Voilà 2014 qui débute et le Paratge qui continue.

Ne tournons pas autour de la roue, exception faite de Patrice, excusé pour raisons personnelles, et Sergio, toujours dans les limbes, tout le monde était là pour accueillir la nouvelle année.

Il est vrai que 2013 finissant fut un peu indigent en nombre de viellants [NDLR : absences pardonnées : ils figuraient, pour la plupart, dans les crèches de France et de Provence].

Le Viellistic OrCrèchTra de Patrice © Patrice

Le vielleur cévenol de Maud © Maud

Après les vœux de circonstance, nous attaquons le premier atelier, dit aussi ouor’ kchop en bas moldave. Aux prises avec le branchement aléatoire de notre métronome et de son ampli, nous arrivâmes tant bien que mal à donner la pulsation adéquate, quoique alternative, pour pratiquer les différents exercices de coups-de-chien. Un Thierry appliqué et inspiré, une Sylvia toujours aussi inoxydable, une Marie disciplinée, et notre Gérard Klein de la vielle qui ponctuait mes plates blagounettes d’un rire complice dont il a le secret (comme la recette de ses pizze). Il vous dégage, instantanément, les nuages de l’âme.
Revenons à nos bourdons, je sortis pour vérifier que notre Lydie allait bien arriver à bon port, et pas plus tôt dehors, je la vois débarquer, essoufflée car batée d’une vielle et d’un accordéon. Présentations faites et vœux souhaités, nous pressons à nouveau les manivelles. En guise de mélodie, nous proposons une petite "Bourrée Durin" — hommage à ce luthier, quelques temps agathois —, qui a l’avantage d’être belle, ni trop compliquée, ni trop simple, et que nous fîmes tourner gaillardement.

Lydie, en pleine étude de la "Bourrée Durin"
« Du Rhin ? », demande Pascal, nostalgique de son Alsace natale © Sylvia

Le pèr’Bruno entre, talonné par le Jaussaud Pascal feu follet pétillant, marquant ainsi la fin de notre premier atelier. C’est le quart d’heure détente, Lydie sans doute inspirée par la présence du faiseur d’accordéon et de l’air irlandais que Marie tapote sur le plumier, sort son diato et nous envoie quelques reels ou jigs. Les notes soufflées aèrent un temps ce concert de notes frottées qui écorchent (selon les cornemuseux) ou ensorcèlent (selon les vielleux, qui sont le mieux placer pour en parler).
Nous optons, avec don Jibé, pour instituer un conservatoire, et pour ce qui est du nom, tournons-nous vers le passé. Vers le Ve s. av J.-C., des marins hellènes, venus de Massalia, construisirent un comptoir qu’ils baptisèrent, en moins de deux (car Troie était de l’histoire ancienne), Αγαθη Tμχη — je sais, ça pique un peu, mais ça se prononce Agatha Tychê, et ça signifie la bonne fortune. Qu’à cela ne tienne, ce sera le Conservatoire des Gâteux Toqués (le C.G.T., mais je crois que la marque est déjà déposée). Puis, fidèle à la tchache tout azimut qui caractérise le méridional, et de fait, imprègne le Paratge, un bouquet cacophonique de conversations s’enchaine. Discussion lutherie entre Bruno et Thierry, vielle entre Pascal et Lydie, blagues entre Môsieur le Directeur et don Jibé, pendant que Marie et moi enchainons deux scottisches, dont "La mominette", de Maxou, sur laquelle se superpose très bien une version d’Alban Faust.
Puis, profitant d’une pause, Sylvia entre dans la danse, et ça se crêpe le Chougnard® avec Marie [NDLR : une sombre histoire de chaussures, comme souvent entre nanas].

Une sombre histoire de chaussures © Pascal

Une histoire de chaussures sombres © Pascal

Nous continuons, ensuite, par un bon quart d’heure de déconstruction, présidé par mestre Priez. Les débutants s’accrochent avec obstination, et ils ont raison car, vierges de tous réflexes conditionnés, ils apprennent sans appréhension. Puis, Philippe Carcassés nous rend visite, et, pendant que ça parle entre lui, Bruno, le Directeur et Gilles, du stage de fabrication d’anches qui se profile, Pascal en profite pour nous apprendre une de ses nombreuses compositions : "Tretze". Nous n’étions pas trop de six à la table d’harmonie pour apprendre ce morceau, car, un treize temps, « on ne sait trop si ça porte bonheur ou malheur », dixit Vendredi. Puis, les tympans saturés de mélodies et de rythmes, nous nous attablons pour notre espagnole auberge.

"Tretze", un exercice qui en a dans la chaussette — mais laquelle ? © Sylvia

De la charcute, du vin, du crémant, du cidre, un saucisson goret poivré de Pascal, un délice cévenol à moins que ce ne soit ardéchois du compère Thierry, et la désormais incontournable pizza de Giovanni Briceotti. À ce menu, un final épiphanique, avec une double galette pour sacrer deux monarques. Cette année 2014 sera placée sous le règne d’un couple : Jehan François le Placide et Marie de Champeigne-Biterre (qui n’a rien à voir avec la biture au champagne, bande d’ivrognes !).


Avec un roi et une reine pareils, que demande le peuple ? © Sylvia

Durant le banquet, on parle. Il y est question du festival d’Anost, de la préparation d’un abordage sonore dont on taira le lieu, sinon ce n’est plus drôle, d’un bruit concernant la fin de Saint-Chartier-Ars, de la mise en place de l’atelier de fabrication de chien sur une journée. On parle aussi de photos érotiques avec vielle : hé oui. Pascal et moi évoquons Kurt Reichmann et ses superbes photos de nus avec vielle et couleurs néons, Bruno remonte plus loin dans le temps de Saint Chartier, et, avec Pascal en complément d’information, il nous raconte la présentation de la vielle érotique de Jacques Grandchamp, à Saint-Chartier, en 1986. Jibé propose un calendrier des Dieux de la vielle, pour faire pendant à ceux du stade. Il y est question d’inviter Thierry Nouat, qui a un pied à terre à Marseillan. Puis en bout de table, avec Thierry, Pascal nous initie au jardinage en trafiquant les racines grecques pour créer de nouveaux mots illustrant la peur, phobie ; ainsi, on peut, en grec exprimer la peur des mots les plus longs, celle du ridicule ou de péter à table. Tenez, je vous en propose une d’une spécialité lyonnaise qui a poussé le bouchon un peu loin : la brachikynesiophobie. À ne jamais associer à une valse.

Allez, fichez-moi le camp, canailles ! © Pascal

Nous nous quittons en slalomant entre les déjections canines qui constellent la venelle, et Pascal nous invite chaudement, vendredi 17, pour les Trad'Hivernales de Sommières. Allez-y c’est que du bon !


Pierre

2 commentaires:

  1. Pas mal le coup des chaussettes ça en jette sur la vielle, tu en as profité pour la dépoussiérée.Si je comprends bien en les mettant faisait trop noire pour avoir les 2 mêmes ou bien une de chaque usée à force de frotter l'instrument......
    Et longue vie à la reine et son roi

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    Réponses
    1. Le paratge c'est toujours autant le pied.

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